Moins de six semaines après son départ à la retraite, Richard Virenque s’apprête à relancer sa carrière en rejoignant l’équipe italienne Polti. L’annonce officielle est attendue vendredi en fin de matinée lors d’une conférence de presse que tiendront à Paris Franco Polti, président de la firme d’électro-ménager, et Gianluigi Stanga, manager général de l’équipe. Mais, avant la cérémonie, les informations ont afflué de tous côtés pour propulser chez Polti le plus médiatique des coureurs français, atteint de plein fouet par le scandale Festina et l’exclusion de son équipe du Tour de France 1998. La signature proprement dite prévue pour jeudi soir, il ne restait plus qu’à affiner dans les heures précédentes des points de détail entre le clan Virenque et les dirigeants du groupe italien. Notamment pour le programme de la saison 1999, étant entendu que le coureur provençal a déjà obtenu la garantie d’avoir carte blanche pour le Tour de France, son objectif suprême (3e en 1996, 2e en 1997). Sans Leblanc La répartition des rôles ne devrait pas poser problème au sein du groupe qui a recruté l’Italien Ivan Gotti, vainqueur du Giro 1997. «Ivan Gotti est prévu pour être le leader de l’équipe sur le Giro, Richard Virenque sur le Tour de France et Davide Rebellin sur la Vuelta», a déclaré Stanga, qui rappelle le programme élargi de son équipe en lice dans les courses de la Coupe du monde et dans les trois grands tours nationaux. Polti s’est refusé pour l’instant à fournir les chiffres de ce transfert, un des plus importants de l’intersaison avec ceux de l’Italien Michele Bartoli (Mapei), de l’Espagnol Abraham Olano (ONCE) et du Suisse Alex Zulle (Banesto). Selon L’Equipe, le salaire de Virenque avoisinerait les 4 milliards de lires pour un contrat de deux ans, ce qui équivaudrait à un salaire mensuel de l’ordre de 550 000 francs sans compter des primes conséquentes aux résultats. Pour 1999, l’équipe italienne a obtenu un accord de partenariat avec la société ELM-Leblanc spécialisée dans le chauffage. Par coïncidence, le coureur qui porte le même nom ne fait plus partie de l’effectif de Polti, la séparation donnant lieu d’ailleurs à un litige entre Luc Leblanc et son ancienne formation. Luc Leblanc, recruté pendant l’été 1995 par Gianluigi Stanga, a été laissé libre par Polti bien qu’il ait encore une année de contrat à accomplir. Pour l’instant, l’ex-champion du monde se retrouve sur la touche alors qu’il souhaite continuer à courir. Dans les faits, les routes de Virenque et de Leblanc se recroisent de nouveau même si Polti souligne que l’arrivée du premier n’est pas liée au départ du second. «Cela n’a rien à voir», a insisté Gianluigi Stanga en précisant que Luc Leblanc a été prévenu de la séparation, jugée inéluctable par son employeur, avant la fin de la saison 1998. Dopage - Greg Lemond: oui à la lutte, non à l’hypocrisie Par le passé, les relations entre Virenque et Leblanc ont souvent été tumultueuses. Surtout depuis le championnat du monde d’Agrigente (Italie), en 1994, lorsque le Limousin était devenu champion du monde dans une course que visait également le Provençal. L’Américain Greg Lemond, triple vainqueur du Tour de France (1986, 89-90), en vacances d’hiver à Wengen (Suisse), s’est déclaré satisfait de l’action entreprise contre le dopage organisé dans le cyclisme, regrettant toutefois que ce sport soit la principale cible face à l’hypocrisie régnant dans les autres sports. «S’il y avait des actions organisées, ce dont on se doutait depuis 5 ou 6 ans, c’est bien que ça sorte», a déclaré le double champion du monde (1983, 89) qui, à 37 ans, affiche une silhouette plus ronde. «A mon époque, on avait des suspicions sur certaines équipes hollandaises. Mais dans les années 80, le dopage concernait surtout des individualités». Lemond, de passage en Suisse avec un groupe de 45 personnes de Minneapolis (où il réside), assistera ce week-end à la descente puis au slalom de Wengen, comptant pour la Coupe du monde masculine de ski alpin. «Le vélo est très contrôlé mais trois ou quatre produits ne le sont pas, a poursuivi Lemond. «Mais il a y beaucoup d’hypocrisie dans tous les sports. Car si tu contrôles dans les autres sports, c’est peut-être la même chose. En football américain, par exemple, on ne gagne pas 60 kg sans produit. Il faudrait que le CIO mette la pression sur les pharmacies». L’ancien champion a été moins loquace sur le scandale de la corruption dans le mouvement olympique et à Salt Lake City. «Je n’ai pas vraiment suivi l’affaire et, si j’étais dans la sélection olympique de 1980, j’étais plutôt concentré sur mon sport, mon avenir et le Tour de France. Cela dit, je suis sûr que Salt Lake City n’est pas la première ville dans le cas». La Fédération danoise de cyclisme décide une enquête sur le dopage Passé du guidon au volant, Lemond disputera sa troisième saison en Formule 2000 américaine. Dans l’espoir de réaliser un jour son rêve: disputer les 500 miles d’Indianapolis. La Fédération danoise de cyclisme (DCU) a décidé d’enquêter sur l’ampleur du dopage dans le sport cycliste du pays, a indiqué jeudi son président Peder Pedersen. Il a souligné également sa volonté d’influencer l’Union cycliste internationale (UCI) pour adopter les règles de dopage introduites par le Comité international olympique (CIO). Mais le président de l’UCI, le Néerlandais Hein Verbruggen, est opposé à ces règles imposant deux ans de suspension aux coureurs dopés. «Hein Verbruggen doit laisser la place à quelqu’un d’autre, si nous voulons faire le ménage dans le sport cycliste international», a affirmé le dirigeant danois. L’enquête danoise comportera des entretiens qualitatifs avec des coureurs et des questionnaires anonymes adressés aux quelque 2000 coureurs cyclistes de 15 ans et plus, ayant une licence pour 1999. «Nous ne croyons pas qu’il existe un problème de dopage dans le sport cycliste danois. Mais il ne suffit pas de le croire, nous devons en avoir le coeur net», a déclaré M. Pedersen en annonçant cette enquête qui fera partie d’un plan d’action pour combattre le dopage. Les résultats de ce sondage seront publiés à la mi-juin. La DCU consacrera un demi-million de couronnes, soit 10 % de son budget, en 1999 à la lutte contre le dopage. Cette enquête danoise a été annnoncée au cours d’une semaine agitée pour le cyclisme danois et son chef de file, Bjarne Riis (Telekom), vainqueur du Tour de France 1996. Ce dernier a été soupçonné lundi, lors d’une émission de la 1re chaîne DRTV, d’avoir pris de l’érythropoiétine (EPO) au Tour de France 1995, où il avait terminé troisième. DRTV avait affirmé que Riis, alors membre de l’équipe italienne Gewiss Ballan, avait été contrôlé le 10 juillet, journée de repos du tour, avec un taux d’hématocrites dans le sang de 56,3 % contre 41,1 % le 14 janvier de la même année. L’UCI a fixé le seuil d’hématrocrites maximum à 50 % pour lutter contre le dopage à l’EPO.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Moins de six semaines après son départ à la retraite, Richard Virenque s’apprête à relancer sa carrière en rejoignant l’équipe italienne Polti. L’annonce officielle est attendue vendredi en fin de matinée lors d’une conférence de presse que tiendront à Paris Franco Polti, président de la firme d’électro-ménager, et Gianluigi Stanga, manager général de l’équipe. Mais, avant la cérémonie, les informations ont afflué de tous côtés pour propulser chez Polti le plus médiatique des coureurs français, atteint de plein fouet par le scandale Festina et l’exclusion de son équipe du Tour de France 1998. La signature proprement dite prévue pour jeudi soir, il ne restait plus qu’à affiner dans les heures précédentes des points de détail entre le clan Virenque et les dirigeants du groupe italien. Notamment...