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Actualités - Chronologie

Les relations Cuba-Vatican : entre le chaud et le froid

Les relations entre Fidel Castro et le Vatican ont oscillé cette semaine entre le chaud et le froid à l’occasion de la visite de quatre jours à Cuba du cardinal Pio Laghi, «ministre de l’Education» de Jean-Paul II, qui n’a pas pu rencontrer le chef de l’Etat. Cependant, l’avion emportant le prélat avait à peine quitté l’espace aérien cubain que Fidel Castro, en uniforme de gala, se présentait à la nonciature de La Havane. Mettant à profit une réception en l’honneur de la festivité de Saint-Pierre et Saint-Paul, dédiée chaque année au pape, le «commandant-en-chef» s’y est entretenu durant près de deux heures avec le nonce, Mgr Beniamino Stella, et le cardinal-archevêque de La Havane, Mgr Jaime Ortega. Le chef de l’Etat a expliqué que son programme chargé ne lui avait pas permis de rencontrer le visiteur, responsable d’un des dossiers les plus sensibles pour le régime communiste cubain. Après avoir observé le silence sur le séjour de Mgr Laghi, les médias officiels ont largement rendu compte de la visite du chef de l’Etat à la nonciature. Le cardinal Laghi, premier cardinal de la curie à se rendre à Cuba depuis la visite du pape en janvier dernier, est ainsi devenu l’un des rares membres de gouvernement en visite ces derniers mois à être boudé par le «lider maximo». Encouragés par l’appel du pape pour que «le monde s’ouvre à Cuba», les visiteurs de marque se succèdent à un rythme soutenu à La Havane depuis cinq mois. Tous les membres de gouvernements étrangers en visite à La Havane, voire des célébrités de la mode, ont été reçus longuement par Fidel Castro. La seule exception, sans doute motivée par un entretien personnel avec des dissidents, avait été jusqu’ici le ministre brésilien des Relations extérieures, Luis Felipe Lampreia. Le «ministre de l’Education» du pape a assuré qu’une rencontre avec Fidel Castro ne figurait pas expressément dans ses projets, même s’il n’en avait pas écarté la possibilité. Au service de l’homme En fait, Mgr Laghi a été particulièrement ulcéré de ne pouvoir dévoiler officiellement à l’université une plaque commémorative du passage du pape. Les autorités ont motivé leur refus par la fin de l’année universitaire. Mais, cédant à l’insistance du prélat, elles ont accepté finalement d’organiser une visite privée pour le dignitaire du Vatican. «L’éducation est sans nul doute le sujet le plus épineux pour les autorités cubaines, bien plus encore que celui de l’avortement qui n’est pourtant pas facile à aborder», a confié un membre de la hiérarchie catholique cubaine. «Il est bon de commencer par affirmer ses principes, même si l’on n’attend pas de résultat immédiat», a jugé le prélat, interrogé sur le choix périlleux de ce premier visiteur de la curie après la visite du souverain pontife. Sur ce chapitre, le «ministre de l’Education» du Vatican n’a pas mâché ses mots. Il a été chaleureusement applaudi par un demi-millier de fidèles réunis dans la cathédrale de La Havane lorsqu’il a plaidé pour la liberté de choix des parents en matière d’éducation. «Le problème n’est pas que (les autorités) nous disent: Demain vous ouvrez une école catholique. L’important est que si nous faisons quelque chose et si nous cherchons un espace, elles ne nous contrecarrent pas», a indiqué le cardinal Laghi, quelques instants avant son départ. «Ce sont les catholiques eux-mêmes, c’est la base qui bouge: ce sont les catholiques, les prêtres, les religieux et religieuses, et ce sont aussi les évêques», a ajouté le président de la commission pontificale pour l’Education catholique. «Nous ne pouvons pas accepter que l’éducation soit au service d’une idéologie: elle doit être au service de l’homme», a affirmé Mgr Laghi. Les autorités cubaines ont au contraire récemment réaffirmé l’école publique et laïque dans son rôle de rempart de la Révolution. (AFP)
Les relations entre Fidel Castro et le Vatican ont oscillé cette semaine entre le chaud et le froid à l’occasion de la visite de quatre jours à Cuba du cardinal Pio Laghi, «ministre de l’Education» de Jean-Paul II, qui n’a pas pu rencontrer le chef de l’Etat. Cependant, l’avion emportant le prélat avait à peine quitté l’espace aérien cubain que Fidel Castro, en uniforme de gala, se présentait à la nonciature de La Havane. Mettant à profit une réception en l’honneur de la festivité de Saint-Pierre et Saint-Paul, dédiée chaque année au pape, le «commandant-en-chef» s’y est entretenu durant près de deux heures avec le nonce, Mgr Beniamino Stella, et le cardinal-archevêque de La Havane, Mgr Jaime Ortega. Le chef de l’Etat a expliqué que son programme chargé ne lui avait pas permis de rencontrer le...