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Actualités - Chronologie

Citoyen du monde, 50 ans

Le 25 mai 1948, un ancien pilote de bombardier américain de la Seconde Guerre mondiale, Garry Davis, renonçait solennellement à Paris à sa nationalité américaine pour se proclamer «citoyen du monde». Un important mouvement populaire allait suivre, que son fils Troy essaie, cinquante ans plus tard, de relancer. Garry Davis, affecté par son expérience de la guerre et par le sort de milliers de réfugiés en Europe, voulait, en renonçant juridiquement à sa nationalité américaine et aux avantages qui y étaient liés, dénoncer la souveraineté exclusive des Etats au mépris des droits des individus et des minorités. Devenu célèbre dans le monde entier en 1948 et 1949 pour ses demandes d’un gouvernement mondial, Davis avait obtenu l’appui de personnalités et d’intellectuels comme Camus, Einstein ou Schweitzer. En 1949, il créait un Registre des citoyens du monde, qui allait recevoir la première année près d’un million de demandes d’inscriptions. «Mon père n’était pas un homme d’appareil, c’était un homme de la rue. Cela a beaucoup intrigué les services secrets, qui se demandaient qui était derrière lui. La «Pravda» l’a qualifié de fou américain, les Américains le croyaient communiste», raconte Troy Davis. Mais la guerre froide, et particulièrement la guerre de Corée, allait mettre fin brutalement à l’engouement pour la citoyenneté mondiale et faire tomber le mouvement dans l’oubli. «Pas une utopie» Aujourd’hui, alors qu’il a 77 ans, les convictions de Garry Davis n’ont pas changé: «Une paix durable à l’échelle du monde ne peut venir que du respect du droit mondial. Il n’existe aujourd’hui aucun mécanisme qui permet de créer un droit mondial exécutoire. Cette nécessité existe depuis 1945, et c’est le plus grand défi que connaît aujourd’hui l’humanité», écrit-il. Cinquante ans après son geste, – et cinquante ans après la Déclaration universelle des droits de l’Homme –, en proclamant devant les Nations Unies à New York le 25 mai «jour des Citoyens du monde», Garry Davis veut remettre à l’honneur l’idée de «loi mondiale» et de «civisme à l’échelle de la terre entière», en appelant les jeunes générations à se mobiliser. «Les peuples sont aliénés par la globalisation économique. Or, il est trop tard pour ramener l’économie à l’échelle nationale, c’est pourquoi nous proposons, pour faire contrepoids, d’élever le civisme au plan mondial», explique Troy Davis, vice-président de la Fondation des Citoyens du monde, qui, à 35 ans, vit en Allemagne où il travaille dans le domaine de la protection de l’environnement. La fondation, soutenue notamment par les fédéralistes mondiaux allemands, mais aussi en France par des personnalités comme Pierre Bergé, PDG d’Yves Saint-Laurent, ou le professeur Théodore Monod, souhaite que des milliers de personnes demandent à être enregistrées comme citoyens du monde d’ici l’an 2000. Troy Davis espère également que des villes se proclameront «villes du monde», de même que des écoles ou des universités... «Ce sont des actions symboliques, mais qui peuvent faire naître une prise de conscience», estime Troy Davis, qui a la foi chevillée à l’âme: «Ce n’est pas une utopie, si la construction européenne est possible, rien n’empêche que la même chose se fasse au niveau mondial», assure-t-il. (AFP)
Le 25 mai 1948, un ancien pilote de bombardier américain de la Seconde Guerre mondiale, Garry Davis, renonçait solennellement à Paris à sa nationalité américaine pour se proclamer «citoyen du monde». Un important mouvement populaire allait suivre, que son fils Troy essaie, cinquante ans plus tard, de relancer. Garry Davis, affecté par son expérience de la guerre et par le sort de milliers de réfugiés en Europe, voulait, en renonçant juridiquement à sa nationalité américaine et aux avantages qui y étaient liés, dénoncer la souveraineté exclusive des Etats au mépris des droits des individus et des minorités. Devenu célèbre dans le monde entier en 1948 et 1949 pour ses demandes d’un gouvernement mondial, Davis avait obtenu l’appui de personnalités et d’intellectuels comme Camus, Einstein ou Schweitzer. En...