Une manifestation d'est-timorais violemment réprimée à Djakarta
le 13 juin 1998 à 00h00
L’armée indonésienne a violemment brisé hier à Djakarta une manifestation de plus de 1.500 étudiants qui réclamaient l’indépendance pour le Timor Oriental, une ancienne colonie portugaise annexée en 1976 par l’Indonésie. Selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères, deux étudiantes ont été blessées et conduites à l’hôpital pour traitement, et un soldat a été atteint au visage par une pierre. La troupe, forte de mille hommes environ, a avancé en milieu de journée sur les manifestants regroupés devant le ministère des Affaires étrangères. Quelques heures auparavant à Dili, la capitale est-timoraise, 12 indépendantistes amnistiés par le président Habibie avaient été libérés de prison. L’intervention des soldats a été rapide et violente. Les manifestants, le front ceint de bandeaux avec le mot «référendum» et de photographies de leur leader emprisonné Xanana Gusmao, les manifestants ont tenté de riposter mais ont fini par être traînés de force dans les 16 autobus amenés par la sécurité, selon des témoins. Un porte-parole de la Croix-Rouge Internationale à Djakarta a indiqué que l’organisation avait envoyé des représentants rejoindre les étudiants là où ils avaient été transférés. Les manifestants avaient annoncé dans la matinée qu’ils ne bougeraient pas avant d’être reçus par le ministre des Affaires étrangères, Ali Alatas, qui se trouve en ce moment aux Philippines. Un statut spécial Le ministère des Affaires étrangères a indiqué dans son communiqué qu’une «action ferme et contrôlée» de l’armée avait été rendue nécessaire, les étudiants n’ayant pu être «persuadés» de se disperser. Le communiqué confirme que les étudiants «demandaient une révision du statut du Timor Oriental». Le président Yusuf Habibie a proposé dans une interview accordée en début de semaine d’accorder un «statut spécial» au territoire, mais cette solution a été rejetée d’emblée par les manifestants indépendantistes. La communauté internationale n’a jamais reconnu l’annexion du Timor Oriental et considère toujours le Portugal comme l’administrateur officiel du territoire. Des pourparlers se sont engagés en 1983 entre Lisbonne et Djakarta sous les auspices des Nations Unies pour tenter de trouver une solution à la question. Les manifestants de Djakarta demandaient aussi la libération du héros de la cause indépendantiste du Timor Oriental, Xanana Gusmao, qui purge une peine de 20 ans de réclusion dans une prison de Djakarta. Gusmao, ancien dirigeant du Front de Libération du Timor Oriental (Fretilin) avait été arrêté en 1992 et condamné l’année suivante pour possession illégale d’armements et tentative de complot contre l’Etat. Le gouvernement indonésien a refusé jusqu’à présent de libérer Gusmao. Mais il a autorisé sur ordre présidentiel la libération de 12 militants qui ont quitté hier leur prison de Dili et dont six devaient de toutes façons être libérés samedi au terme de leur peine. Les prisonniers libérés, brandissant le poing, ont déployé à leur sortie de prison des banderoles demandant un référendum pour le Timor Oriental. «Je suis soulagé d’être sorti», a déclaré l’un des prisonniers, Silverio Batista Ximenes, 22 ans, qui a cependant rappelé que de nombreux autres prisonniers politiques demeuraient toujours en prison. (AFP)
L’armée indonésienne a violemment brisé hier à Djakarta une manifestation de plus de 1.500 étudiants qui réclamaient l’indépendance pour le Timor Oriental, une ancienne colonie portugaise annexée en 1976 par l’Indonésie. Selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères, deux étudiantes ont été blessées et conduites à l’hôpital pour traitement, et un soldat a été atteint au visage par une pierre. La troupe, forte de mille hommes environ, a avancé en milieu de journée sur les manifestants regroupés devant le ministère des Affaires étrangères. Quelques heures auparavant à Dili, la capitale est-timoraise, 12 indépendantistes amnistiés par le président Habibie avaient été libérés de prison. L’intervention des soldats a été rapide et violente. Les manifestants, le front ceint de bandeaux...
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