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Actualités - Chronologie

Variétés Copains , chéri-chéries et célébrités (photos)

Noëlle Renaude est un auteur pour qui le langage est l’objet même de l’exploration théâtrale. Elle a choisi de travailler plus sur la forme que sur le fond. Le théâtre est pour elle un lieu de partage des tâches et des savoirs. Blonde, les yeux bleus, Noëlle Renaude affiche une véritable passion pour l’écriture. Elle se présente comme membre à part entière d’une génération d’écrivains «qui travaillent sur la forme et le langage. Dans les années soixante-dix, explique-t-elle, il y a eu le théâtre du quotidien. Des textes réalistes qui prenaient appui sur la réalité». Ce ne sont pas des thèmes autour desquels écrit Noëlle Renaude, mais bien des questions qu’elle pose. «En tant qu’auteur contemporain, quelle est mon utilité?» se demande-t-elle. Elle affirme qu’il n’y a, aujourd’hui, pas «de mouvement littéraire, mais plutôt des écrivains qui ont une trajectoire personnelle». Elle est donc férue d’expériences théâtrales, Noëlle Renaude explore dans chaque pièce une nouvelle dimension de l’écriture dramaturgique. Et de super-dimensions pour les titres. Comme, mais oui, Ma Solange, comment t’écrire mon désastre? Alex Roux. C’est là une pièce en forme de faux-feuilleton. Renaude écrivait le texte au jour le jour, pendant que l’unique acteur, Christophe Brault, l’interprétait. «Cela a duré pendant quatre années», précise-t-elle. Sur scène, il y avait un personnage qui racontait, comme cela arrive au quotidien, des bouts d’histoire. Il y avait également toutes les interventions que l’on rencontre dans la vie de tous les jours. «Je cherchais à savoir comment une écriture peut être entendue sans délai», souligne Renaude. «Je voulais travailler également sur la fidélisation du public. Tout notre travail était basé sur l’oralité. Que transmet la voix? La parole n’est-elle pas le lieu de tous les pouvoirs? À travers cette expérience, nous avons exploré toutes les pathologies du langage. Il n’y a pas de métaphysique dans mes textes. Mes personnages pensent en même temps qu’ils parlent». En avril 1997, Noëlle Renaude arrête cette exploration. Et s’attaque à la fiction au théâtre. Avec Fiction d’hiver, les spectateurs assistent «à la création d’une histoire». À partir de petites phrases courtes, de dialogues croisés, l’histoire naît, prend corps. Structure Elle a écrit au total douze pièces. Le renard du Nord est la seule qui soit régulièrement structurée. «Avec un début, une fin, des actes et des scènes. Des histoires qui se croisent. Mais ce n’est qu’illusoire. En réalité, c’est une re-visitation des écritures théâtrales. J’ai voulu composer une fiction à partir de morceaux hétérogènes. Une pièce où les genres seraient mélangés». Écrite en 1985, montée en 1993… à Paris, cette pièce comporte trois actes et neuf personnages. «Qui sont de simples porteurs de parole, ils n’ont aucune psychologie». Ils ne prennent corps, leurs silhouettes ne se dessinent qu’à travers le verbe. Avec Le renard du Nord Noëlle Renaude assiste pour la première fois à la mise en scène d’une de ses créations. «C’était la première fois que j’assistais au corps à corps entre mon texte et le tandem acteur-metteur en scène. C’était d’ailleurs à la demande de ce dernier», précise-t-elle. La confrontation est salutaire, estime l’auteur. «Sur les planches, la pièce m’a semblé bancale». Alors elle n’hésite pas à «ajouter trois scènes» et à retrancher quelques éléments. «Quand on voit le texte en train de se matérialiser, on ne peut ignorer ce qui cloche. Aucun théâtre n’est didactique», dit-elle. Les planches sont le dernier «bastion où on partage tout, en direct. C’est autour de l’humain que nous travaillons». Elle affirme que l’auteur est obligé «de faire son deuil de sa pièce». Ce n’est pas qu’elle est peu soucieuse de son ego, mais elle estime que «l’écriture théâtrale a deux dimensions : c’est d’abord un véritable projet littéraire, court-circuité ou amplifié par le projet théâtral». Et d’ailleurs, Le renard du Nord a été une étape importante, «un changement d’expérience. Les textes que j’ai écrit ensuite ont eu un plus». Ils sont, estime-t-elle, plus accomplis. Un théâtre stimulant mais difficile à aborder. D’où son intérêt… Lectures Noëlle Renaude participe, comme Enzo Cormann, également auteur, aux ateliers organisés par Nabil Azan à l’Iesav, dans le cadre d’Acte 1, à la découverte du théâtre français contemporain au Liban. Les quatre lectures scéniques, que comporte le cycle Acte 1, sont programmées comme suit : jeudi 18, 16h30, au Madina, Diktat d’Enzo Cormann ; 20h30, au Monnot, Ce qui arrive et ce qu’on attend de Jean-Marie Besset. Vendredi 19, 16h30, au Madina, Une envie de tuer sur le bout de la langue de Xavier Durringer ; 20h30, au Monnot, Le renard du Nord de Noëlle Renaude.
Noëlle Renaude est un auteur pour qui le langage est l’objet même de l’exploration théâtrale. Elle a choisi de travailler plus sur la forme que sur le fond. Le théâtre est pour elle un lieu de partage des tâches et des savoirs. Blonde, les yeux bleus, Noëlle Renaude affiche une véritable passion pour l’écriture. Elle se présente comme membre à part entière d’une génération d’écrivains «qui travaillent sur la forme et le langage. Dans les années soixante-dix, explique-t-elle, il y a eu le théâtre du quotidien. Des textes réalistes qui prenaient appui sur la réalité». Ce ne sont pas des thèmes autour desquels écrit Noëlle Renaude, mais bien des questions qu’elle pose. «En tant qu’auteur contemporain, quelle est mon utilité?» se demande-t-elle. Elle affirme qu’il n’y a, aujourd’hui, pas...