Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

La centrale nucléaire de Tchernobyl redémarre malgré les risques d'incidents

Un réacteur de la centrale nucléaire de Tchernobyl a été relancé dans la nuit de lundi à mardi après un énième incident, au grand dam des écologistes qui dénoncent l’attitude inconsciente des autorités ukrainiennes. Le réacteur numéro 3, le seul encore opérationnel, a été remis en route après avoir été stoppé mardi 16 juin en raison d’une «fuite d’eau légèrement radioactive» dans le système de propulsion d’une des turbines. «Ce qui est le plus dangereux, c’est l’attitude des autorités à l’égard de Tchernobyl: ils la font marcher pour obtenir de l’argent de l’Occident, sans tenir compte des défaillances techniques», a immédiatement accusé un porte-parole de l’organisation écologiste Greenpeace à Kiev, Konstantin Bouzadji. La fuite d’eau du réacteur numéro 3 était survenue un mois seulement après la remise en route du réacteur numéro 3, stoppé pour des travaux de réparation pendant plus de dix mois, de juillet 1997 à mai 1998. «Je ne peux pas croire que les défauts soient réparés. Ce n’est pas la première fois que les autorités nous trompent», lance Natalia Preobragenskaia, une responsable des problèmes de Tchernobyl auprès du Conseil de l’Ukraine pour la Paix, qui décrit la centrale comme «une casserole trouée». «Il est criminel de faire fonctionner un réacteur qui tombe en panne après dix mois de réparation. Un accident peut survenir dans n’importe quel système», soutient M. Bouzadji. Un responsable gouvernemental, du ministère ukrainien de l’Environnement et de la Sûreté nucléaire, Vadim Grichenko, avait lui-même qualifié l’incident de «pas normal après de longs travaux», ajoutant que «cela prouvait que les réparations avaient été mal faites». 338 fissures «Nous ne considérons pas le réacteur numéro 3 comme étant au niveau de sécurité minimal requis», a de son côté estimé Gunther Burghardt, directeur général du département pour les relations extérieures avec l’Europe centrale et orientale de l’Union européenne. L’Institut français de protection et de sûreté nucléaire (IPSN) et son homologue allemand le GRS (Gesellschaft fur Anlagen und Reactorsicherheit) s’étaient déclarés «fortement préoccupés» par près de 338 fissures découvertes dans ce réacteur lors des travaux de réparation. Bien que la direction de Tchernobyl eut assuré avoir réparé toutes les fissures, les Occidentaux considèrent toujours les réacteurs soviétiques de type RBMK comme dangereux. Ces réacteurs ont certes subi des améliorations, «mais ils n’ont pas encore atteint le niveau de sûreté requis en Occident», affirme Michel Chouha, un expert de l’IPSN à Paris. «Les risques d’exploitation existent, même s’ils ne sont pas très importants», ajoute-t-il. Le réacteur numéro 2 a été arrêté en 1991 à la suite d’un incendie alors que le réacteur numéro 1 a été mis hors service en 1996, dans le cadre d’un accord international conclu avec le G-7. Le réacteur numéro 4 de la centrale de Tchernobyl avait explosé le 26 avril 1986, provoquant la plus grave catastrophe de l’histoire du nucléaire civil, en contaminant une grande partie de l’Ukraine, du Bélarus et de la Russie. L’Ukraine s’est engagée en 1995 à fermer la centrale de Tchernobyl en l’an 2000 en échange d’une aide financière de 3,1 milliards de dollars, promise par l’Occident. (AFP)
Un réacteur de la centrale nucléaire de Tchernobyl a été relancé dans la nuit de lundi à mardi après un énième incident, au grand dam des écologistes qui dénoncent l’attitude inconsciente des autorités ukrainiennes. Le réacteur numéro 3, le seul encore opérationnel, a été remis en route après avoir été stoppé mardi 16 juin en raison d’une «fuite d’eau légèrement radioactive» dans le système de propulsion d’une des turbines. «Ce qui est le plus dangereux, c’est l’attitude des autorités à l’égard de Tchernobyl: ils la font marcher pour obtenir de l’argent de l’Occident, sans tenir compte des défaillances techniques», a immédiatement accusé un porte-parole de l’organisation écologiste Greenpeace à Kiev, Konstantin Bouzadji. La fuite d’eau du réacteur numéro 3 était survenue un...