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Actualités - Chronologie

L'Allemagne à la recherche d'un deuxième souffle (photo)

L’Allemagne s’interroge lundi sur les moyens de redonner un nouveau souffle à son football deux jours après l’élimination surprise de la Mannschaft du Mondial. La défaite face aux Croates 3-0, le score le plus sévère enregistré par l’Allemagne en 40 ans, cette deuxième sortie prématurée d’une Coupe du monde au stade des quarts de finale après 1994, pour une équipe trois fois couronnée, finaliste en 1966 et 1986, a fait l’effet d’un électrochoc. Peu important, pour la presse et le public en général, les raisons circonstancielles de cette défaite. L’expulsion de Christian Wörns a certes précipité le destin des Allemands, mais c’est surtout le manque de créativité sur la pelouse et de sportivité hors des terrains qui est pointé du doigt. «Mauvaise Coupe du monde, mauvais perdants, arrêtez de vous plaindre», titre ainsi le magazine Bild en première page. La réaction du sélectionneur Berti Vogts, qui a mis en doute l’honnêteté de l’arbitrage, n’a été guère appréciée. La presse préfère s’interroger sur les raisons profondes de ce deuxième échec consécutif en Coupe du monde. Où sont les joueurs de talent de demain? D’où viendra l’étincelle du renouveau? Pour Franz Beckenbauer, joueur et entraîneur champion du monde (en 1974 et 1990), la réponse est toute trouvée: «Il faut redonner sa chance à Stefan Effenberg». Ce brillant milieu de terrain avait été renvoyé au pays lors de la World Cup 1994 pour un geste obscène adressé à ses propres supporters. Il n’a jamais été réintégré depuis. «Tous nos meilleurs joueurs et leaders naturels prennent leur retraite», souligne Beckenbauer dans sa chronique du Bild. «Il n’y a qu’une personne capable de reprendre leur rôle, Stefan Effenberg». Jurgen Klinsmann, Lothar Matthäus, Jurgen Kohler raccrochent leurs crampons. D’autres comme Andreas Mîller, Andreas Köpke, Olaf Thon ou Thomas Hässler, également trentenaires, pourraient faire de même prochainement. Mais le championnat allemand, qui recrute comme tant d’autres ses meilleurs joueurs de club à l’étranger, ne dispose pas d’un vivier suffisant de jeunes joueurs évoluant dans l’élite. «J’espère que nous pourrons désormais entamer un débat plus sérieux sur la promotion et l’encouragement des sports», souligne Manfred von Richthofen, président de la Fédération allemande des sports. Il suggère notamment que les instances dirigeantes du foot travaillent plus étroitement avec les écoles. Il propose aussi que les grands clubs acceptent d’encourager la formation des jeunes. Pour Gerhard Mayer-Vorfelder, président du VfB Stuttgart et membre de la Fédération, la solution est aussi dans le recrutement des enfants d’immigrés. «Nous devons contacter les parents des jeunes enfants étrangers et les gagner à la cause de notre football», dit-il. Cette révolution culturelle passe sans doute aussi par un changement d’entraîneur, même s’il n’est pas à l’ordre du jour. D’après un sondage effectué par la chaîne de télévision RTL, le public est très partagé sur le sort de Vogts. Si 50,6% des personnes interrogées par téléphone souhaitent le maintien de l’ancien défenseur international, 49,4% souhaitent son départ. Berti Vogts reste mais veut rajeunir l’équipe Berti Vogts a déclaré qu’il resterait probablement à la tête de l’équipe d’Allemagne de football mais qu’un rajeunissement était nécessaire. Berti Vogts a notamment estimé que les clubs de la Bundesliga devraient être contraints d’aligner des jeunes de moins de 21 ans en championnat. Il a réclamé une discussion avec sa Fédération et les instances du football professionnel afin d’élaborer «dans le plus grand calme un concept» pour les jeunes. A l’issue du match de Gerland, Berti Vogts avait déclaré qu’il ne prendrait pas de décision sur son avenir dans la foulée de la défaite. «Naturellement, je vais examiner calmement la façon dont nous pouvons rebâtir l’équipe mais, pour cela, je dois avoir les joueurs qu’il faut», avait-il ajouté. «Je veux que nous ayons une bonne équipe pour l’an 2000 (le championnat d’Europe). Nous devons tout analyser avec soin mais cela ne dépend pas de moi. Je ne demande rien à la fédération allemande de football. Je suis un employé de la fédération», avait dit Vogts, qui a pris l’équipe en main en 1990 après que l’Allemagne eut remporté son troisième titre mondial. Nuit blanche après déroute Les joueurs allemands ont passé la nuit de samedi à dimanche à faire une thérapie de groupe, sitôt rentrés de Lyon à leur camp de base à Nice, pour tenter de comprendre les raisons de la plus lourde défaite (3-0 face à la Croatie) de la sélection championne d’Europe depuis le 12 juin 1986. Discussions, analyses, échanges d’idées sur la panne de la solide «machine» tout en essayant de noyer la «grande déception» en groupe. Le capitaine Juergen Klinsmann a reconnu que les discussions se sont terminées dans la matinée et que lui-même était allé se coucher à 7h30 du matin. Quelques heures plus tard, Klinsmann était venu dire au revoir à la presse... (AFP, Reuters)
L’Allemagne s’interroge lundi sur les moyens de redonner un nouveau souffle à son football deux jours après l’élimination surprise de la Mannschaft du Mondial. La défaite face aux Croates 3-0, le score le plus sévère enregistré par l’Allemagne en 40 ans, cette deuxième sortie prématurée d’une Coupe du monde au stade des quarts de finale après 1994, pour une équipe trois fois couronnée, finaliste en 1966 et 1986, a fait l’effet d’un électrochoc. Peu important, pour la presse et le public en général, les raisons circonstancielles de cette défaite. L’expulsion de Christian Wörns a certes précipité le destin des Allemands, mais c’est surtout le manque de créativité sur la pelouse et de sportivité hors des terrains qui est pointé du doigt. «Mauvaise Coupe du monde, mauvais perdants, arrêtez de vous...