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Actualités - Chronologie

Anniversaire - Mille milliards de mille sabords? Tintin, 70 ans

Tintin, petit reporter belge devenu un personnage phare de la bande dessinée européenne, fête ses 70 ans avec la réédition du premier album de Hergé, «Tintin au pays des Soviets». Ce héros, que le général de Gaulle considérait comme son «seul rival international», est né le 10 janvier 1929, avec la publication, dans le journal catholique belge Le Petit Vingtième, de la première planche d’une bande dessinée «Les aventures de Tintin, reporter au pays des Soviets». Hergé n’avait que 21 ans et envoyait son héros naissant effectuer sa première enquête en URSS. Le mythe avait commencé. Casterman, éditeur belge de Hergé, marque cet anniversaire en rééditant cette semaine, en fac-similé de l’édition originale en noir et blanc, cet album manichéen et naïf, que l’auteur lui-même avait désavoué plus tard, le jugeant «graphiquement trop sommaire et politiquement sectaire». Tintin au pays des Soviets, reportage plein de péripéties chez de très méchants bolcheviques et taxé «d’anticommuniste primaire», n’avait jamais été réédité par Casterman autrement que dans une série intitulée Les archives Hergé. La réédition de l’ouvrage que l’organe du Parti communiste français L’Humanité dénonçait en 1981 comme une «grossière charge antisoviétique», suscite encore parfois de vives réactions. Sous un titre iconoclaste : «Tintin a-t-il vu juste?», l’hebdomadaire officiel du PCF, L’Humanité Hebdo, se demandait le mois dernier, s’il ne convenait pas de «réhabiliter» le premier album de Hergé. Le chef de la Ligue communiste révolutionnaire française, le trotskiste Alain Krivine, a critiqué dans le quotidien Le Figaro ce «mea culpa affligeant» du Parti communiste, tout en concédant qu’avec son regard d’aujourd’hui, l’album le «choquerait moins» qu’à l’époque où il était un «petit stalinien». Au contraire, l’écrivain ex-communiste Pierre Daix a rendu hommage dans le même numéro du Figaro à la «lucidité» du récit, alors que l’historien de droite Emmanuel Le Roy Ladurie a salué la «prodigieuse intuition» de Hergé qui avait «parfaitement compris le mécanisme du système ultrapolicier de l’URSS». Sans peur et sans reproche Au pays des Soviets, Tintin, aux traits encore peu définis, mais avec déjà ses culottes de golf et un embryon de houppette, était sans peur et sans reproche accompagné, dès la première case, de son inséparable chien Milou. Avec Tintin au Congo en 1930, puis Tintin en Amérique en 1931, le trait s’élabore de plus en plus, et le scénario est constamment enrichi avec l’apparition progressive de toute une galerie de personnages savoureux que l’on retrouve au fil des aventures : les policiers gaffeurs Dupond et Dupont, le capitaine Haddock et son répertoire de jurons colorés, l’inventeur étourdi Tournesol, le fidèle majordome Nestor, la tonitruante cantatrice Castafiore. Après avoir été tenu à l’écart pendant soixante-dix ans, Tintin au pays des Soviets rejoint la série de 22 albums déjà publiés, auxquels il faut ajouter un album inachevé Tintin et l’Alph-Art, publié après la mort d’Hergé survenue le 3 mars 1983. Traduites en 58 langues, avec trois millions d’albums vendus par an dans le monde, les aventures du reporter semblent défier le temps et les modes sans réellement vieillir. Tintin paraît toujours aussi jeune et attirant pour les nouvelles générations. Il a bénéficié jusqu’à présent d’un tirage qu’aucun journaliste d’investigation n’a atteint : 200 millions d’exemplaires. La tintinomania a atteint le marché de l’art où les planches originales, les couvertures d’album, les affiches et les dessins se vendent à des prix record : un dessin tiré de L’Ile noire a été adjugé 510 000 F (77 700 euros) en 1994, une première mondiale. Tintin a même fait son entrée au Parlement français. Le club des parlementaires tintinophiles, créé il y a deux ans et comprenant une soixantaine de membres, organisera le 3 février, dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale, un débat, «Tintin est-il de droite ou de gauche?»
Tintin, petit reporter belge devenu un personnage phare de la bande dessinée européenne, fête ses 70 ans avec la réédition du premier album de Hergé, «Tintin au pays des Soviets». Ce héros, que le général de Gaulle considérait comme son «seul rival international», est né le 10 janvier 1929, avec la publication, dans le journal catholique belge Le Petit Vingtième, de la première planche d’une bande dessinée «Les aventures de Tintin, reporter au pays des Soviets». Hergé n’avait que 21 ans et envoyait son héros naissant effectuer sa première enquête en URSS. Le mythe avait commencé. Casterman, éditeur belge de Hergé, marque cet anniversaire en rééditant cette semaine, en fac-similé de l’édition originale en noir et blanc, cet album manichéen et naïf, que l’auteur lui-même avait désavoué plus...