Vers une nouvelle purge d'islamistes dans les rangs de l'armée
le 17 juin 1998 à 00h00
Le Conseil militaire suprême de Turquie s’est réuni en session extraordinaire mardi à Ankara pour effectuer une nouvelle purge dans les rangs de l’armée en expulsant des officiers et sous-officiers suspects de sympathies fondamentalistes. Réuni sous la présidence du premier ministre, Mesut Yilmaz, le Conseil, plus haut organe exécutif militaire turc, regroupe 15 chefs militaires de haut rang et le ministre de la Défense. Plus d’une centaine d’officiers et de sous-officiers avaient été radiés de l’armée lors de la dernière réunion du Conseil en mai 1997. L’armée, qui se considère comme la garante du caractère laïc de l’Etat, est très sensible à toute tentative d’infiltrer ses rangs par les islamistes. Elle réclame depuis plusieurs mois une lutte plus efficace contre le fondamentalisme de la part du gouvernement de M. Yilmaz. Elle demande notamment la stricte application de lois existantes sur la tenue vestimentaire dans la fonction publique et les universités, le renforcement des mesures contre les activités des groupes islamistes et une étroite surveillance des sociétés et organisations soupçonnées de soutenir financièrement les activités fondamentalistes. Le gouvernement de coalition minoritaire de M. Yilmaz avait préparé en mars dernier une dizaine de projets de loi en vue de renforcer la lutte contre le fondamentalisme religieux. Mais depuis, ces projets n’ont pu être discutés au Parlement en raison de la présence d’une opposition au sein du Parti conservateur de M. Yilmaz. Celui-ci a récemment tenté d’endiguer cette opposition en remplaçant au sein des commissions du Parlement les députés de son parti, réputés les plus conservateurs, par d’autres élus, notamment des anciens officiers. La forte pression des militaires et d’autres milieux pro-laïcs, hostiles à la présence des islamistes au pouvoir, avait entraîné en juin 1997 la démission du premier ministre islamiste Necmettin Erbakan, alors au pouvoir depuis un an. Il avait été remplacé par le gouvernement de coalition tripartite pro-laïc de M. Yilmaz. En janvier dernier, M. Erbakan a été interdit de politique pour cinq ans et son Parti de la prospérité (Refah) a été dissous par la Cour constitutionnelle pour «activités contraires à la laïcité de l’Etat». Dès lors, les membres du parti dissous forment le parti Fazilet (vertu) présidé par Mme Erbakan, épouse du premier ministre déchu. (AFP)
Le Conseil militaire suprême de Turquie s’est réuni en session extraordinaire mardi à Ankara pour effectuer une nouvelle purge dans les rangs de l’armée en expulsant des officiers et sous-officiers suspects de sympathies fondamentalistes. Réuni sous la présidence du premier ministre, Mesut Yilmaz, le Conseil, plus haut organe exécutif militaire turc, regroupe 15 chefs militaires de haut rang et le ministre de la Défense. Plus d’une centaine d’officiers et de sous-officiers avaient été radiés de l’armée lors de la dernière réunion du Conseil en mai 1997. L’armée, qui se considère comme la garante du caractère laïc de l’Etat, est très sensible à toute tentative d’infiltrer ses rangs par les islamistes. Elle réclame depuis plusieurs mois une lutte plus efficace contre le fondamentalisme de la part du...
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