Le limogeage de Mordehaï inquiète les Palestiniens. L’Autorité palestinienne a exprimé lundi la crainte que le gouvernement israélien ne devienne plus extrémiste à la suite du limogeage du ministre de la Défense Yitzhak Mordehaï. «Il existe une crainte réelle que ce gouvernement (de Benjamin Netanyahu) devienne plus extrémiste, jour après jour», a déclaré à la presse à Jéricho le ministre des Collectivités locales et principal négociateur palestinien avec Israël, M. Saëb Erakat. Bien qu’il s’agisse d’une «affaire (israélienne) interne, nous ne pouvons dissimuler notre inquiétude sur la montée de l’extrémisme en Israël», a-t-il ajouté. Pour sa part, le ministère israélien des Affaires étrangères a assuré que le départ de M. Mordehaï ne signifiait pas une rupture des contacts entre Israël et l’Autorité palestinienne. «Les contacts se poursuivent au niveau des comités conjoints et à un haut niveau entre Israël et l’Autorité palestinienne», a indiqué un porte-parole du ministre des Affaires étrangères Ariel Sharon. «Il est absurde qu’alors que ces rencontres sont maintenues à la demande des Palestiniens, ce soit des responsables de l’Autorité palestinienne qui fassent ces déclarations», a ajouté le porte-parole dans un communiqué. Le chef du gouvernement israélien a limogé samedi M. Mordehaï, ancien général de l’armée et considéré comme le plus modéré du gouvernement de droite, qui avait manifesté son intention de quitter le parti Likoud et de rivaliser avec M. Netanyahu pour le poste de Premier ministre aux élections du 17 mai. M. Mordehaï a de son côté sévèrement reproché à M. Netanyahu la suspension de l’application des accords de Wye Plantation signés en octobre avec les Palestiniens, et accusé un groupe d’extrémistes de mener la politique du gouvernement. M. Mordehaï a joué un rôle important durant les 30 mois qu’il a passés à la tête du ministère pour empêcher une violente répression des Palestiniens réclamée par l’aile dure du gouvernement. L’ancien ministre de la Défense, Moshe Arens (73 ans), a été sollicité pour succéder à M. Mordehaï. Selon M. Erakat, faire appel à M. Arens, «connu pour son opposition à tous les accords conclus» avec les Palestiniens, confirme l’intention affichée du gouvernement de M. Netanyahu d’adopter une ligne plus extrémiste. M. Erakat a également rejeté toute idée d’un report de la proclamation d’un État palestinien à la fin de la période d’autonomie transitoire de cinq ans prévue par les accords d’Oslo, le 4 mai prochain. «Je rejette avec force toute allusion faite par des Palestiniens à un possible report de la date (du 4 mai). Il ne s’agit pas de la position officielle palestinienne», a-t-il indiqué. «Jusqu’ici, nous n’avons reçu aucune demande» en ce sens, a-t-il ajouté. Le 20 janvier, le président palestinien Yasser Arafat avait réaffirmé que le 4 mai, qui marque la fin de la période intérimaire d’autonomie palestinienne, était «une date sacrée pour les Palestiniens et toute la région». Le président palestinien a réaffirmé son intention de proclamer la création d’un État palestinien à cette date malgré les menaces d’annexion d’une partie de la Cisjordanie agitées par M. Netanyahu contre cette «mesure unilatérale».
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