Même en Chine, Bill Clinton ne connaît guère de répit dans l’affaire Lewinsky: un témoin capital, Linda Tripp, s’apprête à témoigner aujourd’hui à Washington, et de nouvelles révélations sont venues ajouter au pathétique du scandale sexuel qui colle au président américain depuis cinq mois. Le procureur indépendant Kenneth Starr a en outre plaidé devant une cour d’appel fédérale hier pour forcer le témoignage de l’avocat de la Maison-Blanche et confident du président, Bruce Lindsey. «Un avocat du gouvernement a le devoir de révéler des preuves de malversation», a commenté après l’audience le porte-parole de M. Starr, Charles Bakaly. La Maison-Blanche, désavouée par un juge en première instance, a réaffirmé pour sa part que la confidentialité des relations client-avocat se devait de rester absolue. Linda Tripp, 48 ans, qui devait témoigner aujourd’hui, est l’«amie» qui pendant des mois a enregistré à son insu les confidences téléphoniques de Monica Lewinsky, 24 ans, sur sa liaison présumée avec le président. Tripp avait ensuite remis quelque 20 heures de ces enregistrements en janvier au procureur indépendant Kenneth Starr. Elle est, selon ses avocats, déterminée à coopérer avec le procureur. Son témoignage, très attendu, devrait durer plusieurs jours. Il est vital pour M. Starr, dont l’enquête n’a encore donné aucun résultat probant, faute notamment d’avoir obtenu la coopération de Monica Lewinsky. M. Bakaly a d’ailleurs précisé hier qu’«aucune décision» n’avait encore été prise sur l’opportunité de transmettre au Congrès un rapport sur l’enquête. Dans ses conversations, «des centaines d’heures sur quinze mois», selon Linda Tripp, Monica Lewinsky s’était apparemment confiée sans méfiance à sa frustration au fur et à mesure qu’il s’éloignait, mais aussi sa détermination à mentir à la justice pour cacher leur liaison. Linda Tripp a affirmé avoir enregistré Monica Lewinsky parce qu’elle se sentait «en danger si elle disait la vérité» à la justice. Mme Tripp avait dû témoigner dans le cadre de l’affaire Paula Jones, et a affirmé sous serment que Mlle Lewinsky lui avait demandé avec insistance de mentir. «On m’avait demandé de participer à un complot visant à cacher la vraie nature des relations de Monica Lewinsky et du président», avait-elle également indiqué le 29 janvier dans un communiqué. Avant sa comparution, la presse américaine rapportait hier de nouvelles révélations, apportant une dimension pathétique à la liaison supposée de M. Clinton avec Monica Lewinsky, à l’époque jeune stagiaire à la Maison- Blanche. Dale Young, 47 ans, une amie de Monica ayant témoigné mardi dernier devant le grand jury, a raconté à l’hebdomadaire «Newsweek» que M. Clinton et la jeune stagiaire n’avaient jamais eu de relations sexuelles «complètes», le président estimant dès lors qu’il ne s’agissait pas de relations sexuelles. Il s’agissait, a-t-elle précisé, d’attouchements intimes dans une pièce attenante au bureau ovale, et de conversations érotiques au téléphone. Mme Young évoque aussi des fellations, qui selon elle n’en étaient pas pour le président, étant inachevées. M. Clinton avait selon elle expliqué à Monica Lewinsky qu’il n’avait «confiance en personne, que certaines personnes avaient raconté leur histoire». Par ces limites, il voulait apparemment se protéger. Le président aurait rompu avec une Monica Lewinsky désespérée en septembre 1997. «Il voulait que Chelsea soit fière de lui, il voulait être un bon mari et ne voulait plus rien faire de tout cela», a expliqué Mme Young. Quelques jours plus tard, elle avait reçu un petit mot de Lewinsky. «Je pense que c’est la fin de ce traumatisme. Je voudrais juste que mon cœur ne soit pas brisé par tout cela», avait écrit Monica. (AFP)
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