La saison de ski bat son plein mais l’atmosphère n’est pas aux réjouissances à Nagano, à l’heure du premier anniversaire des J0 d’hiver «les plus importants de l’histoire», aujourd’hui ternis par la tempête qui secoue le monde olympique sur fond de corruption. «Tout ce charivari a fait disparaître toute envie de faire la fête», regrette Yuji Matsuki, un chauffeur de taxi. «Je suis vraiment déçu, d’autant plus que ces Jeux olympiques ont été passionnants», renchérit Binryu Wakaomi, un prêtre de 40 ans du temple bouddhiste de Zenkoji, un des hauts lieux touristiques de la ville. Une cérémonie se déroulera bien le 7 février, un an juste après le début des compétitions, mais elle devrait être plus discrète que prévu. Juan Antonio Samaranch, le puissant président du Comité international olympique (CIO), a annulé sa venue, arguant d’un emploi du temps trop chargé. De plus, en dehors d’une gloire éphémère, les JO n’ont pas accru la prospérité de la ville de 360 000 habitants. Elle a, au contraire, vu son endettement s’accroître et souffre de la timidité à dépenser des Japonais, confrontés à la plus forte récession de l’après-guerre. «Les problèmes financiers seront le sujet dominant du premier anniversaire», prévoit Juichiro Imai, 71 ans, président d’une association de citoyens. De nombreux habitants ne s’étonnent pas que le scandale ait éclaté car, comme le résume Yuji Matsuki, «les gens ont toujours soupçonné que quelque chose ne tournait pas rond» dans l’organisation des JO. «Excès» Depuis deux semaines, ils ont vu leurs soupçons s’étaler dans la presse : sabre et peinture onéreuse offerts à M. Samaranch, description des faveurs accordées aux membres du CIO venus visiter le site puis ensuite entretenus dans les grands établissements... Et, par-dessus tout, l’incinération, pour des motifs mystérieux, des livres de compte de la campagne, brûlés en 1992, un an après le choix de Nagano par le CIO. Le maire, Tasuku Tsukada, a reconnu que des «excès» avaient pu être commis mais a rejeté toute accusation de corruption. Le Comité olympique japonais a promis la lumière sur les sommes dépensées au cours de la campagne, qu’il évalue à 2 milliards de yens (15,2 millions d’euros). Et M. Samaranch a demandé, mercredi, des «précisions». Toshio Kobayashi, qui préside une fédération de commerçants, estime que le comité a juste fait preuve de «courtoisie» vis-à-vis de ses invités. «Je ne pense pas qu’il y ait motif à scandale. Nous sommes plutôt “pingres” ici». Nagano est aujourd’hui endetté à hauteur de 190 milliards de yens, l’équivalent de trois années de recettes fiscales. Une douzaine d’équipements sportifs, construits pour les JO, à Nagano même et dans les stations alentours, sont désormais sous-utilisés ou ont été transformés. L’immense patinoire qui avait vibré aux exploits des hockeyeurs d’Amérique du Nord est ainsi devenue une salle de congrès.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La saison de ski bat son plein mais l’atmosphère n’est pas aux réjouissances à Nagano, à l’heure du premier anniversaire des J0 d’hiver «les plus importants de l’histoire», aujourd’hui ternis par la tempête qui secoue le monde olympique sur fond de corruption. «Tout ce charivari a fait disparaître toute envie de faire la fête», regrette Yuji Matsuki, un chauffeur de taxi. «Je suis vraiment déçu, d’autant plus que ces Jeux olympiques ont été passionnants», renchérit Binryu Wakaomi, un prêtre de 40 ans du temple bouddhiste de Zenkoji, un des hauts lieux touristiques de la ville. Une cérémonie se déroulera bien le 7 février, un an juste après le début des compétitions, mais elle devrait être plus discrète que prévu. Juan Antonio Samaranch, le puissant président du Comité international olympique...