Les ministres européens des Affaires sociales veulent mettre fin à la discrimination sexuelle au travail, préférant désormais parler de «parité» ou «d’égalité des chances» ou de «gender mainstreaming», l’expression à la mode à Innsbruck (Autriche), où s’est terminé cette semaine leur conseil innformel semestriel. Selon la présidence autrichienne, représentée par deux femmes ministres, ce conseil a été un «succès», car «c’est la première fois que des ministres des Affaires sociales, du Travail et des droits de la femme discutent intensivement pendant deux jours de l’emploi, de l’égalité des chances, et du gender mainstreaming». Le «gender mainstreaming», qui n’a pas de traduction officielle en allemand ou en français, est une nouvelle démarche intellectuelle née aux Etats-Unis il y a quelques années, que les ministres européens voudraient voir se généraliser, selon leur communiqué final. «Il s’agit d’intégrer la dimension du genre humain dans toute décision politique, s’interroger sur les effets de cette décision sur les hommes et les femmes», a expliqué un porte-parole européen, en indiquant que cette démarche va à l’encontre des politiques demandant des mesures spéciales pour les femmes. «Nous ne voulons plus parler de conciliation» entre emploi et vie de famille, a indiqué la déléguée française aux droits de la femme, Geneviève Fraisse, car «ce mot sous-entend un conflit». En France, a-t-elle ajouté, «on parle d’articulation ou de combinaison, car les problèmes de femmes sont aussi les problèmes des hommes, c’est une toute nouvelle façon de penser». Contraintes Pour Mme Fraisse, qui est une experte de renommée internationale en matière de droits de la femme, il s’agit «désormais de joindre le geste à la parole; ce ne sera pas facile et il faudra sans doute imaginer des contraintes pour y arriver». Selon le commissaire européen chargé des affaires sociales, Padraig Flynn, il «faut réfléchir ensemble sur la signification de la parité quand on parle d’esprit d’entreprise, d’employabilité, et d’adaptabilité», qui sont trois des quatre piliers sur lesquels les Etats-membres doivent appuyer leur politique de l’emploi, le quatrième étant celui de l’égalité des chances. Pour M. Flynn, il s’agit aussi de réfléchir «sur la formation des dirigeants, pour être sûrs que l’égalité des chances soit intégrée dans les politiques pour l’emploi». (AFP)
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