Ebloui par les projecteurs en pleine nuit, un visage noirci et hagard sort de la mine: sous les applaudissements et les pleurs, le jeune mineur autrichien Georg Hainzl, donné pour mort, émerge de plus de neuf jours enfoui à 60 mètres de profondeur. Il vient de passer tout ce temps juché sur une table, dans une cavité servant de cantine, à entendre les foreuses des secouristes sans pouvoir les localiser. Il n’a pas bu d’eau, de peur de tomber malade, et a senti dans le noir le niveau de boue et d’eau monter progressivement. Tout a basculé le vendredi 17 juillet vers 13h., lorsqu’un éboulement lui a barré la sortie et qu’il a eu le réflexe de se réfugier dans ce local équipé de tables. Son sauvetage neuf jours plus tard a provoqué une immense émotion en Autriche. Annonçant à la presse que la compagne de Georg Hainzl est enceinte de plusieurs mois, la présidente de la province de Styrie, Waltraut Klasnic, a lancé dimanche soir, juste après le sauvetage, que «le plus beau est que l’enfant aura un père, qu’il pourra découvrir de ses propres yeux». Celui qui va en quelques minutes devenir «le miraculé de Lassing» est remonté lentement à la surface à l’aide d’un treuil. Il est effroyablement sale, porte encore son casque jaune, très affaibli et ses jambes ne le portent pas. Il est soutenu par les sauveteurs, ceux-là mêmes qui se préparaient à assister vendredi prochain à un requiem à sa mémoire et à celle des dix secouristes toujours portés disparus au fond de cette mine. Placé dans un caisson, il est rapidement emmené vers l’hôpital de Graz, à une centaine de kilomètres au sud. Lorsque le véhicule des pompiers s’ébranle lentement au milieu des puissants projecteurs qui éclairent la scène, une foule compacte massée dans la nuit applaudit à tout rompre, certains badauds criant qu’il ne faut pas abandonner l’espoir pour les dix sauveteurs toujours ensevelis dans cette mine. Froid aux pieds «C’est l’euphorie, les gens applaudissaient et pleuraient, c’est la joie», explique lundi l’un des secouristes à la télévision. Des bénévoles embrassent les journalistes sur place, les secouristes tombent dans les bras des badauds. «Seigneur Tout-Puissant, nous Te louons», lance la très catholique Waltraut Klasnic. Dimanche soir, des équipes de secours ont entendu Georg Hainzl frapper sur une paroi et ont pu établir un contact avec lui, à 60 mètres de profondeur, dans une cavité où il se trouvait et qui sert de salle à manger aux mineurs. Un de ses amis mineurs est alors descendu le chercher, lui a posé un bandeau sur les yeux pour ne pas qu’il soit ébloui par la luminosité une fois dehors, et le mineur a été tiré à l’aide d’une corde. «Ça va, mais j’ai froid aux pieds», a-t-il déclaré aux secouristes, selon un médecin sur place, Fritz Sartory. Une auditrice à Vienne, interrogée sur une radio, pleure à chaudes larmes: «Toutes les femmes peuvent comprendre ce que peut ressentir la maman de Goerg». L’un des médecins de l’hôpital de Graz expliquait lundi à la télévision autrichienne que le jeune mineur «a dit qu’il commençait au fur et à mesure à être à l’étroit» en raison de la montée des boues. Pour le chancelier Viktor Klima, ce sauvetage est «une victoire de l’espérance sur les technocrates, qui donnent des conclusions hâtives et ne font pas tout ce qu’ils sont en mesure de faire, pour que des êtres humains soient sauvés». «Nous n’abandonnons pas la recherche de vos compagnons», a-t-il promis à Georg Hainzl. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Ebloui par les projecteurs en pleine nuit, un visage noirci et hagard sort de la mine: sous les applaudissements et les pleurs, le jeune mineur autrichien Georg Hainzl, donné pour mort, émerge de plus de neuf jours enfoui à 60 mètres de profondeur. Il vient de passer tout ce temps juché sur une table, dans une cavité servant de cantine, à entendre les foreuses des secouristes sans pouvoir les localiser. Il n’a pas bu d’eau, de peur de tomber malade, et a senti dans le noir le niveau de boue et d’eau monter progressivement. Tout a basculé le vendredi 17 juillet vers 13h., lorsqu’un éboulement lui a barré la sortie et qu’il a eu le réflexe de se réfugier dans ce local équipé de tables. Son sauvetage neuf jours plus tard a provoqué une immense émotion en Autriche. Annonçant à la presse que la compagne de Georg...