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Actualités - Chronologie

Les braconniers menacent de disparition plusieurs espèces d'esturgeons du Danube

Les trafiquants de caviar, d’anciens chômeurs reconvertis dans la contrebande de l’or noir, sont ces dernières années de plus en plus nombreux à pratiquer un braconnage extensif dans le delta du Danube (est), menaçant de disparition totale plusieurs espèces d’esturgeons. En pleine période de fraye alors que la pêche est strictement interdite, chaque jour des dizaines de tonnes de poissons, notamment d’esturgeons, tombent dans les filets à fines mailles ou parfois même en plastic des contrebandiers. Au grand jour des camions chargent les précieuses cargaisons pour les acheminer ensuite vers Bucarest ou les grandes villes du pays. Sur le pont de Giurgeni (100 km à l’est de Bucarest) des dizaines de contrebandiers brandissent en direction des automobilistes d’imposants esturgeons et proposent le kilo de caviar à moins de 100 dollars. «Les couples d’esturgeons qui réussissent après avoir échappé aux filets à franchir le delta pour remonter le Danube, doivent être aujourd’hui considérés comme des rescapés», explique Cornel, le capitaine d’une petite embarcation. Les gardes de la réserve naturelle du Danube estiment à plusieurs milliers de tonnes annuelles les prises des braconniers qui dans leur majorité sont des villageois du delta. «Nous n’avons aucun contrôle sur les captures et ignorons même l’évolution des différentes espèces d’esturgeons», déplore M. Grigore Baboianu, le directeur de la réserve. «De nombreux pêcheurs autorisés vendent également au noir leur poisson qui leur est payé dix fois plus que par les compagnies pour lesquels ils travaillent. Il faut changer le système de distribution», ajoute M. Baboianu. «Dans cette région sinistrée depuis 1990 où de nombreuses industries ont mis la clef sous la porte, les jeunes chômeurs sont rentrés au village et venus décupler les rangs des braconniers», explique Gheorge Costache, le chef des gardes de la réserve naturelle. «Sur les 36 agents que nous avions recrutés en 1990, il n’y en a plus que 12 encore en activité», souligne le responsable de la région de Tulcea (220 km au nord-est de Bucarest) Pavel Gheba. «Comment voulez-vous que nos gardes qui gagnent au maximum 400.000 lei (350 FF) par mois alors qu’un contrebandier peut ramasser jusqu’à 10 millions de lei (8000 FF) de poisson par jour, échappent à la corruption?», s’interroge-t-il. Une période révolue Sur la plus grande zone marécageuse d’Europe à l’ouest de la Volga, peuplée d’environ 15.000 habitants dont l’occupation principale est la pêche, une centaine de gardes dépourvus de moyens sont chargés d’empêcher le braconnage ainsi que de recenser et protéger les espèces rares comme la cigogne noire, le pélican blanc ou le cormoran nain. Disposant d’un nombre restreint d’embarcations n’ayant le droit de dresser des procès verbaux qu’en présence de représentants des forces de l’ordre alors que le montant des amendes est dérisoire par rapport aux gains escomptés de la contrebande, les gardes ont temporairement baissé les bras sur cet aspect répressif et impopulaire de leur activité. Ils préfèrent consacrer leur temps à la protection de la faune et de la flore qui requiert la collaboration des villageois. Sur les rives du delta, l’interdiction de pêcher ne semble guère émouvoir les vieux Lipovènes, qui tout en se versant des verres d’alcool à 90 degrés filtré dans une tranche de pain noir, surveillent distraitement leurs filets. Pour ces descendants des Russes, qui semblent à peine débarqués du XVIIIe siècle, une période est révolue et il ne restera bientôt que de vieilles photos jaunies des pêches miraculeuses au cours desquelles ils exhibaient avec fierté de magnifiques esturgeons plus grands qu’eux. (AFP)
Les trafiquants de caviar, d’anciens chômeurs reconvertis dans la contrebande de l’or noir, sont ces dernières années de plus en plus nombreux à pratiquer un braconnage extensif dans le delta du Danube (est), menaçant de disparition totale plusieurs espèces d’esturgeons. En pleine période de fraye alors que la pêche est strictement interdite, chaque jour des dizaines de tonnes de poissons, notamment d’esturgeons, tombent dans les filets à fines mailles ou parfois même en plastic des contrebandiers. Au grand jour des camions chargent les précieuses cargaisons pour les acheminer ensuite vers Bucarest ou les grandes villes du pays. Sur le pont de Giurgeni (100 km à l’est de Bucarest) des dizaines de contrebandiers brandissent en direction des automobilistes d’imposants esturgeons et proposent le kilo de caviar à...