Le maire réformateur de Téhéran Gholamhossein Karbastchi a réaffirmé qu’il n’avait «pas pris un seul rial» et fait valoir son engagement dès son enfance en faveur de la révolution islamique, lors de la dernière audience de son procès pour corruption. Le président du tribunal, l’hodjatoleslam Gholamhossein Mohseni Ejei a, pour sa part, déclaré qu’il «respecterait le délai légal» pour rendre son jugement. Selon des sources judiciaires citées par la presse, ce délai est compris entre une semaine et dix jours. Ce procès a provoqué un vif affrontement entre l’aile réformatrice du régime proche du président Mohammad Khatami et du maire de Téhéran, et le pouvoir judiciaire proche des conservateurs. Les avocats de M. Karbastchi ont demandé sa relaxe. Selon la presse, la peine encourue peut aller de 20 ans de prison à une interdiction d’exercer un mandat public. Toutes les audiences du procès sans précédent en Iran, qui a commencé le 7 juin, ont été retransmises en intégralité par la radio et la télévision d’Etat, suscitant un énorme intérêt parmi la population. «Je ne me défends pas dans mon intérêt personnel. Ma défense est celle de la République islamique», a déclaré M. Karbastchi, 44 ans, lors de cette septième et dernière audience qui a eu lieu samedi. Le maire de la capitale iranienne, qui fut proche de l’ayatollah Khomeiny, le père de la révolution iranienne, a rappelé, avec des sanglots dans la voix, qu’il avait été arrêté par la Savak, la police politique du régime impérial, dès l’âge de 14 ans. «J’ai passé au total trois ans en prison avant la révolution, dont dix-sept mois en isolement total», a-t-il affirmé. «Peut-être que j’ai fait des erreurs, du point de vue du tribunal, mais je n’ai pas pris un seul rial», a de nouveau assuré M. Karbastchi. «Conservateurs v/s réformistes» Selon lui, quand l’ex-président Ali Akbar Hachémi-Rasfandjani lui avait demandé en 1989 de prendre la direction de la mairie de Téhéran, laissée à l’abandon depuis dix ans, «certains m’ont dit de ne pas y aller, car c’était un bourbier». «Mais Rafsandjani m’a dit qu’il s’agissait d’une nouvelle bataille pour la République islamique, alors j’ai accepté», a-t-il ajouté. Le juge religieux a, quant à lui, nié que ce procès ait un caractère politique. «Si la loi devait s’appliquer aux gens ordinaires et pas aux officiels, cela serait le comble de l’injustice et une incitation à la corruption», a-t-il affirmé. Le climat de confrontation entre conservateurs et réformistes qui entoure ce procès, s’est déjà traduit en juin par la révocation par le Parlement à majorité conservatrice, du ministre de l’Intérieur Abdollah Nouri. M. Karbastchi a admis au cours des précédentes audiences des versements de la mairie au profit de personnalités proches de l’aile modérée, et avoir aidé au financement de la campagne électorale de M. Khatami l’an dernier. Mais il a toujours nié que cela ait constitué un délit. Le maire de Téhéran a constamment accusé la justice de chercher à lui faire un procès «politique» sur la base d’accusations «sans fondement». Il l’a également accusée d’avoir fait subir de mauvais traitements à certains de ses collaborateurs pour obtenir des aveux. La mise en détention provisoire de M. Karbastchi pendant onze jours en avril dernier avait provoqué une grave crise politique et entraîné des affrontements dans la rue entre ses partisans et ses adversaires. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le maire réformateur de Téhéran Gholamhossein Karbastchi a réaffirmé qu’il n’avait «pas pris un seul rial» et fait valoir son engagement dès son enfance en faveur de la révolution islamique, lors de la dernière audience de son procès pour corruption. Le président du tribunal, l’hodjatoleslam Gholamhossein Mohseni Ejei a, pour sa part, déclaré qu’il «respecterait le délai légal» pour rendre son jugement. Selon des sources judiciaires citées par la presse, ce délai est compris entre une semaine et dix jours. Ce procès a provoqué un vif affrontement entre l’aile réformatrice du régime proche du président Mohammad Khatami et du maire de Téhéran, et le pouvoir judiciaire proche des conservateurs. Les avocats de M. Karbastchi ont demandé sa relaxe. Selon la presse, la peine encourue peut aller de...