C’était écrit. Le 1er novembre à Suzuka, Michael Schumacher et Ferrari n’avaient aucune chance face à Mika Hakkinen. Le Finlandais devait remporter le Grand Prix du Japon, être couronné champion du monde. Cette année, Hakkinen avait tiré le «numéro gagnant»... le «8» attribué à sa McLaren-Mercedes. Le «Flying Finn» n’y avait peut-être pas pensé en arrivant au Japon pour la dernière épreuve de la saison. 1998 marquait sa huitième saison de Formule 1, un succès à Suzuka, son «huitième» de l’année. Et le circuit nippon est le seul du championnat à avoir un tracé en forme de «8». Un chiffre «porte-bonheur». Erja, l’épouse du champion, ne s’y était pas trompée, elle qui déclarait au soir du triomphe de son mari, «dès le matin, j’étais sûre que ce serait le jour de Mika». Oui, le «8» ne pouvait pas perdre. Et pourtant, si certains se fient à la numérologie, comme d’autres aux jeux de hasard, pour bâtir leur avenir, Mika Hakkinen, lui, n’est pas adepte des sciences ésotériques. Pas plus qu’il n’est un habitué du Casino proche de sa résidence monégasque. En début d’année, le Finlandais savait tout simplement disposer de tous les éléments pour décrocher le «gros lot», gagner ce titre mondial dont il rêvait depuis son arrivée en Formule 1 en 1991. Une McLaren-Mercedes «époustouflante», la confiance née d’une victoire enfin atteinte en fin de saison précédente, 1998 devait être la bonne après tant de revers, de souffrances, de malchance. La révélation de Monaco S’il lui fallut attendre l’ultime rendez-vous, un 1er novembre à Suzuka au Japon, pour s’assurer son titre mondial, Hakkinen eut «sa» révélation bien avant. À Monaco, là où il réside. Le tracé de prédilection des talents les plus grands. Fin mai en Principauté, le Finlandais avait connu un «week-end» de plénitude absolue, une totale réussite. «Monaco a été pour moi le moment le plus fort de la saison, disait d’ailleurs le pilote à la veille de son sacre. J’y ai ressenti une impression générale formidable». «Pole», course de rêve, victoire, Hakkinen eut conscience ce dimanche-là de maîtriser parfaitement son sujet. Comme quelques mois plus tard au Nurburgring en remportant un Grand Prix du Luxembourg... à la Schumacher. Deux éclatantes victoires, deux moments d’autant plus forts pour Mika Hakkinen qu’ils précédaient des évènements particuliers. Le premier, son mariage avec Erja Honkkanen, le second, la célébration de son trentième anniversaire... Avant que Suzuka ne vienne conclure en apothéose une année 1998 dont il se souviendra longtemps. Le succès du Finlandais était aussi celui de Mercedes enfin couronné après une longue attente de plus de quarante ans et de Ron Dennis, patron d’une équipe McLaren à nouveau conquérante. Le dernier titre de McLaren remontait à 1991, l’année des débuts de Hakkinen chez Lotus. Mais l’écurie britannique n’avait pas connu une saison aussi faste depuis l’hégémonie manifestée par Ayrton Senna et Alain Prost. C’était en... 1988. Déjà le «8»... Finlande, petit pays, grands champions 338 000 km2, un peu plus de 5 000 000 d’habitants. Autant dire un petit pays. Et pourtant, cette année, la Finlande peut s’enorgueillir d’être la première nation à avoir réussi l’exploit de rafler les deux titres mondiaux majeurs du sport automobile. En novembre dernier, trois semaines après Mika Hakkinen (McLaren-Mercedes), champion du monde de Formule 1 seize ans après Keke Rosberg, Tommi Makinen (Mitsubishi) s’est adjugé la couronne des rallyes à l’issue d’un Rallye de Grande-Bretagne, au scénario incroyable, l’Espagnol Carlos Sainz (Toyota) voyant s’envoler le titre à quelques centaines de mètres seulement de l’arrivée suite à un incendie. Hakkinen récompensé de sa longue attente, de ses doutes, de ses souffrances, Makinen, champion pour la troisième fois consécutivement, un record, cette réussite sans précédent porte à douze le nombre de titres mondiaux obtenus par la Finlande en sport automobile. Le second en Formule 1 et le dixième en Rallye, discipline favorite des pilotes nordiques, Makinen (1996, 97 et 98) succédant à Ari Vatanen (1981), Hannu Mikola (1983), Timo Salonen (1985) et Juha Kankkunen (1986, 87, 91 et 93). Hakkinen et Makinen sont bien décidés à ne pas en rester là. Les deux hommes espèrent bien conserver leur bien l’an prochain. Avec, pour le rallyman, l’objectif d’être sacré pour la quatrième fois consécutivement, histoire de marquer un peu plus de son emprise la discipline. Une façon aussi de prouver une nouvelle fois que si la Finlande est un petit pays par la taille, elle est une terre de champions, de grands champions.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats C’était écrit. Le 1er novembre à Suzuka, Michael Schumacher et Ferrari n’avaient aucune chance face à Mika Hakkinen. Le Finlandais devait remporter le Grand Prix du Japon, être couronné champion du monde. Cette année, Hakkinen avait tiré le «numéro gagnant»... le «8» attribué à sa McLaren-Mercedes. Le «Flying Finn» n’y avait peut-être pas pensé en arrivant au Japon pour la dernière épreuve de la saison. 1998 marquait sa huitième saison de Formule 1, un succès à Suzuka, son «huitième» de l’année. Et le circuit nippon est le seul du championnat à avoir un tracé en forme de «8». Un chiffre «porte-bonheur». Erja, l’épouse du champion, ne s’y était pas trompée, elle qui déclarait au soir du triomphe de son mari, «dès le matin, j’étais sûre que ce serait le jour de Mika». Oui, le...