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Actualités - Chronologie

Le gouvernement britannique durcit la législation pour les demandeurs d'asile

Chasse aux mariages blancs, pouvoirs accrus pour les officiers d’immigration: le gouvernement Blair a annoncé un durcissement de la loi pour les demandeurs d’asile, mais aussi un geste de clémence pour ceux qui attendent une décision depuis plus de cinq ans. «Un grand nombre de gens abusent de notre système qui est le pire du monde entier pour se soustraire aux lois sur l’immigration. Nous allons devenir plus exigeants et mettre en place une législation plus rapide et plus juste», a affirmé le ministre de l’Intérieur Jack Straw. Actuellement, quelque 75.000 demandeurs d’asile politique sont en attente d’une décision de l’administration ou d’un jugement. Un chiffre considérable au regard des demandes d’asile effectivement satisfaites, 3.985 en 1997. Pour alléger cette montagne de dossiers en souffrance, le gouvernement a décidé d’autoriser à rester en Grande-Bretagne la plupart de ceux qui ont fait leur demande avant 1993 (environ 10.000 personnes). Ceux qui ont fait leur demande entre 1993 et 1995, 20.000 personnes, pourraient obtenir une autorisation de résidence pendant quatre ans. Mais à l’exception de ce geste, le projet de loi, qui sera proposé à l’automne au Parlement, ambitionne surtout de faire la chasse «aux faux demandeurs d’asile cherchant à détourner le système», selon Jack Straw. De nouveaux pouvoirs seront donnés aux fonctionnaires pour dépister les mariages blancs. Une unité spéciale devrait être créée au ministère de l’Intérieur pour repérer les avocats ou conseillers qui aident les immigrants illégaux à s’installer durablement dans le pays notamment via ce subterfuge. Les officiers d’immigration devraient pouvoir procéder à des perquisitions aux domiciles des personnes soupçonnées, sans intervention de la police. L’examen des dossiers sera accéléré: les demandeurs d’asile ne pourront faire appel qu’une seule fois d’un refus de l’administration, a ajouté le ministre qui se veut le champion de la lutte contre la délinquance, n’hésitant pas au besoin à chasser sur les terres conservatrices. Tous ceux qui demanderont de l’aide au gouvernement seront assignés à résidence dans certaines villes afin que les demandeurs d’asile soient mieux disséminés dans le pays. Et le gouvernement a finalement décidé de ne pas revenir sur la suppression des allocations sociales décidée par son prédécesseur conservateur. Il se contentera dans certains cas de donner des aides «en nature» aux réfugiés avec l’ambition affichée de réduire le budget alloué aux demandeurs d’asile. Le durcissement des lois pour les demandeurs d’asile entre dans le cadre d’une vaste campagne tous azimuts lancée par le gouvernement travailliste pour limiter l’immigration clandestine. Selon la police, quelque 18.000 immigrants clandestins ont été découverts l’an dernier en Grande-Bretagne et ce chiffre ne représenterait qu’une petite de la réalité. Les contrôles policiers ont été renforcés aux frontières et il ne se passe guère une semaine sans que les forces de l’ordre n’annoncent un coup de filet. Les interpellations d’immigrés clandestins au Royaume-Uni sont passées de 330 personnes par mois en 1997, à 550 par mois en 1998. La plupart des clandestins sont rapidement expulsés, mais, en 1997, 93 personnes ont été condamnées à des peines de prison, tandis que des réseaux d’immigration clandestine en provenance d’Asie qui fournissaient des illégaux réduits en esclavage à leur arrivée au Royaume-Uni étaient mis à jour. Le gouvernement lutte aussi contre l’arrivée massive en Grande-Bretagne d’immigrés expulsés de l’espace européen de Schengen, dont il n’est toujours pas membre. Et il s’était montré inflexible pour un millier de demandeurs d’asile tchèques et slovaques arrivés dans le sud de l’Angleterre à l’automne, qui ont été refoulés. (AFP - Reuters)
Chasse aux mariages blancs, pouvoirs accrus pour les officiers d’immigration: le gouvernement Blair a annoncé un durcissement de la loi pour les demandeurs d’asile, mais aussi un geste de clémence pour ceux qui attendent une décision depuis plus de cinq ans. «Un grand nombre de gens abusent de notre système qui est le pire du monde entier pour se soustraire aux lois sur l’immigration. Nous allons devenir plus exigeants et mettre en place une législation plus rapide et plus juste», a affirmé le ministre de l’Intérieur Jack Straw. Actuellement, quelque 75.000 demandeurs d’asile politique sont en attente d’une décision de l’administration ou d’un jugement. Un chiffre considérable au regard des demandes d’asile effectivement satisfaites, 3.985 en 1997. Pour alléger cette montagne de dossiers en souffrance, le...