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Actualités - Reportage

Jours numériques au CCF: rencontres d'un genre nouveau

La Mission culturelle française organise, de ce jeudi 9 au samedi 11 inclus au Centre culturel français, rue de Damas, des «jours numériques». Une manifestation ouverte à tous les passionnés — ou les curieux — du cybermonde, au cours de laquelle des experts français et libanais en NTIC (nouvelles technologies de l’information et de la communication) présenteront travaux et produits. Au programme également: conférences, rencontres, expositions et animations. L’initiative revient à Dominique Chastres, chargé de mission pour l’audiovisuel, qui a travaillé en collaboration avec Catherine Zbinden, installée à Paris. Responsable de l’organisation de l’opération pour le volet français, elle s’est chargée des spécialistes-invités et du suivi du programme à Beyrouth. «Je suis convaincu que nous allons vers des changements fondamentaux dans le domaine de la communication, l’audiovisuel, les médias, la presse...», souligne Dominique Chastres. «Il ne s’agit pas seulement de changement d’outils mais d’habitudes de vie. C’est la raison pour laquelle, depuis mon arrivée à Beyrouth, j’essaye, à travers un nouveau type d’activités, de préparer le terrain, côté public et côté professionnel». Et de faire remarquer que les activités numériques ressemblent tantôt à de l’audiovisuel, tantôt à de la documentation, tantôt à de la science... «On ne sait pas encore très bien où classer ce genre, mais cela commence à se préciser», note-t-il. Avec les «jours numériques», la Mission culturelle française signe sa deuxième grande réalisation dans ce domaine. Rappelons en effet la formation supérieure qui s’est déroulée à Beyrouth en 1996-1997. Organisée en partenariat avec l’Institut national d’audiovisuel (INA), cette session avait eu pour thème «Conception et productions de titres interactifs». Pendant huit mois, 15 stagiaires — des graphistes, des publicitaires et des réalisateurs en audiovisuel — avaient appris comment fabriquer des produits multimédias (CD-ROM), depuis les toutes premières étapes de la conception jusqu’au disque. «Nous avions accueilli huit missions de spécialistes français qui sont venus diriger les sessions de travail», rappelle Dominique Chastres. «Toutefois, si cette manifestation concernait les professionnels, les journées numériques s’adressent aussi au grand public». Formule Selon Dominique Chastres, ce ne sont pas les salons informatiques qui manquent à Beyrouth. «Il y en a eu beaucoup, qui rassemblaient des marchands d’ordinateurs de tout genre, mais où la théorie, la création, la recherche, tout comme l’aspect artistique, n’apparaissaient pas», relève-t-il. «C’est pourquoi il fallait trouver une formule pour aborder le sujet de manière intéressante et attrayante». Une idée naît alors: rassembler trois types de personnes. D’une part, des intellectuels (théoriciens, sociologues, philosophes et chercheurs) qui réfléchissent à l’avenir et aux conséquences de l’arrivée des nouvelles technologies et de leur pratique, dans la société. Ensuite, des ingénieurs, des «développeurs» ainsi que des gens qui conçoivent des logiciels et des machines. Enfin, des artistes qui détournent les outils de leur fonction première pour créer des œuvres d’art. Pendant trois jours donc, des représentants libanais et français de ces différents domaines d’activités seront réunis, rue de Damas. «Car s’il est vrai que les technologies permettent les contacts internationaux et facilitent les connexions internationales», relève Catherine Zbinden, «le besoin de se rencontrer existe toujours. Il est important de confronter les expériences et de communiquer en temps réel, en direct». Multiprogramme Ouvertes à tous, les journées numériques prévoient une foule d’animations pour grands et petits. Participation gratuite. Les matinées, de 9h30 à 13h30, seront consacrées aux conférences. Des rencontres autour de thèmes variés, Salle Montaigne. «Pas de longues conférences mais plutôt un apport d’informations dans le but de susciter des questions de la part du public», précise Dominique Chastres. «Pendant les communications, il y aura des démonstrations en ligne car on sera connecté en permanence sur Internet», ajoute-t-il. «Les intervenants pourront donc jouer des CD-ROM, des bandes-vidéos, ou présenter des travaux». Samedi, les «matinées numériques» seront clôturées par une table ronde, animée par Emmanuel Barrault, créateur d’une galerie virtuelle en France (ICONO), et Anthony Karam, journaliste. Une sorte de bilan, en présence de tous les invités. Et aussi, en vrac: — Un concours Kodak de photo numérique. Un appareil-photo numérique sera prêté, pour deux heures, à chaque participant. Une fois sa photo «réalisée», celui-ci dispose d’un temps limité pour la travailler sur ordinateur. Pour cette étape, il est possible de se faire aider, si besoin. Le dernier jour, soit le 11 juillet, un jury se réunira pour récompenser le lauréat. Qui remportera — et emportera — l’appareil-photo numérique en question. N.B.: Thème libre, utilisation libre d’accessoires de tout genre. Seule condition: ne pas franchir l’enceinte du C.C.F. — Un atelier de création d’un site Internet, animé par «Time Zero». «Il s’agit en fait du site «jours numériques» qui existe déjà mais à l’état squelettique», note M. Chastres. «Selon certaines règles, les visiteurs qui le désirent pourront participer à son enrichissement». — Deux présentations d’œuvres d’art numériques et conceptuelles: une installation d’Antoine Schmitt intitulée «Autoportrait Sfumato» (œuvre construite sur ordinateur et présentée sur un écran d’ordinateur) ainsi que des «simulations audiovisuelles» (images numériques animées, entièrement réalisées sur ordinateur) de Nadim Karam et de Naji Moujaes. Côté jardin — Des peintures numériques géantes de Nadim Karam, exposées dans les jardins de l’Espace culturel. — Deux stands commerciaux: «Lectures Diffusion» qui proposera un choix intéressant de CD-ROM et «Multimédia Store» qui vendra surtout des ordinateurs Macintosh. — Un Cybersalon, ainsi qu’un salon multimédia où des artistes libanais, créateurs de CD-ROM, présenteront leurs œuvres. — Un stand «Next Vision», première société libanaise à avoir produit des CD-ROM touristiques sur le Liban. Cette société présentera entre autres deux CD-ROM sur le Nord et sur la Békaa, ainsi qu’un CD-ROM artistique réalisé par les sœurs jumelles May et Lina Ghaibeh Rawas, infographistes et réalisatrices multimédias. Produit par «Next Vision», ce disque sur... la gémellité (!) intitulé «Identical identities», sera présenté en avant-première. — Le Photomaton Internet «Perfectly Strange» conçu par un artiste d’origine allemande, Jan Kopp. «Une cabine sera installée au C.C.F., près du café des Lettres; une autre dans le quartier des souks à Tyr», indique M. Chastres. Ces cabines seront en fonctionnement pendant trois heures, chaque jour. Par Internet, les gens enverront une photo d’eux à un inconnu, dont ils recevront à leur tour le portrait. «Peu à peu, on s’aperçoit que les gens commencent à se décoincer. Ils cessent d’être figés, et sortent de la photo d’identité pour transmettre en quelque sorte un message», poursuit-il. Grimaces, photos de groupe...bref, la communication par le portrait. Les «jours numériques» seront clôturés par une soirée «d’un genre nouveau», dans le patio de l’Université Saint-Joseph, rue Huvelin. Baptisée «Dans un jardin...», cette rencontre nocturne sera animée, entre autres, par des musiciens libanais et français qui interpréteront créations sonores et musiques numériques. On circule librement sous les étoiles, atmosphère décontractée garantie. Une manifestation virtuellement riche en idées originales...
La Mission culturelle française organise, de ce jeudi 9 au samedi 11 inclus au Centre culturel français, rue de Damas, des «jours numériques». Une manifestation ouverte à tous les passionnés — ou les curieux — du cybermonde, au cours de laquelle des experts français et libanais en NTIC (nouvelles technologies de l’information et de la communication) présenteront travaux et produits. Au programme également: conférences, rencontres, expositions et animations. L’initiative revient à Dominique Chastres, chargé de mission pour l’audiovisuel, qui a travaillé en collaboration avec Catherine Zbinden, installée à Paris. Responsable de l’organisation de l’opération pour le volet français, elle s’est chargée des spécialistes-invités et du suivi du programme à Beyrouth. «Je suis convaincu que nous allons vers...