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Actualités - Conferences De Presse

Baalbeck an II de l'ère nouvelle L'Occident classy.... et Feyrouz l'éternelle (photos)

Conférence de presse du comité hier pour annoncer le programme: le festival de Baalbeck se met cet été aux couleurs de l’Allemagne. Pour célébrer le centenaire de la visite au temple du Kaiser Guillaume II qui, ébloui par la splendeur des ruines, y a envoyé ensuite une mission archéologique dont les travaux font encore autorité. Retour au présent et au festival: l’orchestre symphonique de Radio Stuttgart; l’illustrissime Herbie Hancock et son quartette; Fadia el-Hage accompagnée de l’Ensemble hispano-orientalo-médiéval Sarband ainsi que du chœur d’Osnabruck Jugend et de Charbel Rouhana; Nina Simone, la grande prêtresse de la musique soul; «Urban Sax» de Gilbert Artman et les Orgues à feu de Michel Moglia. Et le retour tant attendu de la grande Feyrouz, dont la voix a tant de fois fait frissonner les foules à Baalbeck... Le festival de Baalbeck offre donc, après la paix retrouvée, une deuxième édition de son nouveau cycle. Un menu évidemment plus riche que le hors-d’œuvre de l’an dernier (Rostropovitch et Caracalla). — Coup d’envoi jeudi 23 juillet, puis le lendemain vendredi avec l’orchestre symphonique de Radio Stuttgart. Cent six musiciens, 120 choristes et quatre solistes joueront Beethoven (Leonore-ouverture N°3, et Neuvième symphonie) sous la direction du maestro Georges Prêtre. La même formation, cette fois sous la direction de Carl St-Clair, se produit samedi 25 juillet, dans la Rhapsodie in blue et An American in Paris de Gershwin. Ensuite le Feuervogel de Stravinski puis le Boléro de Ravel. L’orchestre symphonique de la Radio de Stuttgart a été fondé en 1945, quand le gouvernement militaire américain installe pour ses troupes une formation bien yankee à Radio Stuttgart. l Georges Prêtre a débuté sa carrière en 1946, à l’âge de 22 ans, à l’Opéra de Marseille. En 1956, il entre à l’Opéra-Comique où il dirige tout le répertoire et demeure chef permanent de l’Opéra de Paris jusqu’en 1963. A la même époque, il dirige plusieurs saisons au Metropolitan de New York et travaille en étroite collaboration avec la Scala de Milan. En 1966, il est nommé directeur de la musique à l’Opéra de Paris et dirige de nombreux orchestres philharmoniques européens, dont ceux de Berlin, Londres et Vienne... Il a à son actif de nombreux enregistrements tant lyriques que symphoniques. En 1989, il participe au pupitre à l’inauguration de l’Opéra-Bastille. En 1994, hommage lui est rendu, à l’occasion de son 70e anniversaire, à travers des concerts à Zurich, à Vienne, en la Basilique Saint-Denis de Paris et à l’Opéra-Bastille. En 1995, il est nommé «invité d’honneur» de l’orchestre symphonique de la Radio de Stuttgart. En septembre 1997, il ouvre la saison de l’Opéra de Paris avec le Turandot de Puccini. l Carl St-Clair est, quant à lui, natif du Texas. Il a dirigé en février dernier l’orchestre symphonique de la Radio de Stuttgart interprétant les symphonies du Brésilien Heitor Villa-Lobos. C’est un spécialiste du répertoire romantique allemand. Il commence à travailler en 1986 avec Seiji Ozawa et l’orchestre philharmonique de Boston. Depuis six ans, il se consacre à son propre orchestre qui concurrence aujourd’hui les formations américaines les plus prestigieuses. Son dernier enregistrement: les œuvres classiques du compositeur nippon Toru Takemitsu, disparu l’année dernière. l Aux côtés des musiciens de Stuttgart, le chœur de la Fondation «Podium Junger Musiker», composé de jeunes talents. Ils accompagnent quatre solistes: le baryton Gregg Baker; le mezzo-soprano Cornelia Kallish; le soprano Elizabeth Whitehouse; et le ténor Glenn Winslade. — Le quartette de Herbie Hancock illuminera la soirée du 1er août de notes de rythm’n’blues. Pianiste-compositeur, né en 1940 à Chicago, Herbie Hancock se produit à 11 ans avec l’orchestre symphonique de Chicago dans des œuvres de Bach et de Mozart. Il découvre le jazz avec Oscar Peterson, Bill Evans et George Shearing et se passionne au même moment pour l’électronique. Il obtient ainsi deux diplômes, en musique et en génie électrique. Dès la fin des années 50, il choisit le jazz, joue avec Coleman Hawkins et il est entraîné à New York par le trompette Donald Byrd. En 1963, il rejoint Miles Davis. Il forme avec lui un quintette qui deviendra une des plus importantes petites formations de jazz moderne. Cinq ans plus tard Herbie Hancock forme un sextette et se tourne vers l’electrofunk et le rythm & blues. Le disque «Headhunters», du nom du groupe, sort en 1973. Ce sera l’album de jazz le plus vendu dans l’histoire, avec plus d’un million d’exemplaires. Dans les années 80, Hancock introduit massivement les synthétiseurs dans sa musique, au goût du jour. Auteur de musique de films, il remporte l’Oscar en 1987 pour la musique de «Around Midnight» de Bertrand Tavernier. 1994, album de dance music. 1996, il revient au jazz avec «The new standards» dans lequel il adapte des succès des Beatles, de Simon & Garfunkel, de Prince, de Peter Gabriel... A Baalbeck, Herbie Hancock sera accompagné de Carig Handy au saxophone, de Gene «Action» Jackson à la batterie et de Kenny Davis à la contrebasse. — Les jeudi 6 et vendredi 7 août, c’est la musique traditionnelle médiévale hispano-orientale qui sera au programme avec Fadia el- Hage accompagnée de l’Ensemble Sarband, du chœur d’Osnabruck Jugend, avec la participation exceptionnelle de Charbel Rouhana. l «Sarband» est un mot qui vient du perse et de l’arabe pour désigner un morceau improvisé reliant deux parties d’une suite. C’est un ensemble créé en 1986 par Vladimir Ivanoff. Le but de cette formation est de mettre en évidence les liens qui existent entre la musique européenne et les cultures musicales islamiques et juives. Sarband se veut une symbiose Orient-Occident. Des musiciens turcs, italiens, anglais, bulgares, arabes et allemands utilisent des instruments hauts en couleur, des techniques de chant, un jeu en partie improvisatif. Sarband s’est constitué un répertoire unique en son genre, apprécié aux quatre coins du monde. «Sarband est certainement l’ensemble de musique médiévale le plus original», écrit la presse spécialisée allemande. Vladimir Ivanoff, l’initiateur de cet ensemble, est bulgare. Docteur en musicologie et luthiste, «son intérêt pour la musique ancienne ne vient pas de son respect des traditions, mais plutôt de son désir de renouveler celle-ci et d’y incorporer sciemment les connaissances auditives modernes». l Fadia el-Hage, qui chante avec le groupe, est la fille du peintre libanais Maroun Tomb. Elle a commencé avec les frères Rahbani alors qu’elle était encore à l’école. A partir du milieu des années 80, elle s’installe en Allemagne où elle travaille sa voix à l’école de musique Richard-Strauss à Mu-nich, jusqu’en 1990. Pendant ses études, elle a participé à des enregistrements de l’opéra de Munich et de la radio classique bavaroise. Depuis 1990, elle est la première soliste du groupe Sarband avec lequel elle a enregistré de nombreux Cds, «From Spain to Spain», «Libre Vermeil», «Fallen Women»... — La lyre des six colonnes vibrera au rythme de la soul, samedi 8 août avec Nina Simone. De son vrai nom Eunice Waymon, elle est née en 1933 dans une petite ville de Caroline du Nord. Sixième d’une famille de huit enfants, elle commence à jouer du piano dans des fêtes locales à l’âge de huit ans. Remarquée, elle effectue des études musicales à la célèbre «Julliard School» de New York et ensuite au «Curtis Institut» de Philadelphie. Au début des années cinquante, ne trouvant pas de travail comme concertiste, elle accepte de chanter dans un night-club d’Atlantic City. Ses premiers enregistrements datent de la fin des années cinquante. «Don’t smoke in bed», «Little girl blue» et sa fameuse «I love you Porgy», tirée de Porgy & Bess, lui valent de gravir rapidement les escaliers de la gloire. Elle joue à Town Hall, à Carnegie Hall et dans les festivals de jazz, avec un répertoire qui va du gospel à la musique africaine, du blues au folklore, du classique aux morceaux de Duke Ellington. Elle participe, à l’instar d’autres artistes noirs américains, au grand mouvement de libération des Noirs dans les années soixante. Dégoûtée du racisme et du monde du showbiz, elle quitte les Etats-Unis à la fin des années soixante et s’installe en Afrique, dans les Caraïbes, puis en Europe. Elle revient cependant à la scène en 1984 où elle joue pendant une semaine au célèbre Ronnie Scott’s Club de Londres. Femme de cœur et de talent, «la grande prêtresse de la soul» donnera un concert unique. — Feyrouz, notre ambassadrice auprès des étoiles, enchantera de sa présence et de sa voix six soirées, vendredi 14, samedi 15, dimanche 16, jeudi 20, vendredi 21 et samedi 22 août. Ce sont les marches de Baalbeck qui accueillent ces Nuits libanaises. On pourra découvrir ou réécouter les musiques d’Assi et Mansour Rahbani, qui ont marqué de leur griffe les nuits baalbakiotes pendant deux bonnes décennies. Des extraits de «Jisr el Kamar», «Jibal As Souane», «Natourat el Mafatih»... Sous la direction de Mansour Rahbani, avec la participation d’Elias (le frère cadet) et de Ziad (le fils d’Assi et Feyrouz). La grande Feyrouz sera accompagnée d’une troupe de dabké. La mise en scène du spectacle est signée Daniele Abbado et Serge Fazlian. — Les festivités se clôtureront les vendredi 28 et samedi 29 août par une création originale, Urban Sax, de Gilbert Artman et les Orgues à feu de Michel Moglia. Urban Sax est un spectacle multidimensionnel intégrant des recherches acoustiques et architecturales, mettant en scène 90 artistes: musiciens, chanteurs, danseurs, organistes et… spéléologues-varappeurs! Le spectacle sera présenté en trois parties: un prologue et une déambulation utilisant tout l’espace de l’acropole (cour hexagonale, colonnes du temple de Jupiter, tunnel, temple de Bacchus...); un final dans la grande cour où les artistes se déplaceront autour du public. «L’orgue à feu produit des sons hallucinants, mystérieux, difficiles à décrire», écrit Yves Blanc, critique à Arte. «Imaginez un mélange de chants de baleine, de trompes tibétaines, de flûtes africaines et de réacteurs d’avion. Un son comme vous n’en avez jamais entendu, si ce n’est peut-être dans vos rêves, qui secoue jusqu’aux entrailles et titille l’imaginaire...» Toutes les représentations commencent à 20h30. Les prix des 3.400 places varieront entre 30.000 LL et 200.000 LL.
Conférence de presse du comité hier pour annoncer le programme: le festival de Baalbeck se met cet été aux couleurs de l’Allemagne. Pour célébrer le centenaire de la visite au temple du Kaiser Guillaume II qui, ébloui par la splendeur des ruines, y a envoyé ensuite une mission archéologique dont les travaux font encore autorité. Retour au présent et au festival: l’orchestre symphonique de Radio Stuttgart; l’illustrissime Herbie Hancock et son quartette; Fadia el-Hage accompagnée de l’Ensemble hispano-orientalo-médiéval Sarband ainsi que du chœur d’Osnabruck Jugend et de Charbel Rouhana; Nina Simone, la grande prêtresse de la musique soul; «Urban Sax» de Gilbert Artman et les Orgues à feu de Michel Moglia. Et le retour tant attendu de la grande Feyrouz, dont la voix a tant de fois fait frissonner les foules à...