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Actualités - Chronologie

Un réformateur convaincu, mais un démocrate frileux

Le président kazakh Noursoultan Nazarbaïev, quasiment assuré d’être réélu dimanche, est un partisan des réformes économiques mais son engagement en faveur de la démocratie est moins net. Élégant et énergique, il règne sur le Kazakhstan depuis l’époque soviétique, lorsqu’il était chef du Parti communiste de cette République d’Asie centrale. Outre son image de réformiste, Noursoultan Nazarbaïev (58 ans) aime se présenter comme celui qui a su épargner à son pays des querelles interethniques entre Kazakhs et Russes (5 millions sur une population de 16 millions) qui vivent dans la république. Son bilan politique sur le plan de la démocratie laisse davantage à désirer. Par deux fois, il a eu recours à des moyens douteux pour prolonger son règne en arrachant un nouveau mandat de 5 ans par le biais d’un référendum en 1995, puis en avançant le présent scrutin de deux ans, prenant ses adversaires par surprise. Pour Noursoultan Nazarbaïev, la démocratisation doit être conduite avec prudence en raison de la tension interethnique qui pourrait déstabiliser cette république riche en pétrole. «Je ne suis pas d’accord pour accepter la démocratie à n’importe quel prix si cela doit déboucher sur le chaos et les querelles interethniques», affirme-t-il. Dans le cas où les électeurs ignoreraient encore l’histoire de leur président, la télévision d’État, Khabar, a diffusé cette semaine un documentaire sur sa vie en cinq épisodes. Ce père de trois filles, dont l’une a épousé le fils du président de la République voisine du Kirghizstan, a grandi dans le village de Chemolgan, près de l’ancienne capitale du Kazakhstan, Almaty. Il se souvient avoir vécu dans deux pièces, mangeant assis sur le sol comme le veut la coutume du pays et aidant un voisin à construire sa maison pour s’offrir un accordéon d’occasion. Après ces débuts modestes, Noursoultan Nazarbaïev a gravi les échelons du Parti communiste kazakh jusqu’à en devenir premier secrétaire en 1989. Peu avant l’effondrement de l’URSS, Noursoultan Nazarbaïev était élu premier président du Kazakhstan, lors d’un scrutin où il était seul candidat. Il a rapidement lancé des réformes économiques et a réussi à attirer quelque 7 milliards de dollars en investissements étrangers entre 1993 et 1997, en majeure partie de la part de compagnies pétrolières. «Si cet État ne veut pas rester à la traîne de la communauté mondiale, il doit s’habituer aux réformes», estime le président qui dirige son pays d’une main de fer, interdisant les critiques contre son régime et exigeant l’enregistrement officiel de toutes les organisations. Il exerce également un contrôle strict sur les médias, notamment par l’intermédiaire de sa fille Dariga, qui a temporairement démissionné de ses fonctions à la tête de la télévision d’État pendant l’élection. Le gouvernement contrôle également les imprimeries. Le président assure qu’il va progressivement introduire des réformes démocratiques, y compris la mise en place d’un système de partis et l’élection des responsables locaux. Il reste cependant vague sur le calendrier de ces réformes, suscitant le scepticisme des militants des droits de l’homme, locaux et occidentaux.
Le président kazakh Noursoultan Nazarbaïev, quasiment assuré d’être réélu dimanche, est un partisan des réformes économiques mais son engagement en faveur de la démocratie est moins net. Élégant et énergique, il règne sur le Kazakhstan depuis l’époque soviétique, lorsqu’il était chef du Parti communiste de cette République d’Asie centrale. Outre son image de réformiste, Noursoultan Nazarbaïev (58 ans) aime se présenter comme celui qui a su épargner à son pays des querelles interethniques entre Kazakhs et Russes (5 millions sur une population de 16 millions) qui vivent dans la république. Son bilan politique sur le plan de la démocratie laisse davantage à désirer. Par deux fois, il a eu recours à des moyens douteux pour prolonger son règne en arrachant un nouveau mandat de 5 ans par le biais d’un...