Le président Bill Clinton a donné mercredi un satisfecit à la politique de libéralisation économique du gouvernement chinois et promis une contribution des Etats-Unis pour l’aider à faire face aux conséquences de cette transformation. Ce septième jour de la tournée historique de M. Clinton en Chine était placé sous le signe de l’économie, Shanghai — avec son boom immobilier, sa multitude de nouvelles entreprises privées et sa bourse des valeurs — étant le symbole même de la véritable révolution capitaliste qui a transformé la Chine communiste. M. Clinton, qui s’adressait à la Chambre de commerce américaine de Shanghai, a rappelé les problèmes que le régime de Pékin devra résoudre pour mener à bien l’adaptation de son économie: la restructuration d’entreprises d’Etat en faillite, qui a déjà entraîné des millions de licenciements, la nécessité de mettre sur pied un cadre légal pour l’économie, la protection d’un environnement menacé par un développement débridé, la consolidation du système bancaire et financier et l’ouverture indispensable du marché chinois aux produits étrangers. De plus, la Chine doit relever ces défis alors qu’elle est sous la menace de la crise financière asiatique. Ce discours survenait d’ailleurs à la veille d’une date clé, puisque aujourd’hui marque le premier anniversaire du début en Thaïlande de la crise financière qui a ensuite secoué les Philippines et surtout l’Indonésie et la Corée du Sud. M. Clinton n’a pas manqué de donner un nouveau coup de chapeau à la Chine pour son «rôle très constructif» dans cette crise, rappelant que le président Jiang Zemin et le premier ministre Zhu Rongji lui avaient donné l’assurance samedi que la Chine ne dévaluerait pas sa monnaie, le yuan, afin de ne pas déclencher une série de dévaluations en cascade dans la région. La seule critique formulée par M. Clinton a porté sur la question des conditions d’adhésion de Pékin à l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Les deux pays espéraient qu’un accord aurait pu être annoncé samedi à l’occasion du sommet entre MM. Clinton et Jiang, mais cela s’est avéré impossible en raison du refus de Pékin de prendre les mesures d’ouverture de son marché exigées par Washington. Déficit commercial Se disant «déçu», le président a affirmé que «des marchés plus ouverts sont importants pour les Etats-Unis, qui achètent aujourd’hui environ un tiers des exportations chinoises et qui, en retour, devraient avoir un accès raisonnable au marché chinois». Il n’a pas rappelé une donnée qui prend de plus en plus d’importance dans les relations bilatérales, à savoir l’accroissement constant du déficit de la balance commerciale des Etats-Unis vis-à-vis de la Chine. Selon Washington, ce déficit a atteint près de 50 milliards de dollars en 1997, bien que Pékin conteste ces chiffres. Mais malgré ce problème, le ton de M. Clinton était extrêmement positif. «Les Etats-Unis sont prêts à travailler avec la Chine pour relever ces défis, parce que le succès de la Chine affectera non seulement les Chinois et leur prospérité, mais aussi le bien-être de l’Amérique et la stabilité du monde», a-t-il dit. A propos de la restructuration du secteur d’Etat, il a, par exemple, indiqué que les départements du Commerce, du Travail et du Trésor allaient «aider (les Chinois) à gérer cette transition» socialement coûteuse vers une économie de marché. Le but est d’aider la Chine à donner une nouvelle formation aux chômeurs et à mettre en place un filet social. Il a aussi longuement insisté sur l’environnement, rappelant l’étendue de la pollution en Chine et soulignant que ce pays remplacerait bientôt les Etats-Unis comme premier émetteur au monde des gaz à effet de serre responsables du réchauffement du climat. «Je n’ai aucun droit en tant que président des Etats-Unis de demander à la Chine de ralentir sa croissance économique», a-t-il admis. Son but, a-t-il expliqué, est de convaincre la Chine qu’il est possible d’avoir une croissance forte en utilisant des sources d’énergie propres au lieu du charbon. M. Clinton est ensuite parti visiter la Bourse et déjeuner avec de jeunes chefs d’entreprise. (AFP)
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