Le nombre de décès de personnes infectées par le virus du sida «est en augmentation partout», affirme un rapport de l’ONU sur cette pandémie déjà responsable de 11,7 millions de décès et qui sévit avant tout sur le continent africain. Selon le rapport d’ONUSIDA, qui regroupe les agences des Nations Unies concernées par l’épidémie, le virus de l’immunodéficience humaine (VIH), à l’origine du sida, est une des dix causes principales de mortalité et affecte aujourd’hui plus de 30 millions de personnes. «A dire vrai, 89% des personnes infectées par le VIH vivent en Afrique subsaharienne et dans les pays en développement d’Asie, des zones qui, ensemble, représentent moins d’un dixième du PNB mondial», observe ONUSIDA qui regrette l’inégalité dans l’accès aux soins et aux thérapies. Il y a aujourd’hui dans le monde 30,6 millions de porteurs du virus «dont la plupart mourront dans les dix ans à moins d’un élargissement de l’accès aux traitements», prévient le rapport. Selon le directeur d’ONUSIDA, le Dr Peter Piot, la propagation se stabilise ou diminue lorsqu’il y a une bonne prévention comme en Europe occidentale ou encore en Thaïlande et en Ouganda. Mais elle atteint «des sommets inimaginables» dans de nombreux pays en développement avec un adulte sur quatre infecté au Zimbabwe et au Botswana. A la veille du douzième Congrès mondial du sida qui s’ouvre lundi prochain à Genève, le médecin a jugé cet écart «inquiétant», l’attribuant notamment à un accès inégal aux antirétroviraux, disponibles depuis deux ans dans les pays riches. En Afrique subsaharienne, 21 millions de personnes vivaient avec le VIH/sida l’an dernier, avec 83% de décès liés à la maladie. Quatre femmes séropositives sur cinq sont des Africaines et leurs enfants sont souvent contaminés lors de l’accouchement ou de l’allaitement. En Afrique du Nord et au Moyen-Orient, 210.000 personnes infectées sont recensées. Situation catastrophique De manière générale, l’Afrique de l’Ouest a vu ses taux d’infection se stabiliser à des niveaux plus bas qu’en Afrique australe et orientale. Début 1998, il y avait 2,9 millions de Sud-Africains porteurs du VIH dont près d’un quart auraient été infectés dans la seule année 1997. Cent quarante mille en sont morts l’an dernier. En Côte d’Ivoire, troisième pays le plus peuplé d’Afrique de l’Ouest, un adulte sur dix vivrait déjà avec le VIH et il y a eu 72.000 décès en un an. Au Nigeria, la prévalence estimée chez l’adulte est de 4% et concerne une population globale de 118 millions d’habitants. 2,3 millions de Nigérians sont infectés et 150.000 en sont morts en 1997. Les pays du Sud de l’Afrique sont les plus touchés par l’épidémie. Au Bostwana, le nombre de personnes infectées s’est multiplié par cinq en cinq ans et 15.000 personnes sont mortes l’an dernier. Au Zimbabwe, un adulte sur quatre vivrait avec le VIH, tant en zone urbaine que rurale avec 1,5 million de porteurs du virus et 130.000 décès en 1997. En Ouganda, premier pays africain à réagir activement, les sites de surveillance ruraux et urbains font état d’une baisse des taux d’infection attribuée à des rapports sexuels plus sûrs. Cent soixante mille décès ont cependant été enregistrés sur un an. En Tanzanie, on observe une baisse dans les régions dotées de programmes de prévention active. En Zambie, la situation est catastrophique», selon ONUSIDA, avec 97.000 morts et 770.000 infections recensés fin 1997 pour une population de 8,4 millions d’habitants. Au Kenya, il y a eu 140.000 morts pour 1,6 million de cas d’infections parmi les 28 millions d’habitants. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le nombre de décès de personnes infectées par le virus du sida «est en augmentation partout», affirme un rapport de l’ONU sur cette pandémie déjà responsable de 11,7 millions de décès et qui sévit avant tout sur le continent africain. Selon le rapport d’ONUSIDA, qui regroupe les agences des Nations Unies concernées par l’épidémie, le virus de l’immunodéficience humaine (VIH), à l’origine du sida, est une des dix causes principales de mortalité et affecte aujourd’hui plus de 30 millions de personnes. «A dire vrai, 89% des personnes infectées par le VIH vivent en Afrique subsaharienne et dans les pays en développement d’Asie, des zones qui, ensemble, représentent moins d’un dixième du PNB mondial», observe ONUSIDA qui regrette l’inégalité dans l’accès aux soins et aux thérapies. Il y a...