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Actualités - Opinion

Vient de paraître Salah Stétié, ou le dialogue des cultures ...

Pleine lumière sur l’œuvre de Salah Stétié par le biais d’une traduction en arabe publiée par Dar An-Nahar de divers textes de ses multiples écrits soigneusement sélectionnés. Poète, essayiste, romancier, traducteur, auteur d’études littéraires, Salah Stétié est bien ici à l’image de ces «porteurs de feu» qu’il décrit si bien dans ses propres livres. Né à Beyrouth en 1929, élève du Collège Protestant, formé à l’U.S.J. et sorbonnard, ce fin lettré, alliant avec bonheur un sens érudit de la littérature et du droit, n’en est pas moins un brillant diplomate qui a occupé des postes importants à l’Unesco, à Paris et en Hollande. «Chaer al-Manhilein» (151 pages — Dar An-Nahar) (qui se traduirait approximativement par «Poète de deux cultures») est un ouvrage préfacé par Mousbah as-Samad qui a traduit aussi — avec infiniment de tact et de respect — des textes oscillant entre poésie, prose poétique et réflexions. Comment cerner ce flot d’images et de propos si l’on ne trace pas les limites mêmes de cet auteur qui s’est toujours battu plume à la main, pour un généreux «dialogue des cultures»… Libanais, arabe, musulman, méditerranéen, oriental, français et en tout cela humain, c’est ainsi que se présente Salah Stétié: Et son œuvre, dans ses diverses ramifications, est un vivant témoignage de cette réalité. A la fois amoureux et expert de la langue française, l’auteur de «L’eau froide gardée», en plus de plaisir de malaxer, sculpter et transfigurer cette langue, est bien celui qui succombe à la magie des mots, à l’éloquence du verbe et se bat surtout pour faire connaître «sa» propre culture, celle du monde arabe et de l’Islam. Riche multiplicité d’une création littéraire où l’Occident et l’Orient ont plus d’un point commun et où le mélange de l’Ancien et du Moderne est non seulement savoureux mais a des accents à la fois séduisants et convaincants. C’est ainsi que cohabitent en ces pages denses et au lyrisme contenu, en toute sagesse, Novalis et Majnoun Leila, les Mille et une nuits et Borges, Hölderling et Khalil Gebran, Jalal el-Din Roumi et Heraclès… Salah Stétié s’impose ici, par le truchement de cet assemblage de textes faussement disparates, comme un brillant «intermédiaire» entre plusieurs genres littéraires, entre passé, présent et futur, entre Orient et Occident, entre plusieurs langues et plusieurs civilisations, entre questions et réponses, entre sens et au-delà du sens, entre identité et connaissance... En fait, par ces écrits «pluriels» (pour reprendre un terme qui lui est cher) il illustre avec brio cette pensée de Paul Valery «Les êtres se différencient par ce qu’ils montrent et se ressemblent par ce qu’ils cachent». Beau portrait intellectuel de Salah Stétié, jetant la lumière sur les multiples facettes d’une inspiration et d’une pensée, à travers une traduction sobre en un arabe, à la fois musical et châtié, pour un texte français plutôt dense et parfois d’accès difficile mais à la beauté incomparable. Grâces soient rendues à Mosbah as-Samad de restituer, avec tant de naturel, les textes de Salah Stétié dans leur intégrale arabité. On retrouve la voix de l’auteur de l’«Inversion de l’arbre et du silence» dans ses modulations originelles levantines... Elle nous est brusquement presque plus tendre, plus proche, plus familière... mais toujours aussi belle!
Pleine lumière sur l’œuvre de Salah Stétié par le biais d’une traduction en arabe publiée par Dar An-Nahar de divers textes de ses multiples écrits soigneusement sélectionnés. Poète, essayiste, romancier, traducteur, auteur d’études littéraires, Salah Stétié est bien ici à l’image de ces «porteurs de feu» qu’il décrit si bien dans ses propres livres. Né à Beyrouth en 1929, élève du Collège Protestant, formé à l’U.S.J. et sorbonnard, ce fin lettré, alliant avec bonheur un sens érudit de la littérature et du droit, n’en est pas moins un brillant diplomate qui a occupé des postes importants à l’Unesco, à Paris et en Hollande. «Chaer al-Manhilein» (151 pages — Dar An-Nahar) (qui se traduirait approximativement par «Poète de deux cultures») est un ouvrage préfacé par Mousbah as-Samad qui...