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Actualités - Chronologie

Les menaces de bombardement de l'Otan laissent les serbes incrédules

Les Serbes, dans leur immense majorité, ne croient pas que l’OTAN puisse les bombarder en cas de poursuite du conflit au Kosovo, mais redoutent des sanctions économiques qui leur empoisonneraient la vie. «Les Américains tiennent trop à la stabilité des Balkans pour se lancer dans une aventure aux conséquences imprévisibles», estime un policier rentré du Kosovo, où les forces de sécurité serbes sont confrontées aux indépendantistes albanais. «Mais je crains des sanctions qui nous feraient revivre le cauchemar d’il y a quelques années», dit-il. En 1993, l’ONU avait imposé un embargo pétrolier, économique, aérien et financier à la Yougoslavie (RFY - Serbie et Monténégro), accusée d’être le principal responsable de la guerre en Bosnie. L’inflation avait atteint un taux mensuel à cinq chiffres, le gouvernement avait dû introduire des cartes de rationnement et quatre des dix millions d’habitants de la RFY s’étaient retrouvés en dessous du seuil de pauvreté avec 20 dollars de revenus par mois. Le Groupe de Contact (Etats-Unis, Russie, Allemagne, France, Italie, Grande-Bretagne) a sommé vendredi le président Slobodan Milosevic de mettre à profit sa visite à Moscou en début de semaine pour annoncer l’arrêt des violences au Kosovo, sous peine de nouvelles sanctions voire d’une intervention militaire. Ces six pays ont confirmé leur décision de geler tout nouvel investissement en Serbie ainsi que les fonds détenus à l’étranger par le gouvernement serbe et celui de la RFY et ont approuvé le principe d’une interdiction des vols de la compagnie aérienne yougoslave (JAT) dans leurs pays. La Russie ne s’est pas associée à ces mesures. Les nationalistes montrés du doigt Siège de l’empire médiéval serbe, le Kosovo a toujours alimenté la mythologie nationale. Mais aujourd’hui, le cœur n’y est plus. Milan Milojevic, un ancien officier converti en chauffeur de taxi, a fait la guerre en Croatie et combattu en Bosnie comme volontaire. «Pour rien au monde je n’irai me battre au Kosovo. Voyez ce que je suis devenu pour avoir écouté ces fous nationalistes», dit-il. «Je ne crois pas qu’on puisse nous bombarder, mais peut-être faudrait-il bombarder Dedinje (quartier de Belgrade où réside Milosevic). Le pire, c’est que Miloseic s’en tirera. Les sanctions et la fermeture des frontières seront pour nous». Plusieurs centaines de policiers ont démissionné ou ont été licenciés après avoir refusé de combattre au Kosovo. L’armée (VJ) refuse elle aussi d’être impliquée davantage dans le conflit. Dans une adresse à la troupe à l’occasion de la Journée de la VJ, sont chef d’état-major, le général Momcilo Persisic, appelle à un règlement pacifique. La VI «défend les frontières de l’Etat pratiquement dans des conditions de combat» et elle a ainsi «créé des conditions pour que les intérêts nationaux vitaux soient préservés par des moyens diplomatiques et politiques», écrit-il, selon l’agence Tanjug. Un général à la retraite, Svetozar Carevic, cité par le quotidien indépendant Danas, estime qu’«il n’y a pas de bonne armée sans bon commandant». «Notre commandant, c’est Milosevic et nous savons comment s’est terminée la guerre en Croatie et en Bosnie. Il y a de moins en moins de gens prêts à se faire tuer pour des slogans rebattus du genre: le Kosovo, notre berceau», dit-il. Le quotidien Novosti, proche du pouvoir, publie lui aussi des lettres de lecteurs appelant les autorités à la raison. L’un d’entre eux, Andreja Milenkovic, estime que «le dernier moment est venu pour cesser de tenir tête aux puissances occidentales», citant l’exemple du gouvernement modéré des Serbes de Bosnie. Vuk, un jeune Serbe de Pristina (chef-lieu du Kosovo) «doute», lui aussi, «que l’OTAN puisse nous bombarder». «Je conçois mal que l’on puisse attaquer un pays souverain qui n’a pas attaqué un autre pays. Je pense qu’on veut simplement nous effrayer», dit-il. (AFP)
Les Serbes, dans leur immense majorité, ne croient pas que l’OTAN puisse les bombarder en cas de poursuite du conflit au Kosovo, mais redoutent des sanctions économiques qui leur empoisonneraient la vie. «Les Américains tiennent trop à la stabilité des Balkans pour se lancer dans une aventure aux conséquences imprévisibles», estime un policier rentré du Kosovo, où les forces de sécurité serbes sont confrontées aux indépendantistes albanais. «Mais je crains des sanctions qui nous feraient revivre le cauchemar d’il y a quelques années», dit-il. En 1993, l’ONU avait imposé un embargo pétrolier, économique, aérien et financier à la Yougoslavie (RFY - Serbie et Monténégro), accusée d’être le principal responsable de la guerre en Bosnie. L’inflation avait atteint un taux mensuel à cinq chiffres, le...