A l’extrémité nord du continent africain, il est une contrée dont l’air est doux, le ciel pur, la mer bleue et l’amitié spontanée. Un pays dont le patrimoine, riche de vingt mille monuments historiques et sites archéologiques, témoigne de la richesse des civilisations qui se sont mutuellement fécondées sur son sol. La Tunisie dont l’art de vivre se vaporise dans l’air comme les effluves du jasmin au crépuscule, les lumières d’un lever de jour à Djerba, le drapé ondulant des robes berbères que retiennent des fibules d’argent... A l’occasion de l’ouverture de la ligne aérienne qui relie l’AIB à l’aéroport de Tunis — Carthage, des journalistes ont accompagné, cinq jours durant, le ministre du Transport M. Omar Meskaoui et le ministre d’Etat Elias Hanna sur invitation de Tunisair pour la découverte de ce pays qui possède plusieurs atouts de séduction: de vastes étendues de plages dorées, des panoramas de carte postale, un arrière — pays aux mille contrastes où malgré l’affluence de visiteurs, on n’y jamais une impression d’entassement. Comme tous les chemins mènent à Rome, la Tunisie commence et finit par Tunis. Au cœur de la Méditerranée, entre Orient et Occident, entre mer et désert, cette ville jette un pont entre son passé et son futur. Fondée à la même époque que Carthage, Tunis pousse sur une colline entre lagune et sebkha, dans une position retranchée et défensive, autour d’un noyau historique. Sa médina et ses faubourgs se développent, à partir de l’an 698, en une énorme tête blanche appelée «Bournous du Prophète». Ville ouverte et accueillante, les influences ottomanes, espagnoles, françaises et italiennes, y sont encore visibles dans les arts et métiers traditionnels, la gastronomie, le bâtiment et même le parler quotidien de ses 1,8 million d’habitants. Dans l’enfilade de rues et de venelles, les portes à voûtes sont marron-jaune-blanc, à motifs géométriques polychromes, certaines bleues ou vertes à clous. Portes cochères pour les grandes demeures, dont certaines ont leurs écuries particulières. Avec leurs linteaux de marbre ou de «Keddhêl», distinguées ou ordinaires, les portes se succèdent quelquefois ébranlées par des coups de heurtoir. Tunis est une ville de portes, dit-on. Un art de vivre Derrière l’une d’elles, le hammam. L’on pénètre progressivement dans l’humidité obscure des deux premières salles, à peine éclairées par des lucarnes mais inondées du parfum de l’argile humide qui allait imprégner les chevelures et les corps. Le massage rend vie au corps, et les plus valeureux ou les cœurs les mieux accrochés, iront adoucir leurs douleurs rhumatismales dans l’étuve. Mais le moment attendu par tous, au fond de cette chaleur, c’est la maltaise que l’on sort du fond de seau pour laisser couler le jus acide-sucré au fond de la gorge, réponse nécessaire à la chaleur éprouvante. Sur le tapis de la salle de repos, l’odeur des zestes d’orange et celle râpeuse de la gomme brûlée... Eau des profondeurs marines chauffée, bains d’algues et de boue, cet ensemble allié à la quiétude des paysages, redonne tonus et énergie. Retour vers l’hôtel pour goûter, allongé sur la terrasse face à la grande Bleue, ces instants privilégiés de l’après-midi qui s’étirent, les jasmins enfilés en colliers d’éblouissante et sensuelle blancheur ou grappe derrière l’oreille. Partout, un «yaïchak» (longue vie) vous accueille. Et vous vous retrouvez avec mille détails croustillants qui font un art de vivre. — Le pain: blanc et rond, mais aussi doré. Il a parfois la forme du poisson et le goût de l’anis et de la nigelle. — Le couscous local est au safran et à la fleur d’oranger de Nabeul. — Une spécialité délicieuse: le pain de farine de pois-chiche-sésame et raisins secs. — Le «boulis mkattaf» ou policier menotté, désignent les feuilles de vigne farcies. A la cantonade Les souks, de par leur vocation de point de shopping et de rencontres, donnent au visiteur l’occasion de s’initier à l’art du marchandage. «Bonjour vous qui êtes parmi nous». Puis pêle-mêle, des pas courant dans la rue «n’oublie pas le pain... achète une pastèque...» et les portefaix, des «pousse-toi! pousse- toi!» ponctuant leur marche haletante et laborieuse; vendeurs de limonade au loin «viens te rafraîchir toi qui as soif!». Brocanteurs déchirant rues et ruelles de «robba veeeeeeeeeeecchia!». Crochet par une ruelle — enfilade de venelles-ombre-lumière-ombre-lumière. «Tiens, rue de la vérité»... Sans fard, voile cachant la robe de chambre mais pas le visage. Courses hâtives de femmes, échoppes sombres d’épiciers en contrebas. Soudain, yeux mi-clos, «ça sent le figuier». Par dessus un mur, un figuier centenaire; plus loin, une murette en crépi ivoire avec, par intervalles, des hublots adoucis par des jasmins en bouton et d’autres, croix de pétales éclatant sur le vert. Les villes, toutes architectures confondues, se livrent aussi à travers le bougainvillier en grappes roses, oranges, mauves que les murs ne retiennent pas et qui forment parfois par dessus les portes, un porche vivant qui invite à la rêverie ou aux longues digressions nocturnes. Sidi Bou Said: Petit village dans la banlieue de Tunis perché sur une colline, face à l’immensité turquoise de la Méditerranée, de petites maisonnées blanches aux fenêtres bleues, Sidi Bou Said. Café des nattes, le «Kahoua el-alia» (café haut) est le lieu de rendez-vous sacré des habitants ou des visiteurs, on y hume le jasmin en fumant une «chicha» (narguilé). C’est le cœur de Sidi Bou Said et l’endroit de prédilection pour avoir de nouvelles fraîches sur la vie des uns et des autres, en sirotant un verre de thé à la menthe et aux pignons. Les couples, en mal de romantisme, se dirigent pour leur part vers le café de Sidi Chebaane. Juché sur les hauteurs, il offre une vue imprenable sur la marina et le village. A voir de préférence après la tombée de la nuit, afin d’admirer les lumières dansantes sur l’eau. Petit détour vers le musée des instruments de musique traditionnels, ancienne demeure du baron Rodolphe d’Erangler, un personnage qui s’est fortement lié à la destinée de Sidi Bou Said. Issu d’une grande famille de banquiers british, d’Erangler avait fait construire une des plus belles demeures orientales du village. Il a été un mécène dynamique pour l’artisanat et les arts, en particulier pour le Malouf (musique andalouse). Il est l’auteur d’une encyclopédie de la musique arabe. Il est également à l’origine du décret Beylical de 1915 protégeant le site et les monuments. C’est également lui qui a instauré le fameux «bleu de Sidi Bou Said» afin de donner au village une harmonie esthétique. Carthage Fondée en 814 av. J.-C. par Elyssa la Tyrienne, elle est devenue la capitale d’une république maritime très puissante, créa des colonies en Sicile, en Espagne, envoya des navigateurs dans l’Atlantique Nord et sur les côtes occidentales d’Afrique et soutint contre Rome, sa rivale, de longues luttes connues sous le nom de guerres puniques (264-147 av.J.-C). Vaincue, malgré les efforts d’Hannibal, par Scipion l’Africain, à la fin de la deuxième guerre (201 a.v. J.-C.). Complètement détruite à la fin de la troisième guerre punique par Scipion Emilien (146 av. J.-C.), Carthage est fondée à nouveau comme colonie romaine (1er s. av.J.-C.) elle devint la capitale de l’Afrique romaine et de l’Afrique chrétienne. Prise en 439 par les Vandales, elle fut détruite par les Arabes (v. 698). Ses ruines sont aujourd’hui sauvegardées par l’UNESCO. La Tunisie possède 1.298 km de côtes. De nombreuses stations balnéaires sont mondialement connues telles que Tabarka, Hammamet, Sousse et Djerba. Sousse Sousse pousse comme un poussin sur la côte orientale, à moins de deux heures de la capitale. La route qui y mène constitue un véritable itinéraire de découverte offrant une succession de paysages divers: vignobles de Grombalia, vergers de Hammamet, cultures et oliveraies du Sahel...Troisième ville du pays après Tunis et Sfax, Sousse comprend plusieurs pôles d’attraction: une oliveraie qui s’étend sur plus de 250 000 hectares, un port actif, une médina chargée d’histoire drapée dans ses fortifications; une station balnéaire et une station touristique. Le port al-Kantaoui, construit sur le modèle architectural de Sidi Bou Said, accueille plus de 300 yachts, tout autour, une cité avec son supermarché, ses souks, ses restaurants, ses cafés trottoirs, ses hôtels et villas de style mauresque et son terrain de golf... La Tunisie, pays du silence impressionnant. Mais point muet. Il suffit de prêter l’oreille pour recueillir une richesse de chuchotements et de gazouillements. La douceur de vivre, c’est tout un murmure.
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