Le dollar a achevé la première semaine de l’année 1999 sur un ton stationnaire à Beyrouth, dans un marché calme et marqué par un certain manque d’intérêt à la vente. Toutefois, les besoins commerciaux en cette monnaie continuaient à se faire sentir tous les jours, incitant la Banque du Liban (BDL) à les satisfaire régulièrement afin de rétablir l’équilibre entre l’offre et la demande et préserver la stabilité monétaire dans le pays. En maintenant ainsi ses deux taux d’intervention en l’état, entre 1 502,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente du billet vert, la BDL est parvenue à le faire clôturer régulièrement jusqu’à la fin de cette semaine au taux moyen indicatif de 1 508,00 LL, comme à la fin de l’année dernière. Mais compte tenu de la réticence de l’offre et de la propension des agents financiers à la demande du dollar pour subvenir à leurs besoins en cette monnaie, les établissements de crédit de la place devaient le négocier pratiquement chaque jour au point supérieur d’intervention de la BDL et très rarement en dehors d’elle. Il a continué ainsi de fluctuer entre 1 513,50 et 1 514,50 LL, dans des volumes d’affaires modérément actifs, ne dépassant pas sur la semaine 50 millions de dollars, en grande partie vendus par la BDL à 1 514,00 LL, indique-t-on dans les milieux cambistes. L’euro à l’épreuve À l’étranger, l’euro a démarré sa première semaine sur les marchés des changes internationaux dans l’euphorie mais il s’est rapidement replié face à un dollar dopé par de bons chiffres économiques américains qui n’est toutefois pas parvenu à se ressaisir face au yen. La nouvelle devise européenne a fait donc une entrée en trombe lundi, sur les marchés, s’appréciant dès les premiers échanges à près de 1,19 dollar, soit plus de 3 cents au-dessus de son cours estimé la semaine précédente à l’annonce des taux irrévocables de conversion des monnaies européennes face à l’euro. Malgré quelques cafouillages du nouveau système Target de paiements transfrontaliers de gros montants en euros, le basculement vers la monnaie unique européenne s’est dans l’ensemble déroulé sans ennuis majeurs. Par ailleurs, comme prévu, la Banque centrale européenne (BCE) a maintenu son principal taux directeur à 3 % à l’issue de son premier conseil des gouverneurs tenu jeudi, après l’inauguration de l’euro. Mais petit à petit, l’euphorie s’est tassée et la toute jeune monnaie s’est progressivement repliée pour terminer la semaine hier au plus bas niveau de sa courte histoire sous l’effet de chiffres américains sur le chômage bien meilleurs que prévu. À cet égard, les dernières statistiques publiées aux États-Unis ont eu l’effet d’un coup de fouet sur le dollar hier, le taux de chômage s’étant établi à 4,3 % en décembre, au plus bas depuis mai 1998, contre 4,4% en novembre avec 378 000 création d’emplois non agricoles, au plus haut depuis septembre 1997, contre 251 000 pendant la même période. Ces dernières donnée ont laissé envisager un assouplissement monétaire dans la zone euro plus précoce qu’aux États-Unis. Cela d’autant qu’on apprenait de l’autre côté de l’Atlantique que le taux de chômage en Allemagne aurait atteint 10,9 % le mois dernier contre 10,2 % en novembre, témoignant de l’affaiblissement de l’économie germanique. Dans cette perspective, l’euro a fléchi hier jusqu’à 1,1545 dollar contre 1,1670, fin décembre 1998 (cours estimé au lancement de l’euro). Mais ces données fondamentales de l’économie américaine n’ont pas aidé le dollar face au yen, le billet vert ayant touché le fond face à la devise nippone ces derniers jours à moins de 110,00 yen. Ce mouvement s’expliquait par la reprise des obligations japonaises et le rapatriement de capitaux ainsi que par les déclarations de hauts responsables nippons affirmant que le niveau du yen correspondait à leurs attentes. En revanche, les appels du président français Jacques Chirac et du Premier ministre japonais Keizo Obuchi à un système de stabilisation mondial des change, ont laissé les marchés de marbre à la fin de la semaine. À cet égard, la plupart des économistes estimaient ces projets irréalistes et doutaient de leur concrétisation. Pour ce qui est du sterling, il s’est ressenti de la nouvelle réduction d’un quart de point en pourcentage des taux d’intérêt britanniques ramenés à 6 % jeudi dernier. Et c’est dans ce contexte que le dollar est parvenu à achever la semaine hier, comme suit : – 1,1590 pour un euro contre 1,1670 au 31 décembre 1998 – 1,6445 pour un sterling contre 1,6545 – 1,6875 DM contre 1,6705 – 5,6595 FF contre 5,5900 – 1,3915 FS contre 1,3740 – 1670,00 lires contre 1651,70 – 110,95 yen contre 112,90 Bourse de Beyrouth : mauvais départ en 1999 Sur les marché des valeurs mobilières, La Bourse de Beyrouth a achevé la première semaine de l’année dans la déprime en l’absence de motivations à l’achat comme à la vente des valeurs libanaises qui y sont cotées. Ainsi, en raison de la baisse des actions Solidere A et B, des Ciments libanais, de l’Eternit, des Ciments blancs, de Lebanon Holdings et de Bou Khalil Markets, que l’indice général des valeurs libanaises confondues LISPI a diminué de 0,96 % de 89,18 points fin 1998 à 88,32 points hier, contrairement à l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires qui s’est maintenu à 199,30 points, comme à la fin de l’année dernière. Pour ce qui est de l’activité de la cote, elle s’est nettement contractée cette semaine pour totaliser seulement 133 702 actions d’une valeur globale de 1 358 024 dollars contre 819 070 actions d’une valeur globale de 4 128 813 dollars, la semaine dernière. Wall Street : en hausse de 4,50 % cette semaine Quant à Wall Street, elle a mis à profit cette semaine les fondamentaux de l’économie américaine qui a fini l’année en beauté avec un chômage au plus bas en une génération avec près de 3 millions de créations d’emplois non agricoles en 1998. Ce dynamisme, qui devrait permettre aux États-Unis d’éviter un ralentissement conjoncturel en 1999, a été favorablement accueilli dans les salles du marché, malgré les inquiétudes en provenance du Brésil après la décision de l’État de Minas Gerais de déclarer un moratoire sur sa dette. La cote américaine a également trouvé appui dans les rumeurs faisant état de fusions dans le secteur automobile et l’informatique, faisant bondir les valeurs de ces deux compartiments qui ont entraîné dans leur sillage le restant du marché. En effet, l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles est remonté de 9 181,43 points fin 1998 à 9 594,82 points en préclôture hier, portant ses gains sur la première semaine de 1999 à 4,50 % environ. Paris : point d’orgue pour la Bourse Avec un parcours sans faute, l’avènement de l’euro sur les marchés financiers s’est transformé en apothéose sur les places européennes, notamment pour la Bourse de Paris qui s’est rapprochée à pas de géant de son record absolu inscrit en juillet dernier. Durant une semaine exceptionnelle, qui marquera les annales boursières, l’indice CAC 40 a progressé de 7,7 % pour finir vendredi à 4 245,42 points. En une dizaine de séances, il a augmenté de 15 %. Cet indice se retrouve à 160 points de son record absolu (le 49e de l’année 1998) affiché le 20 juillet à 4 404,94 points. Une progression de 3,75 % et ce record devient caduc. Si, en points, Paris a réalisé les meilleurs performances de la semaine, d’autres places financières ont fait des exploits. Londres : début d’année avec un record Après avoir raté la fête de l’euro qui a embrasé les places du continent en début de semaine, la Bourse de Londres a retrouvé pour sa première semaine de l’année, grâce à Wall Streeet, le chemin des records pour atteindre des niveaux qu’elle n’avait pas connus depuis juillet. L’indice Footsie des cent principales valeurs a clôturé vendredi à 6 147,2 points, en hausse de 264,2 points sur la semaine, soit une progression de 4,50 %. Encouragée vendredi par la bonne forme de Wall Street, la bourse a poussé son indice à un nouveau record absolu de 6 195,6 points. Le précédent, de 6 183,7 points, datait du 20 juillet, avant la crise russe.
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