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Actualités - Chronologie

Soudan : accablées par la famine, les familles sacrifient les plus faibles

Poussées par la famine qui ravage le sud du Soudan, des familles y sacrifient aujourd’hui leur parent le plus faible, des mères abandonnent leurs enfants, tous côtoient, impuissants, la mort et la maladie. A Rumbek, qui est sous contrôle de l’Armée populaire de libération du Soudan (SPLA), des vieillards sont étendus sous un soleil de plomb, à l’extérieur du centre de distribution de nourriture de l’organisation non-gouvernementale Oxfam. Ils sont trop faibles pour se déplacer d’un mètre et, ainsi, se protéger à l’ombre d’un arbre. A l’intérieur, des nourrissons et de jeunes enfants ont le ventre gonflé, leurs membres sont comme des baguettes, leurs visages décharnés, et leurs cheveux virent à l’orange à cause de la malnutrition. De nombreuses mères ont encore de quoi allaiter, les autres liquides du corps s’asséchant les premiers. Pourtant, certains bébés tètent des seins secs. L’infirmière nutritionniste Linda Stanton, une Britannique, nourrit les enfants avec de la bouillie de flocons d’avoine, à haute teneur en protéines, et du lait. Elle s’avoue «submergée». Elle désigne des enfants dont l’état s’est amélioré depuis qu’ils fréquentent le centre, tous les jours, depuis un mois, ou plus. Ils sont encore malingres et le ventre gonflé, mais certains peuvent maintenant sourire. Malir Munga, âgé de quatre ans, se sent tellement bien qu’il sort de sa bouche une brindille et commence à en frapper l’infirmière sur les jambes en gloussant de joie. Les nouveaux arrivants, eux, sont trop faibles pour sourire, ou même pour pleurer, et jeunes comme vieux sont ravagés par la diarrhée et la tuberculose. La survie à tout prix Linda, et d’autres travailleurs humanitaires, connaissent des histoires sur des familles qui laissent mourir leur parent le plus faible, pour avoir une bouche de moins à nourrir. «Des mères abandonnent même leurs familles», dit Linda. «Certaines ne peuvent tout simplement plus faire front». Les enfants abandonnés sont souvent recueillis par l’association d’aide de la SPLA, qui est en contact avec les agences humanitaires. La SPLA a reconquis Rumbek en mai dernier, alors aux mains des troupes gouvernementales qui avaient dépouillé de leur tôle ondulée pratiquement tous les bâtiments, y compris la mission catholique romaine Comboni, afin de couvrir les abris anti-bombes. Les milliers de personnes déplacées par la famine et la guerre civile qui ravage le pays depuis 15 ans, se réunissent chaque nuit, quand la pluie froide se met à tomber, dans les rares bâtiments encore protégés d’un toit. Trois femmes, trempées jusqu’aux os, sont l’une porte un enfant nu sur ses hanches, cherchent un abri dans l’obscurité. Elles cherchent à se faire une place dans un bâtiment bondé qui servait de tribunal, maintenant enfumé par des dizaines de petits brasiers. Mais l’abri déborde de monde et elles s’entendent dire qu’il faudra sortir, dès que la pluie cessera, pour dormir dehors. Un des vieillards qui se tiennent à l’extérieur du centre Oxfam, Chol Mulek, porte un bermuda en lambeaux. Il n’a ni chemise, ni couverture. «Je dors sous un arbre», dit-il. Rumbek est un grand centre de distribution, approvisionné par des avions qui larguent des sacs de grains pesant chacun 50 kg. Ils sont apportés en ville par les plus robustes de chaque famille, mais les organisations humanitaires font état d’émeutes lors de la distribution des sacs. Les gens se battent pour le maïs puis s’enfuient vite dans le bush, leurs chemises débordant de nourriture. (AFP)
Poussées par la famine qui ravage le sud du Soudan, des familles y sacrifient aujourd’hui leur parent le plus faible, des mères abandonnent leurs enfants, tous côtoient, impuissants, la mort et la maladie. A Rumbek, qui est sous contrôle de l’Armée populaire de libération du Soudan (SPLA), des vieillards sont étendus sous un soleil de plomb, à l’extérieur du centre de distribution de nourriture de l’organisation non-gouvernementale Oxfam. Ils sont trop faibles pour se déplacer d’un mètre et, ainsi, se protéger à l’ombre d’un arbre. A l’intérieur, des nourrissons et de jeunes enfants ont le ventre gonflé, leurs membres sont comme des baguettes, leurs visages décharnés, et leurs cheveux virent à l’orange à cause de la malnutrition. De nombreuses mères ont encore de quoi allaiter, les autres liquides...