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Actualités - Chronologie

Les albanais de Macédoine réclament à leur tour l'autonomie

Les autorités de Macédoine craignent une déstabilisation du pays, où vit une importante communauté albanaise qui ne cache plus sa sympathie envers les séparatistes de l’Armée de libération du Kosovo (UCK). Leur inquiétude est renforcée par des déclarations de responsables de cette minorité prônant la sécession du Kosovo, premier pas vers son rattachement à l’Albanie. Un quart des deux millions d’habitants de la Macédoine sont des Albanais, concentrés essentiellement dans l’ouest du pays, le long de la frontière avec l’Albanie. Les députés albanais au Parlement macédonien défendent ouvertement la cause de la «République du Kosovo», proclamée unilatéralement en 1991 par les Albanais kosovars (90% des deux millions d’habitants de la province serbe). Le leader radical albanais de Macédoine, Arben Dzaferi, a déclaré à la télévision que l’UCK est «un phénomène naturel» et que le peuple albanais, «sans défense tout au long de son histoire, a besoin maintenant d’une armée». Même Abdurahman Aliti, le leader modéré du Parti albanais de la prospérité démocratique (PDP), représenté au gouvernement, a soulevé récemment «la question de l’autonomie et d’un statut spécial pour les Albanais de Macédoine, voire de leur sécession». Lutte pour la libération Le porte-parole de l’UCK, Jakup Krasniqi, a déclaré que l’organisation séparatiste «lutte pour la libération de tous les territoires albanais occupés (…) et pour leur unification avec l’Albanie». Nombre d’Albanais de Macédoine reconnaissent leur volonté de se voir réunis à la «mère-patrie». D’autres vont plus loin et rêvent d’une Grande Albanie: un pays qui regrouperait les quelque sept millions d’Albanais dispersés entre l’Albanie, le Kosovo, le Monténégro, la Macédoine et le nord de la Grèce. La situation géostratégique de la Macédoine est particulièrement vulnérable: elle est bordée à l’ouest par l’Albanie, au sud par la Grèce, à l’est par la Bulgarie et au nord par le Kosovo, province du sud de la Yougoslavie (RFY — Serbie et Monténégro). Sa frontière avec la RFY n’est pas définitivement tracée, la Grèce lui conteste le droit d’utiliser le nom de Macédoine, la Bulgarie ne reconnaît ni la nation ni la langue macédoniennes et l’Albanie nie l’existence sur son territoire d’une minorité macédonienne. Soucieux de ne pas envenimer ses relations avec Belgrade, le président macédonien, Kiro Gligorov, est farouchement opposé à une sécession du Kosovo et se garde de tout geste pouvant être interprété comme une atteinte à la souveraineté de la RFY. Indépendante depuis 1992, la Macédoine a adhéré en novembre 1995 au Partenariat pour la paix de l’OTAN. Elle est toutefois très réticente à un éventuel déploiement de troupes de l’Alliance sur son territoire. M. Gligorov a fait savoir samedi qu’il ne permettrait pas que l’OTAN utilise le sol macédonien pour une éventuelle «invasion» du Kosovo. Il préférerait un renforcement de la Force de prévention de l’ONU (FORDEPRENU) déployée en Macédoine depuis 1993 et dont le mandat expire fin août. Manifestations de soutien Les Albanais de Macédoine ont organisé récemment à Skopje et à Tetovo des manifestations de soutien aux Albanais du Kosovo. En janvier, l’UCK a revendiqué plusieurs attentats en Macédoine, mais le gouvernement de Skopje avait exclu que l’organisation kosovar puisse en être l’auteur. Autre source d’inquiétude pour les autorités macédoniennes, la population, en particulier albanaise, est armée: des dizaines de milliers d’armes pillées pendant la rébellion de l’an dernier en Albanie ont été revendues en Macédoine. Les garde-frontières macédoniens ont intercepté ces derniers jours plusieurs groupes de ressortissants albanais qui tentaient d’introduire des armes en Macédoine. (AFP-Reuters)
Les autorités de Macédoine craignent une déstabilisation du pays, où vit une importante communauté albanaise qui ne cache plus sa sympathie envers les séparatistes de l’Armée de libération du Kosovo (UCK). Leur inquiétude est renforcée par des déclarations de responsables de cette minorité prônant la sécession du Kosovo, premier pas vers son rattachement à l’Albanie. Un quart des deux millions d’habitants de la Macédoine sont des Albanais, concentrés essentiellement dans l’ouest du pays, le long de la frontière avec l’Albanie. Les députés albanais au Parlement macédonien défendent ouvertement la cause de la «République du Kosovo», proclamée unilatéralement en 1991 par les Albanais kosovars (90% des deux millions d’habitants de la province serbe). Le leader radical albanais de Macédoine, Arben...