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Actualités - Chronologie

Les plantes transgéniques révolutionnent l'agriculture

Une poignée de grands groupes agrochimiques et semenciers américains et européens domine le marché très prometteur des plantes transgéniques mais aucun Français ne figure dans le peloton de tête. Les Américains Monsanto, Pioneer-Dupont et Dow-Mycogen, le Suisse Novartis, l’Allemand Agrevo et le Britannique Zeneca mènent une course de vitesse pour mettre sur le marché des plantes génétiquement modifiées, résistantes aux herbicides, aux insectes nuisibles ou aux maladies. Le Français Rhône-Poulenc Agro, qui a centré jusque-là ses recherches sur les tolérances aux herbicides, a pris du retard sur le plan des applications de cette nouvelle technologie. Actuellement, il n’a lancé qu’un coton transgénique, aux Etats-Unis. Rhône-Poulenc Agro s’est allié très récemment aux semenciers français Limagrain et Pau-Euralis pour créer Rhobio, une société commune de recherche en biotechnologies végétales. Les enjeux économiques sont de taille. Aux Etats-Unis, les cultures de soja, maïs, coton, colza génétiquement modifiées transgéniques explosent. Elles ont couvert plus de 16 millions d’hectares l’an dernier. Les cultures de plantes transgéniques dans le monde devraient plus que doubler en 1998, à 35 millions d’hectares – dont 86% en Amérique du Nord, 6% en Amérique latine et quelque 6% en Asie, selon des statistiques communiquées par Rhône-Poulenc Agro. D’ici l’an 2000, les plantes transgéniques devraient occuper plus de 60 millions d’hectares sur la planète, selon la même source. Prudence Face à ce raz-de-marée transgénique, l’Union européenne a adopté une attitude assez prudente, notamment en raison des réticences des consommateurs européens. Plusieurs variétés de soja et de maïs transgéniques ont déjà été autorisées par Bruxelles. Mais en 1998, les cultures européennes se limiteront à moins de 2.000 hectares de maïs Novartis semées en France, dans un contexte très polémique. En revanche, plusieurs groupes privés européens comme Novartis ou Zeneca sont très actifs dans le domaine des OGM et leurs produits sont présents sur le continent américain. Conséquence de cette révolution agronomique, les grands groupes agrochimiques rachètent à tour de bras les sociétés semencières, qui sont souvent de taille plus modeste. Les industriels ont compris que «la valeur ajoutée allait se déplacer de l’agrochimie vers les semences», indique la société d’études Xerfi. Les semences génétiquement modifiées pour résister à des insectes permettent de se passer d’insecticides. Posséder un semencier permet en outre aux groupes agrochimiques d’assurer un débouché à leurs produits OGM, fruits de longues années de recherche. Monsanto, qui doit prochainement fusionner avec American Home Products (pharmacie), s’est ainsi offert récemment Asgrow. «Face à cette menace, certains semenciers ont décidé de s’allier d’eux-mêmes à des agrochimistes», souligne Xerfi. «L’Américain Pioneer, numéro un mondial des semences, a ainsi laissé entrer Du Pont de Nemours dans son capital à hauteur de 20%», poursuit Xerfi. «Le secteur semencier en France est le premier en Europe», rappelait récemment le ministre de l’Agriculture, Louis Le Pensec. «Il faut éviter qu’il ne perde sa place de leader et se trouve à l’écart de l’innovation biotechnologique. Il faut également éviter de le placer en situation de dépendance face aux sociétés agrochimiques américaines qui disposent d’ores et déjà de nombreux brevets sur des gènes d’intérêt agronomique majeur», ajoutait-il. (AFP)
Une poignée de grands groupes agrochimiques et semenciers américains et européens domine le marché très prometteur des plantes transgéniques mais aucun Français ne figure dans le peloton de tête. Les Américains Monsanto, Pioneer-Dupont et Dow-Mycogen, le Suisse Novartis, l’Allemand Agrevo et le Britannique Zeneca mènent une course de vitesse pour mettre sur le marché des plantes génétiquement modifiées, résistantes aux herbicides, aux insectes nuisibles ou aux maladies. Le Français Rhône-Poulenc Agro, qui a centré jusque-là ses recherches sur les tolérances aux herbicides, a pris du retard sur le plan des applications de cette nouvelle technologie. Actuellement, il n’a lancé qu’un coton transgénique, aux Etats-Unis. Rhône-Poulenc Agro s’est allié très récemment aux semenciers français Limagrain et...