Un des barons du gaullisme, Charles Pasqua, a lancé ce week-end une nouvelle croisade contre le traité d’Amsterdam, ouvrant une brèche de plus dans le front de la droite modérée française, qui vacille depuis sa défaite aux élections législatives anticipées il y a un an. L’ancien ministre de l’Intérieur a menacé de rompre avec le parti gaulliste RPR si celui-ci appelait à ratifier le traité, au risque de s’opposer au président de la République Jacques Chirac, fondateur du RPR en 1976. «Quelles que soient les difficultés, les ruptures ou les attaques qui seront portées contre moi, je ne transigerai pas», a déclaré M. Pasqua devant quelque 600 militants de son «club de réflexion» Demain la France, réuni pour la première fois en congrès en banlieue parisienne. Il répondait à l’ancien mentor du jeune Jacques Chirac, Marie-France Garaud, qui l’avait mis en garde contre une action hostile à «l’un des nôtres qui gouverne». Pour M. Pasqua, 71 ans, en souscrivant au traité d’Amsterdam qui prévoit la refonte des institutions européennes et l’élargissement de l’Union européenne, le RPR abandonnerait «une des raisons majeures de son existence», la défense de la souveraineté nationale. M. Pasqua en a appelé à M. Chirac pour qu’il convoque un référendum sur ce texte qui nécessite une modification de la Constitution française. M. Chirac avait dit récemment qu’il n’y avait pas «motif à référendum» pour l’adoption de la révision constitutionnelle rendue nécessaire par le traité d’Amsterdam. Gaulliste de la première heure, M. Pasqua a également mis au pied du mur le président du RPR Philippe Séguin, à l’époque son compagnon de combat anti-Maastricht, qui ne s’est pas exprimé sur la question. Mais son initiative a surtout constitué un nouvel embarras pour la droite modérée qui se cherche désespérément une cohésion pour redevenir une force crédible face à la gauche au pouvoir, un an après la dissolution ratée de l’Assemblée nationale. Le séisme des régionales Après un nouveau séisme aux élections régionales de mars dernier, où le Front national d’extrême droite avait joué les arbitres dans la désignation de certains présidents de région, provoquant de graves divergences en son sein, la droite parlementaire a tenté de reprendre le dessus, en s’unissant il y a quelques semaines dans une confédération, l’Alliance. Les statuts de l’Alliance, qui regroupe le RPR et la nébuleuse libérale et centriste de l’UDF, dirigée par l’ancien ministre de la Défense François Léotard avec ses alliés, Force démocrate (centriste) de François Bayrou et démocratie libérale de l’ancien ministre ultra-libéral de l’Economie Alain Madelin, doivent être présentés avant le 14 juillet. Cette unité balbutiante a déjà été mise à mal par des propos très controversés de l’ancien premier ministre gaulliste Edouard Balladur, proposant la création d’une «commission de réflexion» sur la préférence nationale ouverte au Front national, dont les thèses sécuritaires et anti-immigration recueillent l’adhésion de 15% des électeurs. Devant le tollé, M. Balladur, qui avait renoncé à se présenter à la présidence de la région parisienne pour ne pas devoir son élection à des voix du FN, persiste et signe. Dans l’hebdomadaire «Le Journal du Dimanche », il estime qu’il s’agit de «beaucoup de bruit, pas pour rien». Evoquant la différence des droits sociaux en Europe, il estime qu’il s’agit d’un «vrai sujet» et demande que l’on «vide le côté passionnel des choses». (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Un des barons du gaullisme, Charles Pasqua, a lancé ce week-end une nouvelle croisade contre le traité d’Amsterdam, ouvrant une brèche de plus dans le front de la droite modérée française, qui vacille depuis sa défaite aux élections législatives anticipées il y a un an. L’ancien ministre de l’Intérieur a menacé de rompre avec le parti gaulliste RPR si celui-ci appelait à ratifier le traité, au risque de s’opposer au président de la République Jacques Chirac, fondateur du RPR en 1976. «Quelles que soient les difficultés, les ruptures ou les attaques qui seront portées contre moi, je ne transigerai pas», a déclaré M. Pasqua devant quelque 600 militants de son «club de réflexion» Demain la France, réuni pour la première fois en congrès en banlieue parisienne. Il répondait à l’ancien mentor du jeune...