Le Centre national de la cinématographie (CNC) a dressé un bilan très positif de la production cinématographique française en 1997 tant au plan du nombre de films produits, 158 contre 131 en 1996, que pour les investissements réalisés ou pour la vigueur de la création dont témoigne le nombre croissant de premiers films. «En gros, tous les indicateurs du cinéma sont à la hausse, vraiment tous, c’est assez impressionnant et côté audiovisuel (télévision), il y a une stabilité de l’activité à un haut niveau», a déclaré Daniel Goudineau, directeur général adjoint du CNC lors d’une conférence de presse. Cette tendance devrait se poursuivre si l’on en croit les projets en cours. «Il est très clair que nous croulons sous une avalanche de projets. la Commission d’avance sur recettes est débordée. (...) Canal + nous dit la même chose, les filiales de production des chaînes ont des problèmes d’arbitrage», a souligné pour sa part Marc Tessier, directeur général du CNC. Sur les 158 films produits en 1997, 125 ont été produits et financés majoritairement par des partenaires français – il s’agit du meilleur chiffre observé depuis plus de dix ans – et 33 ont été des films de coproduction à majorité étrangère. Le nombre de tournages effectués en 1997, 168, témoigne du même dynamisme. Parallèlement, le volume des investissements sur les films d’initiative française a progressé globalement de 55% pour atteindre 3,916 milliards de francs et de 36% si l’on exclut le budget du «Cinquième élément» de Luc Besson (493,3 millions de francs). Le coût médian des films reste stable par rapport à 1996, 18,6 millions contre 17,2 millions, mais il masque une forte progression des «gros budget», supérieurs à 40 millions de francs, avec 27 films contre 19 en 1996, ainsi que des «petits films» au budget inférieur à 15 millions de francs, 51 contre 45. Après le «Cinquième élément», le deuxième film le plus cher produit en 1997 est «Les VisiteursII» (151,1 millions) suivi par «Une chance sur deux» (145,4 millions), le «Bossu» (142,4 millions), le «Barbier de Sibérie» (130,1 millions) et le «Dîner de cons» (82 millions). Canal + reste l’un des principaux acteurs du financement du cinéma en France. En 1997, le groupe a préacheté 134 films pour un montant global de 844,85 millions de francs mais sa part relative dans la production française tombe de 27% en 1996 à 22,7%. De leur côté, les chaînes de télévision en clair ont investi 542 millions de francs dans 72 films. Les Sofica sont, elles, intervenues sur 48 films pour 181 millions de francs et 52 films ont bénéficié de l’avance sur recettes pour un total de 134 millions de francs. Marc Tessier a mis en avant l’importance des premiers et seconds films, qui représentent un tiers de la production nationale avec 46 premiers films et 13 seconds films produits en 1997 et constituent à ses yeux l’un des moteurs de développement du cinéma français. Le bilan est plus contrasté pour la production télévisée ayant bénéficié du soutien du CNC avec un recul de 19% des heures de programmes aidées à 2.142 heures et une baisse de 6,4% des devis à 5,39 milliards. Le volume des fictions baisse de 39% à 628 heures en raison d’un «net recul des sitcoms», le volume des animations reste élevé avec 262 heures en 1997 contre 295 heures en 1995 et le volume de documentaires, 54% du total d’heures produites, est stable avec 1.154 heures aidées en 1997. Au total, le Compte de soutien à l’industrie des programmes audiovisuels (Cosip) a dépensé 917 millions de francs en 1997. Le CNC a pour missions la réglementation de la production cinématographique, le soutien économique du cinéma et de l’audiovisuel ainsi que leur promotion et la protection du patrimoine cinématographique. (Reuters)
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