Les fabricants et les douaniers se sont mobilisés mercredi dans quatre grands aéroports européens, Paris/Orly, Milan, Londres et Munich, pour sensibiliser les voyageurs au fléau de la contrefaçon, dont l’ampleur ne cesse de croître. Des centaines de tracts ont été distribués aux passagers pour leur faire comprendre que «l’achat de contrefaçon est un acte grave». Cela représente une perte de chiffre d’affaires estimée à 40 milliards de francs (6,7 milliards de dollars) par an pour la France ,et à une perte d’emplois potentiels de 38.000 pour la France, 100.000 pour l’Europe, a affirmé Elisabeth Ponsolle des Portes, directrice de l’Union des fabricants, à l’origine de cette première «journée mondiale». «En quelques années, on est passé de l’artisanat à l’activité industrielle. La contrefaçon s’étend à de nouveaux secteurs: textile, habillement, médicaments ou pièces détachées automobiles. Ce ne sont plus les seules marques notoires qui sont victimes, mais aussi les entreprises plus petites», a assuré Mme Ponsolle. Le polo Lacoste, le sac Louis Vuitton, le logiciel «Windows» de Microsoft ou le jean 501 de Levi’s font partie des grands classiques particulièrement chéris des champions de la contrefaçon. Pourtant, les douanes ne chôment pas. Depuis 1993, le nombre de saisies en France a été multiplié par plus de dix, passant de 63.700 à 707.000 en 1997, année déjà record. Et sur les seuls six premiers mois de l’année, le bilan fait déjà état de 1.278.000 saisies, dont 233.000 articles liés à la Coupe du monde de football, soit 18% du total. «C’est le résultat d’une systématisation des contrôles depuis 1994», a expliqué Pierre Mathieu Duhamel, directeur général des douanes. Cette année-là, une loi a transformé la contrefaçon en délit, passible de deux ans de prison et jusqu’à un million de francs (166.000 USD) de dommages-intérêts. Filières «Mais cet arsenal juridique n’a pas été créé pour s’abattre avec violence sur le passager qui revient de vacances avec deux faux polos dans sa valise, a tempéré le patron des douanes. Ce type de cas se règle sous forme de transaction douanière plutôt que devant la justice». La cible principale reste les filières de fabrication ou d’assemblage de la contrefaçon. En Europe, l’Italie est le principal pays producteur (8% des saisies douanières en 1997) mais c’est en Asie que le fléau est le plus répandu, avec 45% des contrefaçons mondiales rien qu’en Chine et à Hong Kong. Chaque fabricant a son plan de bataille. Chez Lacoste, dont le fameux polo se vend entre 20 et 25 FF en Asie, en Turquie ou au Maroc (contre un prix officiel de 450 FF), le service juridique dispose d’un budget annuel de 15 millions de francs. Cet argent sert principalement à se payer des avocats ou des enquêteurs privés chargés de remonter les filières. Reste ensuite à convaincre les autorités locales de poursuivre les cerveaux des réseaux. «Il faut trouver les bons procureurs parce qu’il y en a peu qui vont aller au charbon de leur propre initiative», explique Michel Raves, le «Monsieur anticontrefaçon» du malletier Louis Vuitton, qui peut compter sur un budget de 25 MF. Dans ces pays, la contrefaçon représente un vrai marché et donc des milliers d’emplois et de précieuses devises. Mais, assure M. Raves, la pression internationale commence à avoir des effets. Et surtout celle des Etats-Unis dont les logiciels, CD-Rom et autres chaussures Nike contrefaits remplissent les étals dans les rues de Taïpeh, Hong Kong, Séoul ou Bangkok. «Pour ne pas risquer des sanctions commerciales, les pays de contrefaçon cherchent de plus en plus à faire figure de bons élèves», explique-t-il. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les fabricants et les douaniers se sont mobilisés mercredi dans quatre grands aéroports européens, Paris/Orly, Milan, Londres et Munich, pour sensibiliser les voyageurs au fléau de la contrefaçon, dont l’ampleur ne cesse de croître. Des centaines de tracts ont été distribués aux passagers pour leur faire comprendre que «l’achat de contrefaçon est un acte grave». Cela représente une perte de chiffre d’affaires estimée à 40 milliards de francs (6,7 milliards de dollars) par an pour la France ,et à une perte d’emplois potentiels de 38.000 pour la France, 100.000 pour l’Europe, a affirmé Elisabeth Ponsolle des Portes, directrice de l’Union des fabricants, à l’origine de cette première «journée mondiale». «En quelques années, on est passé de l’artisanat à l’activité industrielle. La contrefaçon...