20 % des Libanais seulement portent des chapeaux. Cela est dû en partie au fait que le climat ne se prête pas beaucoup au port d’un couvre-chef; Mais une chose reste sûre : les générations précédentes, elles, n’avaient cure du temps, et le port du chapeau était une histoire de passion. Lorsqu’elles ne se rendaient pas chez Khoubieh, l’unique commerçant de chapeaux de la ville, les belles de Beyrouth avaient leurs chapeliers personnels, qui s’ingéniaient à créer des modèles uniques. Mme Atallah se rappelle de ces chefs-d’oeuvre qu’elle faisait exécuter chez une chapelière juive. «Nous choisissions ensemble le modèle le plus audacieux, sans toutefois prendre le risque d’y perdre en élégance. Le plus stimulant, c’était de savoir que j’étais la seule à le porter», nous confie-t-elle. Ce que Mme Atallah ne dit pas, c’est que, pour elle, c’était une manière subtile de rendre jalouse la gente féminine. Au Liban, les femmes semblent encore intimidées par cet accessoire, et seules les plus intrépides arborent des modèles très coquets, que l’on ne retrouve que dans les magasins Khoubieh (Achrafieh, Jounieh, et ABC). Celles qui osent quand même l’essayer ont «cette impression bizarre» de forcer le look. L’habitude n’y est pas encore. Étonnant tout de même, de la part de la femme orientale qui ne s’est jamais laissé intimider par les lubies de la mode ! Pareil pour les hommes, seuls certains, généralement d’un certain âge, portent avec aisance le chapeau, plutôt par besoin de protection que par souci d’être fidèle à une certaine mode qui ne s’est pas encore tout à tout à fait réaffirmée au pays du cèdre. Quant au tarbouch, signe distinctif d’un patrimoine en train de renaître très avec beucoup de grâce, on ne le retrouve que dans des manifestations folkloriques le plus souvent à but commercial. Un collègue nous rappelait il y a quelques jours encore comment du temps du président Bécharra el-Khoury, ce dernier arborait le borsalino, alors que le chef du gouvernement, Riad el-Solh, fidèle à l’héritage culturel libanais, s’accrochait, nuit et jour, au traditionnel tarbouch. C’est dire que la mosaïque communautaire se reflète aussi dans un chapeau !
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats 20 % des Libanais seulement portent des chapeaux. Cela est dû en partie au fait que le climat ne se prête pas beaucoup au port d’un couvre-chef; Mais une chose reste sûre : les générations précédentes, elles, n’avaient cure du temps, et le port du chapeau était une histoire de passion. Lorsqu’elles ne se rendaient pas chez Khoubieh, l’unique commerçant de chapeaux de la ville, les belles de Beyrouth avaient leurs chapeliers personnels, qui s’ingéniaient à créer des modèles uniques. Mme Atallah se rappelle de ces chefs-d’oeuvre qu’elle faisait exécuter chez une chapelière juive. «Nous choisissions ensemble le modèle le plus audacieux, sans toutefois prendre le risque d’y perdre en élégance. Le plus stimulant, c’était de savoir que j’étais la seule à le porter», nous confie-t-elle. Ce que Mme...