Les ministres de la Culture de 21 pays ont tenu des réunions en début de semaine à Ottawa pour une conférence consacrée à la politique culturelle à l’heure de la mondialisation des échanges, le Canada ayant exprimé le souhait de soumettre l’idée de créer une organisation internationale de la culture. S’exprimant devant des journalistes, la ministre canadienne du Patrimoine, Sheila Copps, a estimé nécessaire de créer une telle organisation, comme il en existe par exemple dans le domaine du commerce. La culture a besoin d’une voix au niveau international pour protéger la diversité culturelle, en danger d’être «traitée comme un bien comme un autre» dans les institutions existantes, a expliqué la ministre. «Nous avons l’OMC (Organisation mondiale du commerce), l’OCDE» (Organisation de coopération et de développement économiques), a déclaré Mme Copps. «Il n’y a rien de tel pour la culture. Nous avons besoin de liens internationaux» (culturels), a-t-elle ajouté. Ce projet risque toutefois d’être mort-né en l’absence à la conférence de deux acteurs-clés: les Etats-Unis et la France, qui ne sont pas représentés. Les Etats-Unis n’ont pas été invités parce qu’ils «n’ont pas de ministre de la Culture», a expliqué le bureau de Mme Copps, tandis que la France est également absente en raison officiellement d’un «conflit de calendrier». Les Etats-Unis sont considérés par beaucoup, surtout au Canada, comme représentant la plus grande menace à l’autonomie culturelle dans ce pays. La France, elle, s’est alliée au Canada dans le combat pour «l’exception culturelle». La culture ne doit pas être subordonnée aux accords de commerce internationaux, a poursuivi Mme Copps. «La culture est un puissant instrument de l’autonomie individuelle. La diversité culturelle est au cœur même de notre identité nationale», a-t-elle dit. «Nous ne pouvons pas traiter la culture comme un bien comme un autre», a expliqué Mme Copps, soulignant que «pour la première fois, nous vivons dans un monde où le nombre de langues a diminué». D’où, selon elle, la nécessité de créer une organisation internationale chargée de la culture qui pourrait protéger «la diversité culturelle de l’espèce humaine parce que les gouvernements nationaux ne peuvent plus le faire». Avec l’explosion de l’Internet, «aucune autorité nationale ne peut plus assurer de souveraineté culturelle», a conclu la ministre. Les pays participants à la conférence sont: l’Arménie, les Barbades, le Brésil, la Grande-Bretagne, le Canada, la Croatie, la République dominicaine, la Grèce, l’Islande, la Côte d’Ivoire, l’Italie, le Mexique, le Maroc, la Pologne, le Sénégal, l’Afrique du Sud, la Suède, la Suisse, Trinidad et Tobago, la Tunisie et l’Ukraine. La réunion d’Ottawa fait suite à une conférence intergouvernementale sur les politiques culturelles et le développement, parrainée par l’UNESCO à Stockholm en mars dernier. (AFP)
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