Après les chlorofluorocarbones, responsables de la destruction de la couche d’ozone, les polluants organiques persistants (POP), qui ont un impact sur le système reproductif et neurologique, entrent dans la ligne de mire de la communauté internationale. Plus de 100 pays se réuniront à Montréal (Canada) à la fin juin sous l’égide du Programme des Nations Unies pour l’environnement pour négocier un accord international visant à éliminer la production et l’utilisation mondiale de ces produits. L’accord devrait être conclu en l’an 2000. Pour leur part, les ministres européens de l’Environnement, réunis à Aahrus (Danemark) à l’occasion de leur quatrième conférence paneuropéenne, devraient finaliser un accord pour interdire une dizaine de ces polluants. Les POP, des pesticides comme le DDT et des produits chimiques comme la dioxine et les polychlorobiphényles (PCB), utilisés pour fabriquer des peintures et des matières plastiques, sont lents à éliminer, se propagent sur de longues distances et peuvent pénétrer dans la chaîne alimentaire. «Ces produits sont présents chez les personnes partout dans le monde et ils sont bioactifs, même à très faible dose», explique le Dr Peter Orris, professeur à l’Université de l’Illinois. «Ces polluants sont très toxiques pour les enfants et les écosystèmes fragiles, ils s’accumulent dans le tissu animal et humain», indique pour sa part Lynn Goldman, responsable de l’Agence américaine pour la protection de l’environnement (EPA). «Les effets plus prononcés ont lieu in utero car le fœtus est exposé par l’intermédiaire de sa mère et il n’a pas la capacité de se détoxifier comme un adulte», poursuit François Brucker-Davis, expert médical auprès du fonds mondial pour la nature (WWF). «En outre, le système endocrinien et nerveux du fœtus est encore en formation», ajoute-t-elle. Une étude menée aux Etats-Unis sur des enfants de mères ayant consommé durant la grossesse du poisson des Grands Lacs, très contaminé par les POP, a montré qu’ils ont un quotient intellectuel inférieur à celui d’enfants dont les mères n’ont pas consommé ce type de poisson. L’impact de ces produits sur le système reproductif a été particulièrement observé chez les animaux. Au Pôle nord, des ours blancs ont développé un système reproductif masculin et féminin en même temps, tandis que des alligators mâles en Floride sont nés avec une verge quasi inexistante. Le DDT a été banni aux Etats-Unis en 1972, mais il est encore utilisé dans de nombreux pays en voie de développement contre les insectes porteurs de maladies comme la malaria et la fièvre jaune. Certains analystes estiment la production mondiale totale de ce pesticide à 1,36 million de tonnes. La fabrication de PCB a été arrêtée aux Etats-Unis en 1977, mais il est toujours utilisé dans l’industrie. Le seul pays qui reconnaît produire encore des PCB est la Russie. Quant à la dioxine, il s’agit d’un sous-produit de la fabrication d’un dérivé chloré du phénol, largement utilisé dans l’industrie du papier. Au total, 12 polluants sont actuellement reconnus par la communauté internationale et feront l’objet des négociations de Montréal. Mais aux Etats-Unis, l’EPA a créé une commission chargée de mettre au point d’ici l’été un système de tests requis de l’industrie afin de vérifier l’impact potentiel de tout produit chimique sur le système endocrinien, provoquant une levée de boucliers de la part de l’industrie. «Nous craignons que cela ne débouche sur un programme de tests massifs, longs et coûteux», indique Greg Koontz, de l’Association des producteurs et distributeurs de produits chimiques. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Après les chlorofluorocarbones, responsables de la destruction de la couche d’ozone, les polluants organiques persistants (POP), qui ont un impact sur le système reproductif et neurologique, entrent dans la ligne de mire de la communauté internationale. Plus de 100 pays se réuniront à Montréal (Canada) à la fin juin sous l’égide du Programme des Nations Unies pour l’environnement pour négocier un accord international visant à éliminer la production et l’utilisation mondiale de ces produits. L’accord devrait être conclu en l’an 2000. Pour leur part, les ministres européens de l’Environnement, réunis à Aahrus (Danemark) à l’occasion de leur quatrième conférence paneuropéenne, devraient finaliser un accord pour interdire une dizaine de ces polluants. Les POP, des pesticides comme le DDT et des produits...