Un million de jeunes du monde entier sont attendus samedi à Berlin pour la «Love Parade», le grand rendez-vous mondial de la musique techno devenu le symbole d’une génération. Pendant neuf heures, les ravers (fans de techno) vont danser jusqu’à épuisement derrière 50 camions chargés de hauts-parleurs, qui feront vibrer tout le parc du Tiergarten, au centre de Berlin, dans un déluge de décibels. Le cortège s’ébranlera comme chaque année à 14 heures locales (12h00 GMT) pour envahir progressivement toute l’avenue du 17 juin, qui s’étend sur plus de trois kilomètres, et faire une fois encore de la «Love Parade» la plus grande «party» du monde. Depuis sa première édition en 1989, celle-ci n’a cessé de croître: 250.000 personnes en 1995, 750.000 en 1996, un million en 1997, un chiffre au-delà duquel toute estimation devient difficile. Fidèle au credo «peace and love» de son fondateur, le disk-jockey Dr Motte, 38 ans, la fête aura cette année comme mot d’ordre «One world, one future» («Un monde, un futur») après «Let the sun shine in your heart» («Laisse le soleil briller dans ton cœur») en 1997 ou «We are a family» en 1996. Ces slogans ont permis à la «Love Parade» de faire son chemin, sans trébucher sur son propre succès, puisque l’événement est ainsi déclaré comme une manifestation et que les organisateurs n’ont donc pas à prendre en charge le coût colossal du nettoyage des rues. Pour la foule des ravers qui convergeront sur Berlin, par avion, train ou en voiture, le mot d’ordre sera avant tout de faire la fête, dans le fracas d’une musique à la rythmique exacerbée, ou de pouvoir dire «j’y étais». «La Love Parade est un grand terrain de jeu où chacun peut s’exprimer et se défouler», résume un des organisateurs, Ralf Regitz, directeur de l’agence d’événements techno Planetcom. L’ecstasy à l’honneur L’ecstasy, drogue favorite des milieux techno, devrait aussi être de nouveau de la partie. L’an dernier, plus de 300 fêtards ont dû recevoir une assistance médicale à la suite de malaises et d’hallucinations. Cette année, deux ambulances feront de la prévention en invitant les ravers à faire électrocardiogrammes et analyses de la pression sanguine. Côté logistique — transports, sonorisation, transmission télévisée — une véritable machinerie a été mise en place pour assurer le bon déroulement de ce «happening» sans précédent. Plus de soixante trains spéciaux doivent rallier Berlin depuis toute l’Allemagne et la Suisse. Plusieurs centaines de bus ont été affrétés. Les aéroports promettent de frôler la saturation. Plusieurs centaines de policiers ainsi que 550 secouristes seront postés sur le parcours du cortège. Les sommes en jeu — contrats publicitaires, droits de retransmission télévisée — s’annoncent faramineuses. Les organisateurs refusent de communiquer le moindre chiffre, ce qui attise toutes les suspicions. Des puristes de la techno, irrités par cette commercialisation à outrance, ont décidé d’organiser une «Fuckparade» le même jour. Quant aux écologistes, ils s’inquiètent de voir les ravers piétiner de nouveau le parc du Tiergarten et de laisser derrière eux 200 à 300 tonnes de détritus. Beaucoup critiquent le refus des organisateurs de payer la facture du nettoyage, qui s’élève à quelque 260.000 marks (145.000 dollars) et pour laquelle un appel aux dons, notamment d’entreprises, a été finalement lancé. Dépassée par son succès, la «Love Parade» songe de nouveau à «se décentraliser» en plusieurs manifestations qui auraient lieu le même jour. Paris, qui organise pour la première fois une «Technoparade» le 19 septembre, lui tend les bras. «Un axe franco-allemand de la Love Parade, ce serait effectivement génial», commente, sans plus, M. Regitz. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Un million de jeunes du monde entier sont attendus samedi à Berlin pour la «Love Parade», le grand rendez-vous mondial de la musique techno devenu le symbole d’une génération. Pendant neuf heures, les ravers (fans de techno) vont danser jusqu’à épuisement derrière 50 camions chargés de hauts-parleurs, qui feront vibrer tout le parc du Tiergarten, au centre de Berlin, dans un déluge de décibels. Le cortège s’ébranlera comme chaque année à 14 heures locales (12h00 GMT) pour envahir progressivement toute l’avenue du 17 juin, qui s’étend sur plus de trois kilomètres, et faire une fois encore de la «Love Parade» la plus grande «party» du monde. Depuis sa première édition en 1989, celle-ci n’a cessé de croître: 250.000 personnes en 1995, 750.000 en 1996, un million en 1997, un chiffre au-delà duquel toute...