Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Brésil : le Mondial occulte la campagne pour la présidentielle

La campagne pour l’élection présidentielle du 4 octobre au Brésil a débuté officiellement lundi, mais les 160 millions de Brésiliens sont pour l’instant trop préoccupés par la Coupe du monde de football pour s’y intéresser. Le président Fernando Henrique Cardoso brigue un second mandat, faisant valoir ses réussites en matière de lutte contre l’inflation notamment. Les observateurs lui prédisent une victoire relativement facile face à ses adversaires, au premier rang desquels l’un de ses rivaux malheureux de 1994, Luiz Inacio Lula da Silva, dirigeant du Parti des travailleurs, de gauche. Tant que les prix resteront bas, Cardoso devrait l’emporter, même s’il sera difficile pour lui de renouveler son score de 1994, où il avait été élu dès le premier tour, en obtenant plus de voix que tous ses adversaires réunis. «Les élections sont jouées en ce qui concerne les marchés», a déclaré la semaine dernière Richard Gray, de la Bank of America, à Londres. Le président et son Parti social-démocrate brésilien (PSDB), qui se dit de centre-gauche bien que classé à droite par ses opposants, affirment que sa réélection permettra d’assurer la stabilité économique du plus grand pays d’Amérique du Sud. Mais, Lula, un ancien ouvrier et syndicaliste, soutient que les plus pauvres n’ont pas bénéficié de la chute des prix et promet d’assurer une plus grande justice sociale. Après avoir persuadé le Congrès de réviser la Constitution pour autoriser le président à briguer un autre mandat, Cardoso dispose toutefois de nombreux avantages, au premier rang desquels la maîtrise de l’appareil de communication de l’Etat. La semaine dernière, il a lancé une nouvelle pièce de monnaie, une manière de se présenter comme l’artisan de la récente stabilité économique du Brésil. Il bénéficie également du soutien de cinq partis politiques, ce qui lui donnera, à partir du début de la campagne à la télévision, en août, un temps d’antenne en prime time double de celui de Lula. Inspiré par Jospin Fin juin, les sondages donnaient Cardoso gagnant, avec 36% des voix, soit huit points de plus que son rival. Si l’avance n’est pas très grande, elle est en augmentation par rapport au mois de mai. Les critiques du gouvernement concernent essentiellement sa politique de la santé, de l’enseignement et de lutte contre la pauvreté. Lula espère reprendre l’initiative en annonçant les grandes lignes de son programme. Vaguement inspirée des idées du premier ministre français Lionel Jospin, sa «Lettre d’engagement» devrait promettre des aides à la création d’emplois dans les petites entreprises, plus de moyens pour les secteurs de la santé et de l’enseignement et des taux d’intérêt plus bas afin de favoriser la croissance, en visant un taux de 6% par an. En 1998, la croissance ne devrait pas dépasser les 1,5%, en raison de l’augmentation des taux d’intérêts décidée l’année dernière par le gouvernement pour faire barrage à la crise financière venue d’Asie. «La stabilité monétaire n’a fait que créer une instabilité sociale», affirme Lula. Mais selon les observateurs, en dépit de ses promesses sociales, le talon d’Achille du candidat de gauche reste la crainte qu’il mène une politique monétaire peu rigoureuse. Pour l’instant, toutes les attentions sont mobilisées par le football et les demi-finales du Mondial qui opposeront le Brésil aux Pays-Bas mardi. «La campagne électorale commencera vraiment vers le 15 juillet. C’est-à-dire après la finale plus trois jours de célébration ou de commisération», explique un professeur d’université. (Reuters)
La campagne pour l’élection présidentielle du 4 octobre au Brésil a débuté officiellement lundi, mais les 160 millions de Brésiliens sont pour l’instant trop préoccupés par la Coupe du monde de football pour s’y intéresser. Le président Fernando Henrique Cardoso brigue un second mandat, faisant valoir ses réussites en matière de lutte contre l’inflation notamment. Les observateurs lui prédisent une victoire relativement facile face à ses adversaires, au premier rang desquels l’un de ses rivaux malheureux de 1994, Luiz Inacio Lula da Silva, dirigeant du Parti des travailleurs, de gauche. Tant que les prix resteront bas, Cardoso devrait l’emporter, même s’il sera difficile pour lui de renouveler son score de 1994, où il avait été élu dès le premier tour, en obtenant plus de voix que tous ses adversaires...