La coalition de droite du premier ministre israélien Benjamin Netanyahu renâclait jeudi à l’idée d’un référendum sur un retrait partiel en Cisjordanie, que le chef du gouvernement veut organiser. Le secrétaire général du gouvernement, M. Danny Naveh, a admis que M. Netanyahu se heurtait à de sérieuses difficultés pour faire passer son projet. «Pour le moment, rien n’a été décidé, il se peut que le référendum ait lieu, ou que nous en abandonnions l’idée», a constaté à la radio ce proche collaborateur de M. Netanyahu. Le chef du groupe parlementaire de la majorité de droite, M. Meïr Shetreet, a affirmé pour sa part «qu’il n’y a pas de majorité à la Knesset pour le vote d’une loi sur un référendum». Le référendum n’ayant pas de précédent en Israël, il est nécessaire, pour en organiser un, que le Parlement adopte d’abord une loi pour l’autoriser. Selon un décompte réalisé par le quotidien Maariv, 87 députés sur 120 sont hostiles à un référendum et seuls 28 y sont favorables, tandis que 5 ne se sont pas encore prononcés. Pour M. Shetreet, député du parti Likoud du premier ministre, M. Netanyahu ferait mieux de se décider sur un retrait, puis de le soumettre uniquement au Parlement. «Le gouvernement disposerait d’une forte majorité au Parlement, avec l’appui de l’opposition travailliste, pour entériner un retrait sans recourir à un référendum», a estimé M. Shetreet. Une autre partie de la coalition, la formation ultra-orthodoxe Shass, a fait connaître son hostilité à un référendum. «Un tel scrutin n’est pas nécessaire et je ne pense pas qu’il aura lieu, c’est au gouvernement et à la Knesset de décider», a souligné le chef du Shass (10 députés), Arieh Déri. Selon le quotidien Haaretz, ce parti religieux pourrait cependant accepter un référendum à condition que le gouvernement légalise trois radios-pirate ultra-orthodoxes. Cette information a été démentie par M. Déri. L’idée d’un référendum, lancée le mois dernier par un député d’extrême-droite, Mikhaël Kleiner, a été reprise par M. Netanyahu. Au sein même du gouvernement, les ministres de la Défense, des Infrastructures nationales et de l’Intérieur, MM. Yitzhak Mordehaï, Ariel Sharon et Eli Souissa, se sont prononcés contre un référendum. Une idée populaire L’idée est cependant populaire en Israël. Selon un sondage, 62% des Israéliens sont favorables à la tenue d’un tel scrutin. Mais une majorité (55%) estime qu’un référendum n’aura pas lieu et que M. Netanyahu veut organiser un tel scrutin uniquement pour retarder davantage l’échéance d’un retrait militaire en Cisjordanie. Sur le fond du dossier, les perspectives d’un accord avec les Etats-Unis sur le retrait qu’ils ont proposé — 13,1% de la Cisjordanie — s’éloignent en raison des divergences de plus en plus profondes entre l’Etat hébreu et Washington, a indiqué la radio publique. M. Netanyahu continue en particulier à exiger la convocation des quelque 600 membres du Conseil national palestinien, l’instance suprême de l’OLP, pour confirmer l’annulation des articles de la Charte palestinienne qui niaient le droit à l’existence de l’Etat juif. Washington estime que cette décision peut être prise par les 22 membres du comité exécutif de l’OLP, beaucoup plus facile à convoquer. Le premier ministre veut obtenir en outre de l’Autorité palestinienne la livraison de 33 Palestiniens accusés d’avoir participé à des attentats anti-israéliens, alors que les Américains estiment que cette demande n’a aucune chance d’être acceptée par le président Yasser Arafat. M. Netanyahu demande aussi des assurances des Etats-Unis — qui refusent de les lui donner — sur l’étendue d’un retrait militaire ultérieur en Cisjordanie, après celui qui est en cours de négociations actuellement, a ajouté la radio. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La coalition de droite du premier ministre israélien Benjamin Netanyahu renâclait jeudi à l’idée d’un référendum sur un retrait partiel en Cisjordanie, que le chef du gouvernement veut organiser. Le secrétaire général du gouvernement, M. Danny Naveh, a admis que M. Netanyahu se heurtait à de sérieuses difficultés pour faire passer son projet. «Pour le moment, rien n’a été décidé, il se peut que le référendum ait lieu, ou que nous en abandonnions l’idée», a constaté à la radio ce proche collaborateur de M. Netanyahu. Le chef du groupe parlementaire de la majorité de droite, M. Meïr Shetreet, a affirmé pour sa part «qu’il n’y a pas de majorité à la Knesset pour le vote d’une loi sur un référendum». Le référendum n’ayant pas de précédent en Israël, il est nécessaire, pour en organiser...