Lise Bartoli, dans «Venir au monde» (Éd. Plon), évoque les coutumes sages et efficaces, le rituel aussi, de la venue au monde d’un enfant dans diverses contrées du monde, posant ainsi indirectement une très importante question: Dans le monde développé d’aujourd’hui, la naissance n’est-elle pas désacralisée et trop médicalisée? On oublie presque que l’accouchement est l’acte le plus naturel qu’il soit puisque, en fait, neuf naissances sur dix n’imposent pas d’intervention médicale autre que des règles de base d’hygiène et de savoir-faire. Mais la valeur symbolique de la naissance véhicule tant de fantasmes et de douloureux souvenirs, étant également proche de la vie et de la mort, qu’elle finit par l’entourer d’une multitude de précautions et d’exorcismes, selon les sociétés et le degré de développement de chacune d’entre elles. L’évolution sociale et la culture influent beaucoup sur les comportements face à cet événement capital pour la perpétuité de l’espèce. L’auteur de l’ouvrage relate certaines coutumes et croyances qui persistent jusqu’à présent dans certaines contrées du monde. Ainsi, pour faciliter l’enfantement et hâter les contractions, on force la parturiante à boire l’eau ayant servi à effacer les versets du Livre Sacré, inscrits sur une ardoise. En Angola, chez certaines tribus, on fait ingérer aux parents et aux grands-parents le cordon ombilical, afin de resserrer le lien du nouveau-né avec ses ascendants. En Malaisie, on enterre au cours d’une cérémonie funèbre le placenta, dit «frère cadet», afin de l’amadouer et désamorcer tout geste de dépit de sa part, le considérant comme d’un pouvoir exceptionnel sur les proches comme sur le nouveau-né lui-même. Acte éminemment sacré. C’est ainsi que la naissance est considérée partout dans le monde. Acte toutefois, selon Lise Bartoli, dont la mère est plus ou moins dépossédée. Aux diktats des sorciers, estime-t-elle, ont succédé peu à peu ceux des médecins. On ne peut ne pas se réjouir, certes, de la spectaculaire baisse de la mortalité qui, pendant des siècles, sévissait autour de cet acte. Ce que l’auteur de l’ouvrage dénonce, c’est l’hypermédicalisation installée dans certains pays autour d’un événement naturel. La tendance à traiter les femmes enceintes comme des malades ou des irresponsables rend cette conduite aussi absurde que les mœurs primitives. C’est l’extrême «aseptisation» de l’approche de la grossesse et de la naissance qui prive, toujours selon Lise Bartoli, le climat général (de cet événement véritablement miraculeux) d’une certaine émotion sacrée qui devrait être la sienne. En d’autres termes, sa désacralisation au profit de sa hyper-médicalisation.Attitude justifiée dans certains cas, sans nul doute, mais trop généralisée dans certains pays évolués, dont la population est sensiblement plus avertie que les avaleurs du cordon ombilical.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Lise Bartoli, dans «Venir au monde» (Éd. Plon), évoque les coutumes sages et efficaces, le rituel aussi, de la venue au monde d’un enfant dans diverses contrées du monde, posant ainsi indirectement une très importante question: Dans le monde développé d’aujourd’hui, la naissance n’est-elle pas désacralisée et trop médicalisée? On oublie presque que l’accouchement est l’acte le plus naturel qu’il soit puisque, en fait, neuf naissances sur dix n’imposent pas d’intervention médicale autre que des règles de base d’hygiène et de savoir-faire. Mais la valeur symbolique de la naissance véhicule tant de fantasmes et de douloureux souvenirs, étant également proche de la vie et de la mort, qu’elle finit par l’entourer d’une multitude de précautions et d’exorcismes, selon les sociétés et le degré...