La province d’Adana, dans le sud de la Turquie, tentait dimanche de panser ses blessures après qu’un violent tremblement de terre eut fait la veille au moins 112 morts et plus de 1.500 blessés dans la région, selon un nouveau bilan officiel provisoire. Des dizaines de sauveteurs s’efforçaient dimanche, plus de 24 heures après les secousses initiales, de retrouver des survivants dans les décombres de Ceyhan, détruite à 20% et qui compte à elle seule une cinquantaine de victimes. Le tremblement de terre, de magnitude 6,3 sur l’échelle ouverte de Richter, a secoué samedi vers 17h00 (14h00 GMT) le littoral méditerranéen turc, frappant surtout Ceyhan et Adana, deux villes distantes de quelque 70 km. Il a été ressenti jusqu’à Chypre, à 150 km au sud-ouest. La cellule de crise formée par le gouvernement a averti que le bilan pourrait encore s’aggraver, au moins quinze personnes étant dans un état grave. Selon l’institut de recherche sismique de Kandilli à Istanbul, l’épicentre a été localisé dans les environs d’Adana. La secousse a duré une vingtaine de secondes. On avait dénombré quelque 65 secousses secondaires en début de soirée de dimanche. Selon les spécialistes, ces secousses peuvent encore se répéter pendant un mois. A Ceyhan et dans la vieille ville d’Adana, les dégâts sont considérables. De nombreuses maisons et immeubles se sont effondrés. Un immeuble, fissuré par la secousse de samedi, s’est écroulé dimanche matin à Ceyhan, sans faire de victimes. Dans cette dernière ville, au moins sept immeubles de plusieurs étages se sont effondrés et plus de 15% des bâtiments ont subi des dégâts, selon les responsables. Les opérations de secours sont effectuées par des équipes de la Défense civile qui scrutent les décombres à l’aide d’écouteurs ultrasensibles et de chiens entraînés, pour tenter de retrouver des survivants. Dans le stade de football Les habitants d’Adana ont passé la nuit dans les rues. Le stade de football a accueilli jusqu’aux premières heures de dimanche des dizaines de personnes effrayées par les nombreuses secousses secondaires. La magnitude de la plus forte réplique a été de 4 sur l’échelle de Richter, selon les responsables, qui ont conseillé aux habitants de ne pas réintégrer leurs foyers jusqu’à nouvel avis. Plusieurs maisons ont été détruites ou sérieusement endommagées dans la vieille ville d’Adana, où les réseaux de télécommunications, de distribution d’eau et d’électricité ont été rétablis dans la nuit de samedi à dimanche, a annoncé le ministère des Communications. Ni l’oléoduc reliant les champs pétrolifères de Kirkouk, dans le nord de l’Irak, au port de Yumurtalik près de Ceyhan, ni le terminal pétrolier de Ceyhan n’ont subi de dommages, a indiqué un responsable local. Quelques dégâts mineurs, mais pas de victimes, ont été constatés à la base turco-américaine d’Incirlik, proche d’Adana, où est basée l’opération «Northern Watch» de surveillance de la zone d’exclusion aérienne imposée à l’aviation de Bagdad dans le nord de l’Irak. Le président Suleyman Demirel et le premier ministre Mesut Yilmaz ont effectué de brèves visites dans la zone sinistrée, se rendant dans les quartiers les plus touchés. Ils ont assuré aux sinistrés que l’Etat «saurait panser, par tous ses moyens, les blessures des victimes de la catastrophe». Le premier ministre syrien Mahmoud al-Zohbi a transmis un message de condoléances à son homologue turc M. Yilmaz. L’Allemagne s’est pour sa part déclarée prête à apporter «toute l’aide possible» à la Turquie. Située sur une faille sismique qui la traverse d’Est en Ouest, la Turquie est souvent affectée par les secousses telluriques. Le dernier séisme important remontait à octobre 1995. Plus de cent personnes avaient été tuées à Dinar, dans l’ouest du pays, par un tremblement de terre de magnitude 6 sur l’échelle de Richter. Adana, quatrième ville de Turquie avec plus d’un million d’habitants, est située sur une faille sismique secondaire, dite de Karatas. Le dernier fort séisme enregistré sur cette faille date de 1945, avec une magnitude de 6,5 sur l’échelle de Richter.
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