Quinze minutes d’un spectacle tout en mouvement et en couleur, la cérémonie d’ouverture de la Coupe du monde de football mercredi prochain sera animée, ouverte sur le monde et articulée autour d’un thème: si la pelouse du Stade de France pouvait parler, elle enverrait à la planète un message de joie teintée de loufoquerie. Le Français Yves Pépin, dont le talent s’est déjà exercé au Japon, aux Etats-Unis ainsi qu’à l’exposition universelle de Séville en 1992, a mis au point cette folie poétique, ce show «joyeux, farfelu». En Espagne, il avait fait admirer pendant six mois aux visiteurs un spectacle d’images projetées sur du brouillards d’eau. Son art est également présent à «Expo 98» qui a commencé le 1er juin à Lisbonne. L’hommage au football et à ses supporters partira du gazon du Stade de France pour s’ouvrir à l’univers. Il s’agit de ne pas confiner cette cérémonie «en un spectacle franco-français», explique Yves Pépin. La pelouse, les 80.000 spectateurs du match d’ouverture Brésil-Ecosse et les 2 milliards de téléspectateurs servis par 250 chaînes, pourront l’admirer, stylisée, sur la tête de dizaines de figurants parmi les quelque 800 qui participeront à cette cérémonie. Diversité des cultures Les autres porteront des costumes multicolores, évoquant des tenues moyenâgeuses de bouffons, de personnages façon peintures de Botero. La diversité des cultures se retrouvera au sein même des centaines de participants avec des jeunes filles de la ville de Saint-Denis, des jeunes Croates, Paraguayens, Colombiens, Britanniques ou des étudiants américains de passage en France et «qui parlent à peine notre langue», précise le concepteur de la cérémonie. Pour la musique, il s’est entouré de deux jeunes compositeurs français, Pascal Lengagne et Philippe Villar qui lui ont concocté une bande-son pleine de rythme moderne, évoquant elle-aussi toutes les cultures. La difficulté de l’exercice tient dans le fait qu’il s’agit d’un show réalisé à la lumière naturelle qui empêche les effets spéciaux beaucoup plus faciles à exécuter avec le secours de la nuit, «une alliée fantastique pour les spectacles». Depuis avril, la cérémonie d’ouverture, dont l’ultime répétition aura lieu samedi après-midi au stade de France, s’est rodée en secret dans des stades de banlieue. A Paris, les choses sérieuses débutent mardi Paris va entrer mardi, avec vingt-quatre heures d’avance sur le programme des compétitions, dans le bain du Mondial avec l’organisation dans les rues de la capitale de la Fête du football. Cette première manifestation qui se conclura par un spectacle devant quelques 80.000 personnes, place de la Concorde, va mobiliser à partir de dimanche 6.186 policiers, gendarmes, pompiers et secouristes, a indiqué à la presse le préfet de police, Philippe Massoni. Douze mille barrières, soit une longueur totale de 30 km seront disposées le long des artères qu’emprunteront quatre mannequins géants de 20 mètres de haut et de 30 tonnes chacun, qui convergeront vers le cœur de la capitale. A la suite de la présentation mercredi par le ministre de l’Intérieur Jean-Pierre Chevènement du dispositif général de sécurité mis en place autour du Mondial, les préfets, chargés de l’ordre public, ont décliné les dispositions locales retenues dans chacun des dix sites concernés. Philippe Massoni a souligné que ses services, qui préparent le Mondial depuis un an, allaient être sollicités à de «nombreux titres» durant ces cinq semaines de festivités. Six rencontres vont être disputées au Parc des Princes, mais la préfecture de police devrait également gérer les «importantes retombées» des neuf matches joués au Stade de France de Saint-Denis, dans les domaines de la circulation, du maintien de l’ordre et des secours publics. Surveillance des supporters «à risques» Paris abrite également des sites «sensibles» comme le centre international des médias, à la porte de Versailles, tandis que des centaines de manifestations sont inscrites au calendrier des festivités — 500 animations sont annoncées le 21 juin, date de la Fête de la musique. Philippe Massoni a souhaité à cet égard que des manifestations «revendicatives» ne viennent pas encore «compliquer» la tâche de ses services. Jeudi, la PP avait compté 30.000 manifestants dans les rues de Paris, à l’occasion de plusieurs cortèges syndicaux. Par ailleurs, des centaines de milliers de supporters et de touristes transiteront dans la capitale, où la préfecture de police devrait aussi continuer à assurer la sécurité liée à la vie courante des Parisiens. «Tout sera mis en œuvre pour assurer la sécurité générale», a affirmé le préfet de police. Ainsi, les soirs de match au Parc, le service d’ordre et de santé comptera 1.802 personnes. Elles seront 1.065 quand les matches auront lieu à Saint-Denis. Les missions de prévention et de dissuasion d’actions terroristes mobilisent déjà 1.600 personnes, dont 800 militaires, quotidiennement, dans le cadre du plan Vigipirate, et les services spécialisés restent en alerte après la vague d’arrestations de la semaine dernière. La police parisienne va s’attacher à lutter contre la délinquance sous toutes ses formes. Philippe Massoni a confirmé que des équipes de pickpockets venus de l’étranger étaient déjà arrivées à Paris «Ils sont sous surveillance», a-t-il dit. La surveillance des groupes de supporters «à risques» est aussi à l’ordre du jour. En la matière, les Renseignements généraux de la préfecture de police vont vivre une sorte de «première»: forts de l’expérience acquise dans la répression du hooliganisme au Paris Saint-Germain, ils suivront dans tous leurs déplacements à travers l’hexagone, les supporters de cinq équipes européennes drainant des supporters jugés difficiles. Philippe Massoni a reconnu implicitement que la rencontre Pays-Bas-Belgique, le 13 juin, au stade de France, comptait parmi les plus «sensibles» du premier tour. Il a précisé que des dispositions avaient été prises pour que les supporters des deux camps ne puissent se rencontre à leur arrivée dans les gares parisiennes. Le préfet de police, qui souhaite que sécurité puisse être conciliée avec «gentillesse», a beaucoup insisté sur les moyens d’information qui seront proposés aux touristes et aux Parisiens, sous forme de deux serveurs vocaux et de dépliants. Un petit lexique en six langues a ainsi été distribué à 15.000 exemplaires auprès des policiers en uniforme pour qu’ils puissent renseigner les touristes. «La partie va bientôt commencer, mais ce n’est qu’au coup de sifflet final que nous saurons si nous avons gagné», a dit Philippe Massoni.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Quinze minutes d’un spectacle tout en mouvement et en couleur, la cérémonie d’ouverture de la Coupe du monde de football mercredi prochain sera animée, ouverte sur le monde et articulée autour d’un thème: si la pelouse du Stade de France pouvait parler, elle enverrait à la planète un message de joie teintée de loufoquerie. Le Français Yves Pépin, dont le talent s’est déjà exercé au Japon, aux Etats-Unis ainsi qu’à l’exposition universelle de Séville en 1992, a mis au point cette folie poétique, ce show «joyeux, farfelu». En Espagne, il avait fait admirer pendant six mois aux visiteurs un spectacle d’images projetées sur du brouillards d’eau. Son art est également présent à «Expo 98» qui a commencé le 1er juin à Lisbonne. L’hommage au football et à ses supporters partira du gazon du Stade de...