Exit psychologues et psychiatres: en Norvège, des philosophes s’apprêtent à tomber leur toge d’universitaire pour ouvrir des «cabinets de dialogue» où les gens pourront livrer leurs problèmes de conscience et, espèrent-ils, les résoudre. S’inspirant d’une pratique en cours aux Etats-Unis, huit diplômés de philosophie norvégiens proposeront à partir de l’an prochain un service d’aide par le dialogue aux personnes qui, selon eux, «sont privées de repères par la société moderne». «Il est toujours profitable pour quelqu’un de se livrer à une introspection et de déterminer quelle est sa véritable perception du monde plutôt que de s’en remettre à des éléments extérieurs tels que la religion ou les idées reçues», explique Henning Herrestad, docteur es-philosophie analytique, qui dirige depuis un an à Oslo la formation de «praticiens philosophes», comme il aime à appeler ses étudiants. «Il ne s’agit en aucune façon de former des guérisseurs ni des médecins», précise-t-il. A la différence des autres professionnels — psychologues, psychiatres et psychothérapeutes — chargés de soigner le vague à l’âme, il récuse le terme de «thérapie» qui, selon lui, «véhicule l’idée de maladie et de traitement». Les personnes qui viendront consulter ces futurs «praticiens philosophes» ne seront pas non plus des patients, mais des «partenaires de dialogue», souligne-t-il. Depuis six mois, les étudiants de M. Herrestad proposent des «séances de dialogue» — plutôt que des consultations — à des personnes désireuses de leur confier leurs problèmes existentiels: mariage bancal, difficultés relationnelles, choix difficile entre deux emplois, etc. «Il est intéressant de constater que nombre de ces personnes ont déjà consulté un psychothérapeute et qu’elles ne se sont pas engagées dans la direction qui leur a été indiquée», souligne M. Herrestad. «Nous ouvrons à ces personnes des perspectives plus grandes. En adoptant une position inquisitrice, nous les invitons à se plonger dans leur âme et il arrive que, tout d’un coup, elles nous disent qu’elles sont soulagées ou qu’elles ont pris une décision qu’elles n’arrivaient pas à prendre jusqu’alors», déclare l’un de ces «praticiens philosophes» en devenir, Sidsel Haugard. Mais dialoguer ne signifie pas forcément parler sur un pied d’égalité, souligne M. Herrestad. «Nous ne sommes pas tout à fait égaux, car ces personnes nous versent des honoraires. Elles viennent nous voir parce qu’elles en éprouvent le besoin, pas nous», précise-t-il, mi-figue, mi-raisin. La séance d’un «praticien philosophe», même en période d’apprentissage, coûte 200 couronnes norvégiennes (26 USD) l’heure, à raison d’une séance hebdomadaire durant cinq ou six semaines. Lorsqu’ils seront titularisés, cette nouvelle race de philosophes a bien l’intention de doubler ses honoraires qui représentent une manne providentielle à l’heure où les diplômés de la spécialité sont en surnombre par rapport aux postes disponibles dans l’enseignement. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Exit psychologues et psychiatres: en Norvège, des philosophes s’apprêtent à tomber leur toge d’universitaire pour ouvrir des «cabinets de dialogue» où les gens pourront livrer leurs problèmes de conscience et, espèrent-ils, les résoudre. S’inspirant d’une pratique en cours aux Etats-Unis, huit diplômés de philosophie norvégiens proposeront à partir de l’an prochain un service d’aide par le dialogue aux personnes qui, selon eux, «sont privées de repères par la société moderne». «Il est toujours profitable pour quelqu’un de se livrer à une introspection et de déterminer quelle est sa véritable perception du monde plutôt que de s’en remettre à des éléments extérieurs tels que la religion ou les idées reçues», explique Henning Herrestad, docteur es-philosophie analytique, qui dirige depuis un an...