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Actualités - Chronologie

Les pays donateurs au chevet de l'économie indonésienne moribonde

La réunion annuelle de la vingtaine de pays et institutions donateurs de l’Indonésie (CGI) mercredi et jeudi à Paris revêt tous les aspects d’une consultation de médecins réunis au chevet d’un malade moribond. Habituellement l’occasion de féliciter les dirigeants indonésiens pour leurs succès économiques et les assurer de la poursuite de la manne financière internationale, l’atmosphère cette année de la réunion, la première depuis l’éclatement de la crise économique et la chute du président Suharto, devrait être très différente. «La rencontre de Paris est la plus importante depuis des décennies», estime la Banque Mondiale qui l’organise et la préside car, écrit-elle, «l’Indonésie est sérieusement menacée par la généralisation de la pauvreté, le chômage et la dislocation sociale qui risquent d’annuler 30 ans de progrès économiques et sociaux». En juillet dernier à Tokyo lors de la précédente rencontre du Groupe Consultatif sur l’Indonésie (CGI), la même Banque mondiale estimait que l’Indonésie «allait très bien» allant jusqu’à annoncer qu’elle pourrait être, d’ici à 2005, l’une des 20 premières économies du monde. Un an plus tard, le bilan pour le quatrième pays du globe par la population ne peut être plus contrasté, les responsables de la banque mondiale estimant eux-mêmes que la gravité de la crise qui touche l’Indonésie est sans équivalent depuis la Seconde Guerre mondiale. Population menacée par la famine La bulle économique provoquée par un endettement privé extravagant rendu possible par l’imbrication du pouvoir politique, au premier chef le président Suharto, sa famille et sa clientèle et du monde des affaires, n’a pas résisté à la crise monétaire amorcée par la dévaluation du bath thaïlandais en juillet dernier. En un an, la roupie, la devise nationale, a perdu plus de 80% de sa valeur par rapport au dollar, l’inflation annuelle frôle les 100 et la croissance économique sera négative, la contraction officiellement attendue, et en général jugé «optimiste», étant de 10%. Le Produit National brut par tête s’est effondré de 1.100 dollars à à peine plus de 300 rejetant l’Indonésie dans le groupe des pays les plus démunis et Jakarta a publiquement lancé un appel au secours pour nourrir sa population menacée par la famine. D’ici la fin de l’année, selon les autorités, 20 millions d’emplois doivent disparaître et le pourcentage actuel (20%) des Indonésiens vivant en dessous du seuil de pauvreté absolu devrait atteindre la moitié de la population. Le seuil officiel de pauvreté absolu est fixé pour Jakarta à 52.500 roupies — 3,60 dollars — par personne et par mois (bien par personne et par mois). M. Dennis de Tray, le directeur de l’Indonésie pour la Banque mondiale, qui sera présent cette semaine à Paris a déclaré récemment à Jakarta que les donateurs «doivent faire front derrière un pays qui fait face à des difficultés extraordinaires». Mais la Banque mondiale qui durant plus de 30 années du régime autoritaire de M. Suharto a attribué plus de 25 milliards de dollars à Jakarta, se voit elle-même mise en cause et critiquée. Les organisations non gouvernementales indonésiennes lui reprochent d’avoir soutenu le régime Suharto au détriment des intérêts du pays, contraignant en février dernier son président James Wolfensohn à reconnaître publiquement que la Banque, en Indonésie, «s’était trompée». «A Paris, bien sûr, des promesses seront faites car il ne faut pas couper les ponts, a déclaré à l’AFP un diplomate de haut rang d’un important pays donateur, mais il ne faut pas se leurrer et les efforts seront limités». «Il n’y a pas de surplus d’argent à déverser en Indonésie, on a déjà beaucoup donné», a-t-il ajouté sous le couvert de l’anonymat. (AFP)
La réunion annuelle de la vingtaine de pays et institutions donateurs de l’Indonésie (CGI) mercredi et jeudi à Paris revêt tous les aspects d’une consultation de médecins réunis au chevet d’un malade moribond. Habituellement l’occasion de féliciter les dirigeants indonésiens pour leurs succès économiques et les assurer de la poursuite de la manne financière internationale, l’atmosphère cette année de la réunion, la première depuis l’éclatement de la crise économique et la chute du président Suharto, devrait être très différente. «La rencontre de Paris est la plus importante depuis des décennies», estime la Banque Mondiale qui l’organise et la préside car, écrit-elle, «l’Indonésie est sérieusement menacée par la généralisation de la pauvreté, le chômage et la dislocation sociale qui...