Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Les USA et l'UE pressent le Japon d'accélérer l'assainissement de ses banques

Les Etats-Unis et l’Union européenne ont pressé le Japon mardi d’aller vite pour assainir son secteur bancaire malade de montagnes de créances douteuses, soulignant le danger que la crise japonaise fait peser sur le reste de l’Asie et l’économie mondiale. «Nous voudrions que le gouvernement japonais prenne des mesures très urgentes pour régler ce qu’on appelle le problème des créances douteuses», a dit le nouvel ambassadeur de l’Union européenne à Tokyo. «Le reste du monde observe le Japon», a ajouté M. Ove Juul Jorgensen. «Nous allons croiser les doigts pour voir quelle sera sa réponse plus tard dans la semaine», a ajouté l’ambassadeur qui a présenté le matin même ses lettres de créance à l’empereur du Japon Akihito. «Le Japon possède une économie très puissante. Notre inquiétude principale est le rôle du Japon en tant que locomotive pour l’Asie du Sud-Est et l’économie mondiale», a expliqué l’ambassadeur devant la presse japonaise et étrangère à Tokyo. «Nous espérons que le Japon va rebondir car ce qui nous inquiète vraiment» est le risque que d’autres pays asiatiques et en particulier la Chine ne dévaluent leur monnaie à leur tour, a-t-il ajouté. Une dévaluation du yuan chinois susciterait d’autres dévaluations en Asie et rendrait une solution à la crise asiatique «beaucoup plus difficile», a averti l’ambassadeur. Le gouvernement et le Parti libéral-démocrate (PLD) ont convenu mardi de créer une «banque relais», une banque des règlements qui prendrait le contrôle des activités des banques défaillantes, selon la presse à Tokyo. L’accord a été obtenu au cours d’une réunion entre le premier ministre Ryutaro Hashimoto et M. Taku Yamazaki, un haut responsable du parti, selon la chaîne publique de télévision NHK et l’agence Jiji Press. L’ambassadeur américain à Tokyo, Thomas Foley, a indiqué lors d’une autre conférence de presse que les marchés financiers restaient dans l’attente de connaître le détail des mesures qui seront prises par le Japon pour assainir le secteur bancaire. «Nous sommes encouragés par les propositions que nous avons vu émerger, mais les marchés sont à l’évidence dans l’attente de plus de détails», a-t-il dit. Il faudra que le Japon prenne des mesures concrètes pour éliminer les créances douteuses et donner ainsi un coup de fouet à la reprise économique au Japon, en Asie et dans le reste du monde, a-t-il dit. L’ambassadeur de l’Union européenne a encore expliqué que le Japon pouvait s’inspirer des mesures que l’Europe avait elle-même prises pour régler des problèmes similaires dans les années quatre-vingts. «L’Union européenne a connu des problèmes similaires au début des années quatre-vingts. L’Union européenne attend du Japon qu’il réussisse de la même manière à réformer et revitaliser son économie. Surtout du fait que le Japon joue un rôle vital dans le retour de la santé économique de l’Asie tout entière», a-t-il dit. La question des créances douteuses, au cœur de la paralysie économique au Japon, n’est pas une situation unique, a encore expliqué M. Juul Jorgensen. L’expérience des autres pays qui ont connu des difficultés comparables montre que l’aspect essentiel pour en sortir est la volonté politique. «La question difficile pour le Japon est d’appliquer une volonté politique», a-t-il dit. Parmi les mesures nécessaires pour remettre l’économie japonaise dans la bonne direction, «beaucoup sont politiquement difficiles à faire avancer dans une société conduite par le consensus comme le Japon et exigent une volonté politique ferme», a-t-il dit. Un chômage record Par ailleurs le gouvernement japonais a annoncé que le taux de chômage est resté en mai au Japon au niveau record de 4,1% auquel il s’était établi en avril et est susceptible d’augmenter. Le rapport des offres aux demandes d’emploi, qui détermine le nombre d’emplois proposés pour 100 chômeurs, a baissé à 0,53 contre 0,55 en avril et a ainsi atteint son niveau le plus bas depuis février 1978. Selon les chiffres de l’Agence gouvernementale de coordination et de gestion, le taux de chômage pour les hommes a atteint un nouveau plus haut de 4,3% (4,2% précédemment) alors que pour les femmes il a baissé à 3,9% (4,0%). Bien que le taux de chômage n’ait pas varié, le nombre des sans-emploi a atteint le mois dernier 2,93 millions, un niveau sans précédent depuis que cette statistique existe (1953). «Les conditions d’emploi sont très difficiles et devraient le rester pendant encore un certain temps», a souligné un haut fonctionnaire de l’Agence. La montée du chômage, qui reste encore à un nivau relativement faible par rapport aux autres pays industrialisés, inquiète de plus en plus des Japonais habitués à la sécurité de l’emploi. Pour les économistes, la récession, caractérisée notamment par les nombreuses faillites d’entreprises depuis la fin de l’an dernier, paraît prendre racine et donc fait douter d’une reprise de la consommation. Le chômage devrait continuer de progresser, soulignent-tils, estimant qu’il pourrait avoisiner les 5,0% d’ici la fin de l’année. Les secteurs les plus touchés sont l’industrie manufacturière et le BTP mais le secteur des services n’est pas épargné non plus puisque sa capacité à absorber les demandeurs d’emploi diminue. «Le rythme de croissance de l’emploi a ralenti. Le secteur des services tirait habituellement l’emploi mais sa capacité d’absorption paraît s’affaiblir», a expliqué le haut fonctionnaire. Le nombre des salariés à temps plein continue de régresser, alors que le temps partiel tend à augmenter. (AFP - Reuters)
Les Etats-Unis et l’Union européenne ont pressé le Japon mardi d’aller vite pour assainir son secteur bancaire malade de montagnes de créances douteuses, soulignant le danger que la crise japonaise fait peser sur le reste de l’Asie et l’économie mondiale. «Nous voudrions que le gouvernement japonais prenne des mesures très urgentes pour régler ce qu’on appelle le problème des créances douteuses», a dit le nouvel ambassadeur de l’Union européenne à Tokyo. «Le reste du monde observe le Japon», a ajouté M. Ove Juul Jorgensen. «Nous allons croiser les doigts pour voir quelle sera sa réponse plus tard dans la semaine», a ajouté l’ambassadeur qui a présenté le matin même ses lettres de créance à l’empereur du Japon Akihito. «Le Japon possède une économie très puissante. Notre inquiétude principale...