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Actualités - Chronologie

Pino Arlacchi, le Monsieur antistupéfiants des Nations Unies

L’Italien Pino Arlacchi, «monsieur antistupéfiants» des Nations Unies et maître-d’œuvre de la session spéciale de l’ONU sur les drogues, du 8 au 10 juin à New York, est au départ un spécialiste de la lutte contre la mafia, et un proche du juge Falcone assassiné en 1992. A la tête du Programme des Nations Unies pour le contrôle international des drogues (PNUCID) depuis l’an dernier, il applique la même stratégie que celle qu’il avait contribué à roder contre les réseaux mafieux: la guerre totale et la collaboration au niveau mondial. Cette stratégie, qui préconise notamment un plan d’élimination totale en dix ans de la culture des feuilles de coca et de fleur de pavot, «fait cependant sourire beaucoup de spécialistes car dix ans, c’est beaucoup trop ambitieux», estime une spécialiste des questions de drogue, sous couvert de l’anonymat. «Je doute qu’il arrive à entraîner beaucoup de pays, il est juste un aiguillon, mais il a au moins le mérite de relancer la machine onusienne», selon ce spécialiste, qui «regrette que ce plan ne parle que de cocaïne et d’héroïne, et non pas de cannabis». Agé de 47 ans et originaire de Calabre (sud de l’Italie), M. Arlacchi a contribué au début des années 90 à la création de la «Direzione Investigative Antimafia» (DIA), spécialisée dans la lutte contre la mafia et qui a permis l’arrestation de plusieurs parrains. Député en 1994 et 1995, il fut vice-président de la commission parlementaire sur le crime organisé, après avoir été dans les années 80 président de l’Association internationale pour l’étude du crime organisé, et conseiller de la commission parlementaire antimafia. Il a écrit plusieurs ouvrages sur ce thème, dont «Les affaires mafieuses, la morale de la mafia et l’esprit du capitalisme», et «Les hommes du déshonneur: à l’intérieur de la mafia sicilienne». En 1992, il est nommé président honoraire de la Fondation Giovanni Falcone, du nom du célèbre juge antimafia assassiné par la mafia lors d’un spectaculaire attentat à la bombe à Palerme, en Sicile, au printemps 1992, et dont il était proche. Il est élu en 1995 sénateur sous les couleurs de l’Olivier, la coalition de centre-gauche actuellement au pouvoir, et démissionne de ce poste pour prendre la tête du PNUCID. A ce titre, ce professeur de sociologie de formation est sous-secrétaire général des Nations Unies et dépend directement du secrétaire général de l’ONU Kofi Annan. Il a également pour tâche de diriger l’ONU-Vienne, qui abrite notamment, outre le PNUCID, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI), et l’Organisation du traité d’interdiction totale des tests nucléaires (CTBTO). Marié et père de deux enfants, cet homme au passé antimafia se déplace en permanence avec au moins un garde du corps. (AFP)
L’Italien Pino Arlacchi, «monsieur antistupéfiants» des Nations Unies et maître-d’œuvre de la session spéciale de l’ONU sur les drogues, du 8 au 10 juin à New York, est au départ un spécialiste de la lutte contre la mafia, et un proche du juge Falcone assassiné en 1992. A la tête du Programme des Nations Unies pour le contrôle international des drogues (PNUCID) depuis l’an dernier, il applique la même stratégie que celle qu’il avait contribué à roder contre les réseaux mafieux: la guerre totale et la collaboration au niveau mondial. Cette stratégie, qui préconise notamment un plan d’élimination totale en dix ans de la culture des feuilles de coca et de fleur de pavot, «fait cependant sourire beaucoup de spécialistes car dix ans, c’est beaucoup trop ambitieux», estime une spécialiste des questions de...