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Actualités - Chronologie

La guerre des pinceaux bat son plein à Montmartre

Les artistes-peintres et les dessinateurs de la Place du Tertre, à Montmartre, au cœur de Paris, se disputent la clientèle des touristes qui viennent y acheter une toile, se font faire le portrait ou repartent avec leur profil finement découpé sur du papier noir. Environ six millions de touristes se succèdent pendant l’été sur cette place d’une centaine de mètres de côté, occupée en grande partie par des tables de restaurants dressées à quelques dizaines de mètres de la basilique du Sacré-Cœur. La butte Montmarmartre, repaire des peintres figuratifs, de Toulouse-Lautrec à Poulbot, à la fin du XIXe siècle, et, selon les statistiques officielles, arrive en troisième position dans les monuments les plus visités dans la capitale française après la Tour Eiffel et Notre Dame de Paris. Peintres «assis» installés sur la place et artistes «volants» qui draguent le client dans les ruelles avoisinantes se regardent avec animosité et s’accusent mutuellement de tous les maux. Les autorités municipales et préfectorales tentent d’harmoniser ces relations et de maîtriser la situation au gré de la législation. Réglementant strictement le nombre d’«assis» et interdisant toute activité aux «volants», l’arrêté préfectoral qui devait mettre un terme à cette «guerre des pinceaux» a été cassé par le tribunal administratif. Le portrait à 400 francs Un nouvel arrêté a aussitôt été signé et depuis, selon des témoins, les procès-verbaux tombent drus. «Eux, ils arnaquent», dit des «peintres volants» Joel, un peintre «assis» dont l’atelier de Bagnolet (banlieue de Paris) ne suffit pas à le faire vivre et qui tire des revenus complémentaires de son chevalet, Place du Tertre. Toute question sur ses revenus reste sans réponse. «Ça dépend du temps», dit-il, évasif. Au fusain ou au crayon gras, il esquisse en un quart d’heure, avec une facilité surprenante pour le néophyte, le visage du passant ou reprend les traits d’une photo. Sur la Place du Tertre, explique-t-il, un portrait est vendu entre 350 francs français et 400 francs français (58 à 66 dollars). Les tableaux de petites tailles ou les aquarelles coûtent moins cher. Pour avoir le droit d’y occuper, en alternance avec un autre artiste, un mètre carré soigneusement délimité par des clous de cuivre, il a dû payer environ 500 francs français (environ 80 dollars). Les peintres se sont en outre engagés à afficher leurs prix, et à ne vendre que leurs créations, des œuvres originales, apprend-on à la mairie du quartier. Le député socialiste (PS, au pouvoir) du quartier, Christophe Caresche, espère «un minimum de consensus entre artistes». Une nouvelle commission, «à la recherche de plus de transparence et d’équité» selon lui, avait tenté de trouver une solution. 30 places supplémentaires avaient été trouvées qui auraient dû venir s’ajouter aux 75 assises et 65 volantes déjà attribuées, mais ces décisions n’ont pu encore être appliquées. Il y a 10 ans, les peintres de Montmartre étaient plus de 400 et leur nombre officiel n’a cessé depuis de diminuer. (AFP)
Les artistes-peintres et les dessinateurs de la Place du Tertre, à Montmartre, au cœur de Paris, se disputent la clientèle des touristes qui viennent y acheter une toile, se font faire le portrait ou repartent avec leur profil finement découpé sur du papier noir. Environ six millions de touristes se succèdent pendant l’été sur cette place d’une centaine de mètres de côté, occupée en grande partie par des tables de restaurants dressées à quelques dizaines de mètres de la basilique du Sacré-Cœur. La butte Montmarmartre, repaire des peintres figuratifs, de Toulouse-Lautrec à Poulbot, à la fin du XIXe siècle, et, selon les statistiques officielles, arrive en troisième position dans les monuments les plus visités dans la capitale française après la Tour Eiffel et Notre Dame de Paris. Peintres «assis»...