La candidature d’Elizabeth Dole à l’élection présidentielle américaine de l’an 2000 présente plusieurs atouts pour le Parti républicain, et notamment la possibilité d’attirer à nouveau l’électorat féminin, selon les experts. L’épouse de Bob Dole, candidat républicain malheureux à la Maison-Blanche en 1996, a annoncé lundi sa démission de la présidence de la Croix-Rouge américaine. «Je pense qu’il pourrait y avoir un autre moyen pour moi de servir notre pays», a-t-elle alors déclaré, quelque peu ambiguë. Elizabeth Dole s’est toutefois refusée à indiquer clairement qu’elle comptait briguer l’investiture du Parti républicain pour l’élection de novembre 2000. Interrogée à ce sujet lundi, elle a répondu aux journalistes: «Je vais l’étudier sérieusement, mais il va falloir qu’on en discute plus tard». «Je n’ai pas pris de décision», a précisé Elizabeth Dole, citée mardi par le Washington Post, en ajoutant qu’elle comptait pour le moment consulter «les nombreuses personnes qui m’ont pressée de me présenter». Il ne fait toutefois guère de doute pour plusieurs experts que l’épouse de Bob Dole, qui avait affronté Bill Clinton en 1996, tentera sa chance. Richard Semiatin, spécialiste de la politique américaine à American University, à Washington, souligne que les sondages effectués auprès de l’électorat républicain placent depuis plusieurs mois Elizabeth Dole en deuxième position derrière George Bush junior, le fils de l’ancien président américain, parmi les candidats républicains potentiels pour la présidentielle. Un sondage CNN publié lundi l’a confirmé: 39% des électeurs républicains sont favorables à George Bush, réélu triomphalement il y a peu comme gouverneur du Texas, contre 17% à Mme Dole. Un autre sondage publié l’année dernière avait même indiqué que Elizabeth Dole battrait Al Gore, l’actuel vice-président américain qui vient d’annoncer son intention de briguer l’investiture démocrate pour l’an 2000. Al Gore apparaît pour l’instant le meilleur candidat démocrate pour la course à la Maison-Blanche. «Charismatique», «à l’aise avec les gens», «très tenace» derrière des apparences souriantes, Elizabeth Dole, 62 ans, n’a cependant jamais eu de fonctions électives, même si elle a assumé des fonctions gouvernementales de 1983 à 1990, relève Richard Semiatin. Elle avait impressionné les Américains par son aisance et son habileté devant les médias, lors de la campagne présidentielle de son mari. Richard Semiatin ainsi que Clyde Wilcox, de l’université de Georgetown, à Washington, pensent qu’Elizabeth Dole devrait bénéficier de l’aide de son mari lors de sa tentative, en particulier pour récolter des fonds. Les deux spécialistes la définissent essentiellement comme une «modérée» ou une «pragmatique». Clyde Wilcox se dit convaincu qu’Elizabeth Dole et George Bush «combattront pour le centre» de l’électorat. Une candidature de Mme Dole permettrait aussi au Parti républicain de reconquérir l’électorat féminin, qui a voté en majorité pour Bill Clinton et les démocrates, lors des dernières élections, ajoute cet expert. «Les nombreuses défections» enregistrées par les républicains auprès des électrices constituent «une grave préoccupation» pour leur parti et Elizabeth Dole permettrait de tenter d’y remédier, souligne-t-il. Mme Dole va devoir toutefois mieux préciser ses positions sur de nombreux sujets, tels que le contrôle des armes à feu ou l’avortement, relève Clyde Wilcox. Ces thèmes sont extrêmement sensibles dans l’électorat républicain. Et si Elizabeth Dole est une «modérée», sa candidature n’en doit pas moins être également «acceptable pour l’aile droite» du Parti républicain, poursuit ce même expert. Elizabeth Dole brigue la présidence et non pas la vice-présidence, comme le suggèrent certains dans la presse, ajoute Clyde Wilcox. Mais une candidature de George Bush avec Elizabeth Dole comme colistière serait, selon lui, «très attrayante» pour les chances républicaines.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La candidature d’Elizabeth Dole à l’élection présidentielle américaine de l’an 2000 présente plusieurs atouts pour le Parti républicain, et notamment la possibilité d’attirer à nouveau l’électorat féminin, selon les experts. L’épouse de Bob Dole, candidat républicain malheureux à la Maison-Blanche en 1996, a annoncé lundi sa démission de la présidence de la Croix-Rouge américaine. «Je pense qu’il pourrait y avoir un autre moyen pour moi de servir notre pays», a-t-elle alors déclaré, quelque peu ambiguë. Elizabeth Dole s’est toutefois refusée à indiquer clairement qu’elle comptait briguer l’investiture du Parti républicain pour l’élection de novembre 2000. Interrogée à ce sujet lundi, elle a répondu aux journalistes: «Je vais l’étudier sérieusement, mais il va falloir qu’on en...