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Actualités - Conferences Et Seminaires

Retrouvailles d'un groupe d'amis Quand les archéologues fouillent leurs souvenirs... (photo)

C’est en fouillant ensemble le site de Tyr, de 1969 à 1974, dans le cadre d’une expédition menée par le professeur James Pritchard (Université de Pennsylvanie) que Pierre Bikai, Patricia Bikai, Martha Jukovsky et Julia Castello ont noué une amitié solide. Aujourd’hui, près de 25 ans plus tard, ce groupe d’archéologues libanais et américains se retrouve à Beyrouth. Réunis au Musée de l’A.U.B., autour d’une table ronde sur le thème «De Sarafand dans les années 60 aux fouilles d’aujourd’hui», ils ont raconté, chacun, son parcours et son expérience. Le groupe s’est également rendu à Tyr. Une sorte de pèlerinage-souvenir. Impressions de Pierre Bikai... Né à Mousseitbé, Pierre Bikai est originaire de Kfarnabrakh (Chouf). Installé depuis de longues années aux Etats-Unis, il a fait ses études à l’Université Berkeley de Californie. Aujourd’hui, il est installé à Amman où il est, depuis 7 ans, directeur de l’ACOR (American center of oriental research). Avec sa femme américaine Patricia, directeur associé, il travaille sur les sites de Petra, d’Amman et de Makdaba. Martha Jukovsky, professeur à Brown University, Providence, travaille quant à elle sur le Grand temple de Petra. Enfin, Julia Castello vit aux Etats-Unis où elle a créé sa propre compagnie de «ressources culturelles». «C’est à Leila Badre, directeur actuel du Musée de l’A.U.B., que nous devons notre rencontre d’aujourd’hui», souligne Pierre Bikai. «A l’époque du «chantier» de Sarafand, elle faisait partie de notre équipe de travail». Il se souvient de l’émir Maurice Chéhab, alors directeur du site. «Cet homme a beaucoup fait pour Tyr et le site n’aurait pas été le même sans lui. Il a pu protéger le site de l’infrastructure et des constructions de la ville alentour. Malheureusement, la guerre a tout arrêté». Vingt-cinq ans plus tard, comment a-t-il trouvé le site de Tyr? «Presque dans le même état dans lequel nous l’avions quitté», répond-il. «Je suis heureux de constater qu’on en prend bien soin, qu’il y a eu très peu de destructions». A son avis, maintenant que le calme est revenu et que Tyr a été déclarée par l’UNESCO patrimoine international, il y a deux choses importantes qui doivent d’abord être faites: la publication de tout ce qui a été mis au jour et la mise en valeur du site. «Au début des années 70, ma femme (qui a mis au jour le temple d’Apollon) et moi avions contribué à la publication, par Martha Jukovsky, d’un livre sur Tyr. Nous y avions inclus toutes les notes que nous avions prises lors des fouilles. Toutefois, il restait beaucoup à faire car il ne faut pas oublier l’importance du site», indique Pierre Bikai. «Je pense qu’avant d’envisager d’éventuelles nouvelles fouilles, il faut commencer d’abord par faire un «inventaire» complet du site puis publier tous les éléments qui n’avaient pas pu l’être à cause de la guerre». Et d’ajouter: «Nombreux sont les étudiants et les experts qui souhaiteraient faire ce travail; et cela ne devrait pas forcément coûter trop cher». Il note enfin que «tout travail de restauration doit impérativement être noté et publié afin que l’on puisse repérer les interférences des archéologues». Quant à la mise en valeur du site, l’archéologue souligne qu’il faut d’abord l’expliquer afin de le rendre «accessible» à tous. «Il faut que les Libanais connaissent et comprennent leur héritage et leurs richesses. Pour cela, il est important de présenter le site à travers des publications «populaires» et non spécialisées», dit-il.«Notre rôle aujourd’hui, en tant que gardiens du site, est d’en promouvoir les valeurs économiques, historiques, artistiques...», ajoute-t-il. «Sur le plan économique, si des hôtels, restaurants et boutiques de souvenirs étaient construits autour du site, la communauté de Tyr pourrait en profiter et en vivre. Le tourisme n’était-il pas la principale source de revenus du pays? Et archéologie et tourisme peuvent aller de pair». Pour Pierre Bikai, mieux vaut ne pas démarrer un chantier de fouilles si on n’a pas les moyens — matériels ou autre — d’assurer ensuite la protection du site, sa conservation, ainsi que sa présentation (publication de documents). «Il faut assurer l’accès aux visiteurs sans risquer que cet accès ne cause de dégâts ou d’impact négatif», note-t-il. Existe-t-il au Liban suffisamment d’experts et de professionnels? «Il y en a quelques-uns, mais une aide étrangère est encore nécessaire car la technologie est en perpétuel développement et certaines techniques et spécialisations ne sont pas maîtrisées au Liban», affirme-t-il. Techniques A propos de technique de conservation, Bikai indique qu’«en attendant d’en trouver une fiable, sûre et définitive, les archéologues doivent assurer un suivi de leurs initiatives et contrôler en permanence les conséquences de leurs actes». En Jordanie, ACOR a construit cinq «abris» pour protéger les sites. «Ce sont des sortes de tentes, de parapluies géants, qui empêchent la pluie, le sable ou encore le soleil — ennemi juré des mosaïques — de faire des dégâts», explique Bikai. «C’est une méthode de protection qui n’est pas encore très répandue dans le monde et qui reste assez coûteuse», poursuit-il. Une autre solution, le «back filling» (enterrement). «C’est la manière la moins chère de conserver un site», dit-il. Parmi les moments forts de sa vie d’archéologue, Pierre Bikai cite, pêle-mêle, «l’archéologie sous-marine en Turquie, à 160 pieds; la mise au jour d’une pyramide en Egypte, dans le cadre d’une expédition de Berkeley et un «chantier» intéressant en Irak...» A Petra, il a participé récemment à la mise au jour d’une église ornée de merveilleuses mosaïques. «Nous quittons Beyrouth pour préparer l’inauguration de cette église, prévue pour le 8 juillet prochain», conclut-il. Et ainsi va la vie, de découverte en découverte...
C’est en fouillant ensemble le site de Tyr, de 1969 à 1974, dans le cadre d’une expédition menée par le professeur James Pritchard (Université de Pennsylvanie) que Pierre Bikai, Patricia Bikai, Martha Jukovsky et Julia Castello ont noué une amitié solide. Aujourd’hui, près de 25 ans plus tard, ce groupe d’archéologues libanais et américains se retrouve à Beyrouth. Réunis au Musée de l’A.U.B., autour d’une table ronde sur le thème «De Sarafand dans les années 60 aux fouilles d’aujourd’hui», ils ont raconté, chacun, son parcours et son expérience. Le groupe s’est également rendu à Tyr. Une sorte de pèlerinage-souvenir. Impressions de Pierre Bikai... Né à Mousseitbé, Pierre Bikai est originaire de Kfarnabrakh (Chouf). Installé depuis de longues années aux Etats-Unis, il a fait ses études à...