Ce n’est plus du virtuel! L’heure tant attendue arrive. Mercredi (17h30 locale —18h30 heure de Beyrouth) sous la magnifique ellipse du Stade de France, le Brésil, favori des favoris, remettra son titre en jeu face à l’Ecosse, la maudite des premiers tours, lors du match d’ouverture de la phase finale de la 16e Coupe du monde de football. D’un côté, une sélection sous pression. Permanente et suffocante. De l’autre et dans le plus pur style britannique, une équipe qui avoue jouer sans pression cette rencontre qui peut pourtant conditionner le reste de la compétition. Ce n’est un secret pour personne, les Brésiliens se cherchent. Romario, trahi par une déchirure au mollet droit qui lui a fait perdre son ultime chance de participer à sa dernière Coupe du monde, a laissé des traces. Profondes. De plus, Edmundo a sauté sur l’occasion pour réclamer son dû. Il veut une place de titulaire. «Je suis meilleur que Bebeto», a-t-il déclaré. Une affirmation en forme de boomerang. «Si Edmundo ou un autre joueur refait ce type de déclaration, il quittera sur le champ la Coupe du monde». Mario Zagallo, le sélectionneur, ne badine pas avec la discipline d’autant que Zico, ombre pesante en forme de coordinateur technique, veille, prêt à trancher dans le vif. Aldair et Andres Cruz, pour leur part, ont échappé de peu au couperet de la Commission technique de la Confédération brésilienne (CBF). Malgré une blessure aux adducteurs pour le premier et un point de contracture pour le second, ils ont été maintenus lundi au sein de la sélection brésilienne. Aldair, forfait dans un premier temps mardi matin, était finalement annoncé partant l’après-midi par Zagallo. Cruz, remplaçant, sera lui bien absent. Briser la malédiction Zagallo travaille et tente de mettre de l’ordre dans un ensemble actuellement disparate, qui possède certainement les meilleures individualités, mais peut-être pas le collectif capable de lui permettre de conserver le «Graal» le 12 juillet. «Il ne faut pas confondre match de préparation et match de compétition», indique Zagallo. Vrai. C’est pour cela que les quadruples champions du monde bénéficient du doute. «Il manque un déclic pour que nous décollions», affirme Roberto Carlos, l’explosif défenseur latéral. Au pays du «futebol», l’attaque est reine. C’est pour cela que ce déclic pourrait venir du duo Ronaldo-Bebeto. «Tout est une question de temps. Nous nous améliorons». Ronaldo est confiant et à l’idée d’affronter l’Ecosse pour le neuvième face-à-face entre ces deux nations, il ne lui vient qu’un mot à l’esprit: «Victoire». Jim Leighton et toute sa bande n’ont pas (pour l’instant) ce type de problème. A Saint-Rémy-de-Provence (sud) tout va bien et l’envie de briser la malédiction (sept phases finales, sept éliminations au premier tout) est palpable. «Nous n’aurons aucune pression», a déclaré Craig Brown, le sélectionneur écossais. Pas de pression non plus pour le capitaine Colin Hendry qui sera chargé de surveiller Ronaldo: «Je ne rêve jamais de footballeurs...». «Ce n’est pas contre le Brésil que nous gagnerons le droit de nous qualifier mais plutôt face au Maroc ou à la Norvège», a affirmé John Collins, le milieu de terrain, qui fêtera sa 50e sélection mercredi. La «Selecao» est une habituée de ce type de rendez-vous. Dans l’optique d’influencer les esprits, elle se doit de taper fort. Très fort pour faire taire les critiques, se rassurer et travailler dans le calme. Enfin. Tout le Brésil s’arrêtera à l’heure du match contre l’Ecosse Le Brésil s’arrêtera mercredi à l’heure du match d’ouverture de la Coupe du monde contre l’Ecosse: des horaires spéciaux ont été aménagés dans les banques, les supermarchés, les administrations et les entreprises pour permettre aux employés d’y assister et même le Parlement s’est mis en vacances. La rencontre ayant lieu à midi et demi, heure locale, tous les bars et restaurants ont installé des téléviseurs pour permettre à leurs clients de suivre et de supporter la «Seleçao», tandis que des écrans géants ont été installés dans certains quartiers par la mairie de la capitale. A Rio, seuls les hôpitaux fonctionneront normalement, avec parfois même des renforts de personnels, pour soigner «ceux qui auront du mal à contrôler leurs émotions», selon les autorités. Si les «verts et jaunes» gagnent, les supporteurs auront du mal à reprendre le travail d’autant que jeudi est un jour férié au Brésil: Corpus Christi. A Brasilia, depuis lundi, le Congrès a été pratiquement déserté, les parlementaires ayant été «libérés» par les présidents des deux Chambres. La Bourse de Sao Paulo, la plus grande d’Amérique du Sud, sera également fermée. Dans de nombreux quartiers, une solidarité de voisinage s’est installée spontanément. Les habitants ont décoré patiemment les rues en vert et jaune: des centaines de cordes où des milliers de petits bouts de plastique aux couleurs du Brésil ont été tendues de part et d’autre de la rue, d’un immeuble à l’autre, formant une sorte de plafond coloré. Footix et Tour Eiffel Des dizaines de ballons de foot ont aussi été accrochés aux arbres, comme s’ils y poussaient. Mais gare à celui qui oserait y toucher... Le drapeau français flotte parfois aux côtés du drapeau brésilien. De même, des répliques miniatures de la Tour Eiffel ont été édifiées à l’entrée des rues. Sur une plage de Rio, une banderole noire, en raison de l’exclusion de Romario, proclame: «On va continuer à supporter le Brésil, mais le pays est en deuil». Dans le quartier de la classe moyenne, les commerçants ont investi 20.000 dollars dans la décoration des rues tandis que dans la favela de la Rocinha (sud), la plus grande de Rio avec plus de 50.000 habitants, les ruelles ont été aussi soigneusement décorées. Plusieurs dessins ont été peints sur les murs dont la mascotte «Footix» (dont les habitants ignorent d’ailleurs le nom) et une réplique de la Tour Eiffel ne pouvaient manquer. Depuis l’arrivée de la «Seleçao» dans la région parisienne, la France — toujours oubliée au détriment des Etats-Unis notamment — est revenue au gôut du jour et on n’en a jamais autant entendu parler dans les médias. Journaux, radio et télévision se rivalisent d’ailleurs en détails sur les villes-sites des matches de la dernière Coupe du monde du siècle. Désormais, les publicités font allusion à la France, la baguette de pain est devenue à la mode et les présentateurs de radio-TV se saluent désormais en français (Bonjour!, Au Revoir! etc...), enseignant le B.A-BA à tout supporteur brésilien, qui n’a pu aller en France mais rêvait de s’y rendre. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Ce n’est plus du virtuel! L’heure tant attendue arrive. Mercredi (17h30 locale —18h30 heure de Beyrouth) sous la magnifique ellipse du Stade de France, le Brésil, favori des favoris, remettra son titre en jeu face à l’Ecosse, la maudite des premiers tours, lors du match d’ouverture de la phase finale de la 16e Coupe du monde de football. D’un côté, une sélection sous pression. Permanente et suffocante. De l’autre et dans le plus pur style britannique, une équipe qui avoue jouer sans pression cette rencontre qui peut pourtant conditionner le reste de la compétition. Ce n’est un secret pour personne, les Brésiliens se cherchent. Romario, trahi par une déchirure au mollet droit qui lui a fait perdre son ultime chance de participer à sa dernière Coupe du monde, a laissé des traces. Profondes. De plus, Edmundo a...